L'un des pavillons de l'École nationale de police du QUébec, à Nicolet, a été transformé en centre d'hébergement pour les personnes atteintes de COVID-19.

Des personnes atteintes du coronavirus hébergées à l’ENPQ [PHOTOS]

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
NICOLET — Un centre d’hébergement pour les patients atteints de la COVID-19 ouvrira bel et bien ses portes à l’intérieur des murs de l’École nationale de police du Québec, à Nicolet. À compter de dimanche, un pavillon de 101 chambres de l’établissement d’enseignement de Nicolet sera mis à la disposition du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec afin d’y accueillir des malades atteints de coronavirus et dont la condition ne leur permet pas de respecter toutes les consignes de confinement.

Le CIUSSS MCQ explique que l’ouverture d’un tel centre d’hébergement était recommandée par le ministère de la Santé et des Services sociaux afin de prévoir un lieu de confinement pour les patients dont la condition physique ou mentale ne permettait pas de garantir le respect du confinement lorsque le patient était diagnostiqué positif à la COVID-19.

«Les différentes commodités de ce pavillon permettront au CIUSSS MCQ de donner des soins, de loger et de nourrir des usagers qui ne peuvent respecter les mesures de confinement dans leurs milieux de vie. Outre l’hébergement, l’ENPQ assurera la production des repas et l’entretien ménager des lieux», explique le CIUSSS, ajoutant que le lieu permettra de limiter la contagion à l’intérieur des ressources d’hébergement dans la communauté.

Le projet n’a pas été fait sans interpeller à la fois la mairesse de Nicolet Geneviève Dubois que le député Donald Martel, qui ont tous les deux été mis à contribution dans l’élaboration des mesures pour permettre cette ouverture. La mairesse ne cache d’ailleurs pas qu’elle avait émis certaines craintes au CIUSSS, mais que les mesures mises en place par le CIUSSS sont de nature à la rassurer quant aux risques de propagation dans la communauté à Nicolet qui, rappelons-le, ne compte que six cas de COVID-19.

Ainsi, le bâtiment assurera le confinement complet des malades. Aucun ne sera autorisé à sortir, même pas pour se promener sur les terrains de l’école. Le personnel médical affecté à ce centre d’hébergement temporaire ne travaillera qu’à ce centre et dans aucune autre ressource du territoire. Il a été convenu que le personnel devait se changer sur place à l’arrivée et au départ, devait manger sur place et n’aura aucun contact avec les différents commerces de Nicolet.

Une clause a d’ailleurs été ajoutée au contrat de travail de ces employés à l’effet qu’une fois leur quart de travail terminé, ils n’arrêteraient dans aucun commerce et se rendraient directement à leur domicile. «On ne mettra pas la Sûreté du Québec sur le cas, mais on fait appel au professionnalisme de ces gens. Je suis d’ailleurs soulagée de savoir qu’une clause en ce sens a été ajoutée à leur contrat de travail», indique la mairesse Geneviève Dubois.

Par ailleurs, advenant que la condition d’un patient se dégrade, il serait transporté directement au CHAUR de Trois-Rivières et non à l’hôpital Christ-Roi, étant donné que l’hôpital de Trois-Rivières a été désigné comme centre de traitement des gens atteints de coronavirus.

«Nous devons faire preuve d’humanité et contribuer à enrayer cette pandémie tout en préconisant la santé et la sécurité de notre population», souligne Geneviève Dubois, précisant que la décision aurait pu être prise de concert avec
le CIUSSS et l’École nationale de police, mais que les intervenants ont tout de même tenu à avoir le pouls de la municipalité et du député, et qu’ils se sont tous deux sentis écoutés.

«Il est devenu clair que, de tous les sites considérés, celui de l’ENPQ répondait le mieux aux besoins. Le CIUSSS nous a donné l’assurance que des mesures de confinement pour les clients et des mesures sanitaires strictes pour le personnel seront prises de manière à éliminer tout risque de contamination de la population», ajoute le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel.

À l’École nationale de police, on indique qu’entre 15 et 20 employés de l’école seront sollicités, sur rotation à raison de trois employés par jour dans la «zone chaude» qui seront affectés à l’entretien et la décontamination, et qui ont déjà reçu une formation du CIUSSS en ce sens. Par ailleurs, sept personnes par jour seront affectées à la préparation des repas, mais n’auront pas à pénétrer à l’intérieur de l’aile réservée au CIUSSS, explique le directeur des communications de l’établissement, Pierre Saint-Antoine.

«Il y a eu certaines craintes au départ, et il y en a encore par rapport au moment où les employés qui sont présentement en télétravail vont revenir vers l’école. C’est normal, c’est humain. Nous sommes aussi des citoyens et c’est un peu l’inconnu. Mais nous avons pris toutes les mesures avec le CIUSSS pour que la sécurité de nos employés et celle des citoyens soit assurée, et l’endroit sera décontaminé de fond en comble une fois la crise passée», ajoute
M. Saint-Antoine.

Aucune visite ne sera permise dans ce lieu, mis à part pour des raisons humanitaires. Les résidents ne seront pas autorisés à faire des sorties à l’extérieur. Ce pavillon d’hébergement est, par ailleurs, complètement indépendant du reste des installations de l’ENPQ. Une passerelle le relie au bâtiment principal de l’ENPQ, et l’accès à cette passerelle sera fermé.

«Nous sommes très reconnaissants envers l’ensemble de nos partenaires pour la mise en œuvre de ce projet essentiel dans le contexte actuel. L’un de nos objectifs les plus importants présentement est de protéger les personnes vulnérables et de soutenir les partenaires des résidences et des ressources qui font actuellement un travail des plus précieux. Nous sommes confiants que cette initiative y contribuera fortement», indique Carol Fillion, président directeur général du CIUSSS MCQ.