Les paramédics de La Tuque ont occupé le bureau de la députée Marie-Louise Tardif. Sur la photo: Samuel Leduc-Frenette, conseiller syndical, Jean-Sébastien Martineau, conseiller syndical, Pascal Duchesne, ambulancier, Myriam Frigon, ambulancière, Michael Bernier, vice-président à l’exécutif du Syndicat des paramédics du Cœur-du-Québec-CSN et Michel Beaumier, président du Syndicat des paramédics du Coeur-du-Québec-CSN.
Les paramédics de La Tuque ont occupé le bureau de la députée Marie-Louise Tardif. Sur la photo: Samuel Leduc-Frenette, conseiller syndical, Jean-Sébastien Martineau, conseiller syndical, Pascal Duchesne, ambulancier, Myriam Frigon, ambulancière, Michael Bernier, vice-président à l’exécutif du Syndicat des paramédics du Cœur-du-Québec-CSN et Michel Beaumier, président du Syndicat des paramédics du Coeur-du-Québec-CSN.

Des paramédics ont occupé le bureau de la députée Marie-Louise Tardif à La Tuque

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — «Nous voulons que les promesses faites soient respectées!» Les paramédics de La Tuque ont occupé une partie de la journée de jeudi le bureau de La Tuque de la députée de Laviolette-Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif. Ils demandaient, sans succès, à rencontrer la députée et la ministre de la Santé et des Services sociaux. Ils ne digèrent toujours pas d’avoir été écartés des récentes annonces du gouvernement.

«On veut qu’elles viennent ici à La Tuque devant nous, devant les gens pour expliquer leur décision de ne pas avoir enlevé les horaires de faction comme l’avait promis la CAQ. Si on n’a pas de réponses, on va rester ici. Si c’est pour durer toute la nuit, on va rester toute la nuit. Si on n’a pas de réponses, on reste ici. Ça peut être une occupation à long terme aussi», a lancé le président du Syndicat des paramédics du Cœur-du-Québec-CSN, Michel Beaumier, durant la journée avant que les plans ne changent en cours de journée. 

«On veut avoir un message clair. On veut savoir pourquoi on a été ignoré alors qu’ils ont enlevé des horaires de faction un peu partout dans la province. On a été écarté malgré les promesses qu’on nous a faites. C’est de la grogne, de l’incompréhension, on veut que ça bouge et on veut des réponses maintenant, pas dans six mois», a-t-il ajouté.

Même s’ils souhaitaient à l’origine occuper le bureau aussi longtemps qu’il le faudrait, les paramédics ont finalement décidé de lever l’occupation du bureau de la députée peu avant 18h. Michel Beaumier mentionne qu’ils ne souhaitaient pas «prendre en otage» l’employé du bureau qui ne pouvait pas quitter son travail pour rentrer chez lui. 

Rappelons que La Tuque ne faisait pas partie des annonces faites récemment par la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, pour améliorer l’efficacité des services ambulanciers. La bonification de la couverture ambulancière s’inscrivait dans le cadre d’un investissement global de 10,6 millions de dollars pour l’année 2020-2021. Et l’annonce ministérielle comprenait la conversion des heures en faction en heures à l’heure, ce qui est réclamé depuis plus de dix ans par les paramédics de La Tuque. 

Le président du Syndicat a pu s’entretenir avec la députée de Laviolette-Saint-Maurice peu avant l’heure du dîner par téléphone. Elle n’a toutefois pas acquiescé aux demandes du syndicat. 

«J’entends bien votre demande, a-t-elle lancé au téléphone, ce n’est pas en me rencontrant à nouveau ou en rencontrant Mme McCann que ça va faire avancer le dossier. Le dossier, il est ici et j’y travaille depuis presque un an. On n’a pas obtenu les résultats qu’on voulait c’est certain, mais ce n’est pas terminé. […] Je pousse le dossier. Est-ce que je vais l’obtenir avant Noël comme promis? Je ne crois pas. Je suis avec vous et nous allons travailler ensemble.»

«Je vous demande de me donner encore quelque mois et de me faire confiance. Il faut aller chercher d’autre argent et on travaille là-dessus», a insisté Mme Tardif.

Après avoir essuyé un refus, les paramédics ont décidé de continuer d’occuper les locaux de la députée toujours en attente d’une rencontre officielle.

«On veut savoir le pourquoi et on ne veut même pas nous rencontrer. […] On va continuer de se battre pour avoir gain de cause. On va prolonger notre séjour dans le bureau de la députée parce qu’on n’a pas eu de réponses claires pour montrer qu’on ne lâchera pas le morceau», a alors souligné Michel Beaumier.

«S’il faut la Sûreté du Québec (pour nous sortir), ça va montrer la mauvaise foi de la députée comme quoi on demande l’éviction des paramédics, qu’on ne veut pas les entendre et qu’on ne veut rien savoir d’eux autres», a-t-il ajouté.

Plus tard dans la journée, Marie-Louise Tardif confirmait finalement que le dossier allait être acheminé au bureau du premier ministre dès la semaine prochaine. 

On commence aussi à craindre un exode des employés vers d’autres services ambulanciers dans la province. «Il y a d’autres compagnies d’ambulance qui demandent des paramédics pour combler leur prochain quart de travail à l’heure... On a déjà été souvent en pénurie d’employés, imaginez si on en perd. On pourrait être obligé de fermer des camions, tout ça à cause d’une problématique d’horaire», note le président du syndicat.

Rappelons que les paramédics de La Tuque réclament, depuis plusieurs années, de passer à un horaire à l’heure. Ils estiment que l’horaire de faction est désuet. Actuellement, les paramédics doivent être disponibles 24 heures sur 24 pendant 7 jours à leur domicile et cela occasionne, selon eux, des délais importants pour la réponse des appels. 

Les paramédics n’entendent pas s’arrêter là. Ils sont bien déterminés à mettre de la pression sur le gouvernement pour avoir gain de cause. Ils ne sont pas sans rappeler qu’il y a plus d’un an, la députée s’est engagée à abolir les horaires de faction. Elle se serait même engagée à deux reprises, par courriel, auprès de Michel Beaumier, président du Syndicat des paramédics du Cœur-du-Québec (CSN). «Dans ses courriels, elle affirme que le dossier est sur le dessus de la pile des dossiers d’horaire de faction à régler. Elle affirme aussi avoir reçu la confirmation que la demande serait approuvée par le ministère de la Santé et des Services sociaux, mais qu’elle serait traitée d’ici avril 2019.»