Difficile pour certains parents du secteur Saint-Gérard-des-Laurentides d’avoir accès à du transport scolaire pour leurs enfants.

Des parents en colère

SHAWINIGAN — Des parents de Saint-Gérard-des-Laurentides se disent exaspérés de ne pouvoir avoir accès à du transport scolaire pour leurs enfants qui fréquentent l’école secondaire Val-Mauricie. L’autobus qui dessert leur quartier est à l’heure actuelle trop plein pour pouvoir y accueillir de nouveaux passagers, et les situations particulières dans lesquelles les parents se retrouvent font en sorte que la Commission scolaire de l’Énergie n’est pas dans l’obligation de leur fournir un transport scolaire.

Steve Gauthier est l’un de ces parents. Sa fille, qu’il a en garde partagée, fréquente l’école Val-Mauricie, avec comme première adresse celle de sa mère. Or, une semaine sur deux, elle habite chez M. Gauthier, qui voudrait bien qu’elle puisse également avoir accès à du transport scolaire. Sachant que la Commission scolaire est dans l’obligation de fournir le transport à une seule adresse, M. Gauthier s’est dit en accord de défrayer les coûts inhérents à obtenir le service à cette deuxième adresse.

Or, l’autobus qui dessert le secteur, et qui passe juste devant sa maison, contiendrait déjà 57 élèves, plus que sa capacité maximale. Dans cette optique, la Commission scolaire de l’Énergie refuse d’ajouter un nouvel autobus pour ce secteur, et propose plutôt au père de venir reconduire sa fille au transfert de Saint-Charles-Garnier, à 8 h 30 le matin. «Le problème, c’est que je suis déjà au travail à cette heure-là. Il faudrait que j’arrête de travailler pour pouvoir aller la reconduire, alors que le trajet de l’autobus passe juste devant chez moi», dénonce le père.

On lui a également suggéré que sa fille prenne le transport en commun. «À Saint-Gérard-des-Laurentides, il n’y en a pas. Il y a l’Accès-Bus, qui ne peut la déposer qu’au Cégep ou au Marché public de Shawinigan. On n’est pas plus avancé. Je ne vais pas laisser ma fille de 12 ans s’arranger avec une solution comme ça», remarque-t-il. M. Gauthier constate que si sa fille fréquentait l’école Les Chutes, elle aurait droit au transport puisqu’il s’agit de l’école d’appartenance du secteur. «On ne va quand même pas l’envoyer une semaine à Val-Mauricie et une semaine aux Chutes», ironise-t-il.

Sophie Mongrain, une autre résidente de l’endroit, envoie également sa fille à Val-Mauricie après l’avoir changée d’école il y a deux ans. Cet été, elle devait s’acheter une maison à Saint-Barnabé, mais la transaction a avorté. Rapidement, elle s’est trouvée une nouvelle résidence, et a fait la demande pour le transport scolaire, une demande que la Commission scolaire estime avoir reçue trop tard, d’autant plus que l’école d’appartenance du secteur est Les Chutes.

«On me refuse le transport parce que l’autobus est trop plein. On me demande d’aller la porter au transfert, mais à une heure qui ne peut pas fonctionner avec mes heures de travail», constate Mme Mongrain, qui dit ne pas en être à ses premières frictions avec la Commission scolaire concernant le transport scolaire. «Ça a toujours été compliqué, même avant qu’on habite à cet endroit», relate-t-elle.

Commission scolaire
À la Commission scolaire de l’Énergie, on explique que la subvention pour le transport scolaire oblige l’organisation à transporter un élève à une adresse. Dans le cas d’une garde partagée ou d’école n’appartenant pas au secteur, on essaie autant que possible d’accommoder le plus d’élèves, mais avec les places qui sont disponibles.

«Normalement, les besoins pour ce genre d’accommodements nous sont signalés en avril. Dans ce cas-ci, nous avons reçu la demande le 31 août. Les routes avaient déjà été faites. On signale aux parents que dès que l’enfant s’inscrit à l’école, ils doivent placer la demande pour le transport scolaire», indique Denis Lemaire, directeur général de la Commission scolaire de l’Énergie. Sur le territoire de la Commission scolaire de l’Énergie, 6800 élèves par jour prennent l’autobus scolaire, et 153 véhicules sont en fonction, souligne M. Lemaire, qui fait remarquer que les véhicules effectuent des trajets de 2,5 millions de kilomètres par année.

Le directeur général ajoute que des accommodements sont accordés si le parent est prêt à payer 110 $ par année, si le trajet existe et si la capacité de l’autobus le permet. Dans les cas présents, les trois critères ne sont pas rencontrés. «Nous avons en effet une liste d’attente sur ce trajet. Ajouter un minibus coûterait annuellement 65 000 $. Ajouter une berline coûterait 30 000 $. Nous devons aussi administrer sainement les fonds publics. On ne peut pas toujours dire oui», indique M. Lemaire, qui rappelle que des solutions alternatives ont été proposées aux parents, dont le transfert à Saint-Charles-Garnier, propositions qui ont été refusées. M. Lemaire souligne cependant que les besoins sont toujours réévalués au cours du mois de septembre et qu’il arrive fréquemment que des places se libèrent sur les trajets au bout de quelques semaines. Il n’est donc pas impossible que le problème de ces parents soit réglé au cours des prochaines semaines, au gré de la réévaluation des besoins.

De son côté, Steve Gauthier entend maintenant s’adresser au conseil des commissaires, mais également au député Pierre Giguère pour faire bouger les choses.