Le professeur Hugo Germain, titulaire de la nouvelle Chaire de recherche du Canada en immunité végétale.

Des plantes plus résistantes

TROIS-RIVIÈRES — Comme tous les organismes vivants, les plantes destinées à la consommation humaine peuvent être affectées par diverses maladies. Le professeur Hugo Germain, un jeune chercheur en génomique fonctionnelle de l’Université du Québec à Trois-Rivières, vient de décrocher une chaire de recherche du Canada de 500 000 $ sur 5 ans afin d’étudier comment rendre les plantes plus résistantes aux infections.

Afin de mieux comprendre les pathogènes qui font succomber les plantes, le professeur Hugo Germain veut étudier quelles «armes» utilisent ces ennemis, qu’il s’agisse de virus, de champignons ou de bactéries.

Le pathogène qui l’intéresse le plus, c’est une famille de champignons regroupés sous l’appellation de rouille. Peu de scientifiques ont planché, jusqu’à maintenant, sur ce sujet.

Afin de faciliter son analyse, le chercheur a choisi une petite plante appelée l’arabette des dames dont le matériel génétique est entièrement connu.

L’avantage de cette plante, c’est qu’elle est facile à cultiver.

Le chercheur y introduira des gènes de la rouille.

Il veut savoir où, exactement, le pathogène frappera dans les cellules de l’arabette des dames.

Pour cela, il fallait toutefois trouver un moyen de repérer l’intrus. Les chercheurs vont donc attacher au gène de la rouille un gène de méduse, car ce dernier possède une protéine fluorescente facilement observable au microscope. «On cherche quelles sont les cibles de ces armes-là», explique le professeur Germain.

«La recherche en génomique permettra d’accélérer le développement de cultivars plus résistants», résume-t-il.

Si l’on arrive en effet à cibler le mécanisme de l’infection par la rouille chez l’arabette, on arrivera en effet à comprendre celui d’une foule de plantes comestibles comme le blé, le riz, la tomate, la pomme de terre et autres plantes d’intérêt commercial.

La chaire de recherche aura également pour effet «d’attirer et de retenir des étudiants exceptionnels», indique le titulaire. «Cette chaire-là n’étant pas renouvelable, ça me permet vraiment de me laisser aller et d’ouvrir de nouveaux champs de connaissance et de nouveaux projets dans le laboratoire, des projets à haut risque», dit-il. Bref, le chercheur n’a pas besoin de rester dans un domaine conservateur dans l’espoir d’avoir un renouvellement de subvention. Le professeur Germain indique qu’une école d’été sera ouverte en 2019, en Inde, dans un institut d’excellence.

La chaire deviendra ainsi «un catalyseur pour optimiser la formation des étudiants, leur offrir quelque chose au-delà du cursus académique et qui ne peut pas nécessairement être offert par les institutions», se réjouit-il.

Le recteur, Daniel McMahon, indique que cette chaire de recherche du Canada est octroyée «à un jeune chercheur exceptionnel qui est reconnu par ses pairs comme étant susceptible de devenir un chef de file dans son domaine.»

En 2013, rappelle le recteur, le professeur Germain avait reçu une chaire de recherche UQTR de 3 ans et il a attiré, jusqu’à présent, 1,4 million $ de subventions.

«Depuis qu’il s’est joint à nous, Hugo a publié dans les meilleurs journaux de son secteur d’expertise, ce qui lui a permis de décrocher une panoplie de subventions de prestige, autant au niveau provincial que fédéral. Ses activités de rayonnement sont exemplaires pour un professeur aussi jeune», fait valoir le directeur du département de chimie, biochimie et physique, Marc Beauregard.

La chaire servira essentiellement à accueillir des étudiants diplômés, en grande majorité au doctorat.