Les paroissiens se sont rassemblés samedi à l’église Saint-Pierre, à Shawinigan, pour une dernière messe.

Des paroissiens refusent de baisser les bras

Shawinigan — À l’issue de la dernière messe célébrée à l’église Saint-Pierre, de Shawinigan, samedi, les émotions étaient vives chez les paroissiens qui ont grandi à l’ombre de son clocher. Si plusieurs semblent résignés à perdre leur lieu de culte, d’autres ne s’avouent pas encore vaincus et espèrent toujours trouver un moyen pour que l’édifice conserve sa vocation religieuse.

Sylvain Houle, organiste à l’église Saint-Pierre, soutient qu’un promoteur a fait une proposition de projet qui permettrait de garder l’église ouverte et ce, à coût nul pour la Fabrique Sainte-Marguerite d’Youville. «J’ai trouvé un promoteur qui voudrait mettre possiblement des colombariums, ça permettrait de garder l’ouvroir Saint-Pierre, qui amène un revenu de 18 000 $ par année. On garderait l’église et on pourrait célébrer des funérailles, des baptêmes et des mariages, ce qui amènerait d’autres revenus. Ce serait à coût nul», soutient-il.

L’organiste estime également que les coûts de réfection de l’église avancés par la fabrique, soit 2 millions $, sont exagérés. Il croit que les revenus qu’amènerait le projet qu’il soutient permettraient de couvrir les frais annuels de fonctionnement de l’édifice, 40 000$. Toujours selon M. Houle, le conseil de la fabrique ferait preuve de peu d’ouverture.

«Cette semaine, j’ai dû appeler l’évêché de Trois-Rivières, car ce n’est pas normal qu’on ne puisse pas parler au conseil de fabrique pour expliquer le projet, déplore-t-il. On est obligé de passer par des intermédiaires, comme le curé ou le coordonnateur de la fabrique, qui leur transmettent cette offre, mais on se rend compte qu’ils ne la comprennent pas. Ça ne coûterait rien!»

Une rencontre doit avoir lieu lundi pour tenter une fois de plus de faire aller le projet de colombariums de l’avant. De plus, M. Houle a fait circuler une pétition au cours des deux dernières semaines, pour tenter d’empêcher la fermeture de l’église. Il affirme avoir recueilli 600 noms.

Il a été impossible de rejoindre le conseil de fabrique de la paroisse Sainte-Marguerite d’Youville, ni le diocèse de Trois-Rivières, dimanche.

Rappelons qu’en août dernier, une nouvelle tuile est tombée sur la tête du conseil de la fabrique et des paroissiens, lorsqu’un dégât d’eau a fait d’importants et coûteux dommages au presbytère.

Une dernière messe chargée d’émotions

À la sortie de la messe de samedi, les coeurs étaient gros. «Je trouve ça ben de valeur, de perdre une si belle église comme ça», dit James McCulloch, la voix tremblante.

Plusieurs paroissiens semblent toutefois s’être résignés à la fermeture du lieu de culte où plusieurs ont reçu tous leurs sacrements, de leur baptême à leur mariage. «Je suis née ici, j’ai été baptisée ici, j’ai eu ma première communion; j’ai tout fait ici. Ça me fait de la peine que l’église ferme, mais qu’est-ce que vous voulez, le monde ne vient plus à la messe», souligne Adèle Sauvageau.

Car pour plusieurs, le problème est la désertion des églises catholiques au Québec, phénomène auquel Shawinigan n’échappe pas. Selon des paroissiens, l’église qui accueillait autrefois jusqu’à 600 personnes peinait à a réunir 50 depuis déjà plusieurs années. «Si notre église était toujours pleine, peut-être qu’on aurait pu la réparer et l’entretenir, avance l’abbé Dany Dubois, qui a officié à la messe de samedi. Mais quand il y a très peu de personnes qui collaborent, on n’y arrive pas.»