Stéphanie Desailliers, Nathalie Boucher et Janick Lemoine mettent les bouchées doubles pour aider la Maison Aline-Chrétien.
Stéphanie Desailliers, Nathalie Boucher et Janick Lemoine mettent les bouchées doubles pour aider la Maison Aline-Chrétien.

Des plaisirs sucrés pour soutenir la Maison Aline-Chrétien

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — Les ravages provoqués par la crise de la COVID-19 n’ont pas fini d’être calculés, notamment ceux causés à des campagnes de financement essentielles à la continuité de nombreuses organisations. Certaines préfèrent tout annuler et remettre à l’an prochain, un luxe que ne peut se permettre la maison de soins palliatifs Aline-Chrétien.

La directrice, Chantal Ouellet, a partagé ce casse-tête récemment avec Janick Lemoine, propriétaire de la Maison Olivier de Shawinigan, une ressource intermédiaire en hébergement qui ne manque pas non plus de défis ces temps-ci. Cette discussion a abouti aux oreilles de Stéphanie Désailliers, propriétaire de l’entreprise Petits cornets sucrés, une gâterie classique qui ne se démode pas dans le temps des Fêtes. En deux temps, trois mouvements, une campagne était organisée pour soutenir la Maison Aline-Chrétien.

«Au départ, Stéphanie me disait qu’elle avait déjà beaucoup d’ouvrage», raconte Mme Lemoine. «J’ai dit que j’allais l’aider!»

Déjà prises avec leurs obligations professionnelles respectives, les deux femmes réservent leurs soirées à la confection de ces petits cornets. Distanciation sociale oblige, les boîtes seront livrées les 8 et 9 mai par des bénévoles de la Maison Aline-Chrétien, en prévision de la fête des Mères. Chaque paquet vendu rapportera 2 $ à cette unité de soins palliatifs.

«On essaie d’aider», témoigne simplement Mme Lemoine. «Il faut se soutenir! Nous sommes chanceux d’avoir la Maison Aline-Chrétien à Shawinigan.»

Depuis quelques années, Stéphanie Désailliers garde cette énergie pour le temps des Fêtes. En décembre, sa production a atteint 6000 cornets, un nombre qui augmente chaque année. Pour gagner sa vie, elle gère Solugestion, un bureau de création de sites web et de soutien administratif très sollicité en cette période de pandémie.

En début de semaine, elle avait déjà écoulé 150 douzaines de petits cornets sucrés! Il n’est pas exclu que la campagne se prolonge jusqu’à la fête des Pères, toujours pour aider la Maison Aline-Chrétien.

«Pour moi, c’est une façon de redonner», témoigne simplement Mme Désailliers.

Défis

Cette initiative mettra un baume sur un début de printemps très difficile à la Maison Aline-Chrétien, comme dans toutes les résidences de soins palliatifs.

Par exemple, en mars 2019, près de 6000 $ avaient été recueillis en dons. Un an plus tard, la barre des 1000 $ n’a même pas été atteinte pour la même période.

«Nous recevons un financement du gouvernement d’environ 625 000 $ pour nos huit lits», explique Mme Ouellet. «Pour le fonctionnement de la maison, nous devons assumer environ 375 000 $ et il faut le trouver en dons, chaque année.»

«Pour nous, la COVID a provoqué un arrêt brutal des dons in memoriam», ajoute la directrice générale. «Nous en recevons encore un peu, mais cette partie avec les salons funéraires représentait vraiment une grosse partie de nos revenus. C’est une contribution volontaire, qui n’entraîne aucune dépense pour nous. En plus, ça va être arrêté longtemps, puisque si les salons funéraires rouvrent, les gens seront moins enclins à se regrouper. Ça ne reprendra pas demain matin.»

Exit également les initiatives comme les cocktails dînatoires, les soupers spaghetti ou les tournois de golf dans un horizon prévisible. L’initiative communautaire réjouit donc Mme Ouellet dans ce contexte.

«On n’est pas en difficultés financières», nuance-t-elle. «Mais c’est certain que le 375 000$, il faut le trouver. Nous essayons de voir comment faire pour aller chercher cet argent. On ne sait pas combien de temps ça va durer.»

Pour le reste, les activités se poursuivent à un rythme soutenu à la Maison Aline-Chrétien, en gérant le défi de compter sur une équipe réduite parce que les bénévoles doivent être tenus à l’écart. Voilà pourquoi le nombre de lits disponibles est passé de huit à cinq depuis le début de la pandémie.

«Dès que les bénévoles pourront être réintégrés, nous rouvrirons ces lits», assure Mme Ouellet.