Des bénévoles de l’organisme COMSEP ont fabriqué des centaines de masques pour les enfants et les parents qui le fréquentent.
Des bénévoles de l’organisme COMSEP ont fabriqué des centaines de masques pour les enfants et les parents qui le fréquentent.

Des organismes communautaires envisagent d'offrir des couvre-visages aux familles démunies

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Alors que la rentrée scolaire s’amorcera à la fin d’août, la traditionnelle distribution des sacs à dos à 5 $ aux élèves de familles moins bien nanties s’est déroulée les 10 et 11 août au Carrefour Jeunesse-Emploi de Shawinigan. À l’intérieur, on trouvait tout le matériel nécessaire pour permettre aux élèves de démarrer l’année du bon pied incluant un billet pour se procurer une paire de chaussures de sport toute neuve. Bref, tout y était... sauf un couvre-visage. Rien n’a été prévu à ce sujet, indique l’agente de projet, Nahéma Lacoursière. Il faut dire que cette obligation n’a été annoncée par le ministre que lundi, fait-elle valoir.

«Nous sommes en discussion avec des groupes communautaires pour regarder la possibilité que des couvre-visages puisent être fournis aux familles démunies», indique Amélie Germain-Bergeron, porte-parole du Centre de services scolaire de l’Énergie. Non, l’école ne fournit pas les masques, sauf pour dépanner à l’occasion.

Nahéma Lacoursière reconnaît que «dans le communautaire, on s’inquiétait de ça par rapport aux familles dans le besoin», dit-elle, une préoccupation que partage la présidente du Syndicat de l’enseignement des Vieilles-Forges, Claudia Cousin.

«Le ministre a dit (en point de presse au début de la semaine) que le masque sera au même titre que des gants, des mitaines, des foulards. Le ministre devrait savoir que dans certaines écoles, c’est l’école qui fournit la tuque, le foulard et les mitaines et les bottes et l’habit de neige et qui fournit aussi le déjeuner le matin et parfois même le dîner aussi», signale-t-elle. Les établissements scolaires devraient sans doute prévoir un petit budget pour fournir le masque aux enfants qui n’en auront pas, prévoit-elle.

La responsable des communications au Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy, Anne-Marie Bellerose, assure qu’on n’abandonnera pas les parents qui n’ont pas les ressources financières pour acheter un couvre-visage à leur enfant. Ce sera toutefois du cas par cas, explique-t-elle.

Du côté des Artisans de la paix où l’on procédera également, en début de semaine, à la distribution de sacs à dos et de fournitures scolaires aux familles moins nanties, les masques ne faisaient pas partie de la liste. «On pensait que les écoles les fournissaient», explique le directeur, Robert Tardif.

Dès qu’il a appris que ce ne serait pas le cas, M. Tardif s’est mis en quête de masques auprès des partenaires qui soutiennent son initiative de distribution de sacs à dos. Il espère en obtenir un certain nombre, quitte à ce qu’ils soient jetables, en attendant mieux.

Chez COMSEP, certains parents ont vite prévu le problème. C’est pourquoi une bénévole de COMSEP a décidé de ne produire rien de moins que 200 couvre-visages lavables, ce qui permettra d’en donner deux par enfant dans les familles desservies par l’organisme. Une autre bénévole en a fabriqué 300 pour les parents et le personnel de COMSEP, se réjouit Marie-Josée Tardif, coordonnatrice adjointe.

D’autres initiatives surgissent spontanément dans le milieu depuis l’annonce du ministre. L’entreprise Chantalia Vêtements adaptés de Trois-Rivières, par exemple, a fait don de 78 masques à une école primaire de la ville. Chantal Sioui, indique qu’elle voulait aider cette école en particulier parce que plusieurs enfants proviennent de milieux défavorisés.

De son côté, la secrétaire générale du Centre de services scolaires de la Riveraine, Émilie Guay, indique qu’à «l’heure actuelle, il n’y a pas de programme ou de partenaire qui prévoient fournir les masques à l’ensemble des élèves en difficulté financière du territoire» au Centre-du-Québec.

«Cependant, les parents qui sont en difficulté financière pourront s’adresser directement à leur école qui pourra les référer aux ressources communautaires de leur municipalité», précise-t-elle.

Alors que les établissements collégiaux de la région, eux, ont tous songé à donner un, voire deux couvre-visages à leurs étudiants, il appert que les écoles primaires et secondaires de la région devront utiliser, elles, le système D pour trouver de quoi dépanner leurs élèves provenant de milieux défavorisés.

***

Le masque en milieu scolaire

  • Le couvre-visage sera obligatoire pour les élèves de 5e année et plus dans les écoles.
  • Ils pourront le retirer une fois assis à leur pupitre.
  • La mesure touche également les élèves du secondaire, de la formation professionnelle et de la formation aux adultes.
  • Le couvre-visage, rappelons-le, est obligatoire pour les personnes de 12 ans et plus dans les transports
    en commun.
  • Dans les autobus scolaires, le masque sera obligatoire pour les élèves du secondaire et fortement recommandé pour les plus jeunes.