Gabrielle Simoneau et sa mère Annie L’Heureux.

Des parents craignent pour la sécurité de leur fille

SHAWINIGAN — Le retour en classe suscite souvent quelques problèmes d’ajustements. C’est le cas pour une famille du secteur Grand-Mère dont l’enfant de 9 ans doit parcourir, midi et soir, 1450 mètres entre l’école et la maison, un trajet qui l’oblige à traverser des intersections dans un secteur mi-commercial, mi-résidentiel de la ville.

Annie L’Heureux et François Simoneau, qui habitent la 6e Avenue dans le secteur Grand-Mère, ont fait de nombreuses démarches pour tenter d’obtenir du transport scolaire pour leur fille Gabrielle sans y parvenir. Ils constatent également qu’il n’y a qu’un seul brigadier scolaire pour tout le trajet qu’elle doit emprunter, un brigadier qui est posté d’ailleurs très près de l’école, donc loin des intersections achalandées que sa fille traverse dans le périmètre situé entre l’école primaire Antoine-Hallé, sur la 8e Rue et sa maison, sur la 6e Avenue.

M. Simoneau a tenté d’obtenir un transport scolaire, mais sa maison est située à 1450 mètres de l’école. La Commission scolaire de l’Énergie indique que pour avoir droit au transport scolaire, un enfant de cet âge, c’est-à-dire qui fréquente soit le 2e ou le 3e cycle du primaire, doit demeurer à plus 1600 mètres de l’école.

La porte-parole de la Ville, Chantale Carignan, explique qu’il n’y avait plus de place dans les autobus pour accueillir des enfants qui, comme la jeune Gabrielle, ne répondent pas à ce critère. L’enfant doit donc demeurer sur une liste d’attente au cas où une place se libérerait.

Pour ce qui est des brigadiers scolaires, ils relèvent de la Ville de Shawinigan. On compte en moyenne 17 brigadiers sur le territoire de la Ville, un nombre qui est réévalué chaque année par le comité de Sécurité incendie. Cette évaluation, explique Mme Carignan, est faite «selon des critères établis par la Société d’assurance automobile du Québec».

Ces critères sont nombreux, ils comprennent notamment l’indice de risque des intersections, le nombre d’enfants et leur âge, la configuration physique des lieux, la présence ou non de trottoirs, le nombre d’infractions à cet endroit et le nombre d’accidents, explique-t-elle.

Il existe des endroits, à Shawinigan, où l’indice de risque est plus élevé qu’ailleurs. Or, il appert que ce n’est pas le cas pour les intersections traversées par la jeune écolière, précise-t-elle.

Malgré tout, les parents qui sont en désaccord avec les décisions prises peuvent aller faire valoir leur cause auprès du comité de Sécurité incendie, suggère Mme Carignan.

M. Simoneau indique qu’il l’a fait afin de rajouter un brigadier scolaire et demeure en attente d’une réponse.

L’an dernier, Gabrielle, dont la famille venait tout juste d’aménager dans le secteur, avait malgré tout réussi à obtenir de justesse une place dans le transport scolaire. Malgré des tentatives, ça n’a pas été possible cette année.

«J’ai fait toutes les démarches possibles. Je suis allé jusqu’au protecteur de l’élève», raconte M. Simoneau, de même qu’à la Commission scolaire. Dans les deux cas, il s’est fait répondre la même chose. «Quelqu’un a jugé qu’une distance de moins de 1600 mètres était adéquate pour un enfant de cet âge-là en milieu urbain», déplore-t-il.