Une importante opération de sauvetage s’est déroulée, samedi, sur le fleuve Saint-Laurent.

Des noyades évitées de justesse

Sainte-Anne-de-la-Pérade — Sylvain Mailhot se souviendra longtemps du 3 mars 2018, journée au cours de laquelle une simple partie de pêche sur la glace du fleuve Saint-Laurent a bien failli se transformer en drame.

M.  Mailhot et ses deux compagnons de pêche ont en effet vécu des moments très angoissants, samedi dernier, alors qu’ils étaient prisonniers d’une banquise à la dérive sur le cours d’eau. C’est d’ailleurs afin de les secourir et de les sortir de cette fâcheuse, et surtout, très inquiétante position qu’une importante opération de sauvetage a été mise en branle en milieu de journée samedi.

«À un moment donné, il y a un bateau qui est passé et le tirant d’eau a fait casser la banquise au bord. Et comme l’eau était vraiment haute à cause des grandes marées, la glace s’est décrochée en raison de la présence de chaînes de roches. C’est pour ça que la banquise est partie à la dérive. Si le niveau de l’eau n’avait pas été aussi haut, ça aurait fait une craque, mais rien n’aurait bougé», explique-t-il.

Les membres du trio n’ont cependant pas réalisé sur le coup que le couvert de glace sur lequel ils se trouvaient s’était transformé en banquise qui dérivait après le passage du bateau. M. Mailhot indique que c’est seulement lorsqu’il a constaté que ses lignes à pêche bougeaient étrangement et que deux cabanes dérivaient au loin qu’il s’est rendu compte dans quel pétrin ses amis et lui se trouvaient. Ils ont alors ramassé leur équipement et sont montés sur leur motoneige en espérant être en mesure de regagner le rivage. Ils ont cependant rapidement dû se résoudre à attendre les secours.

Pendant cette période d’attente, M. Mailhot a pris soin de ses deux compagnons d’infortune car ces derniers n’avaient pas été en mesure de demeurer sur la glace pendant leur course vers la terre ferme. C’est donc avec la majeure partie de leur corps plongée dans l’eau glacée du fleuve et en s’accrochant à la banquise à l’aide de leurs bras qu’ils ont passé les deux heures qui se sont écoulées avant que les secours n’arrivent.

«Quand j’ai vu qu’ils étaient dans l’eau avec les bras dans les airs et qu’ils faisaient des signes, j’ai arrêté mon ski-doo à un endroit sécuritaire et j’ai rampé jusqu’à eux. Quand je suis arrivé près, il y en avait un qui était calme, mais l’autre était en panique et se débattait. Je me suis efforcé de la calmer. Comme ils étaient près l’un de l’autre, ça aurait pu être dangereux pour les deux. [Si je n’étais pas arrivé jusqu’à eux], c’est certain qu’il y en a un qui se serait noyé. Il bougeait tellement qu’il aurait manqué d’énergie à un moment donné», raconte Sylvain Mailhot.

Pendant cette longue attente, M. Mailhot a été en constante communication avec le 9-1-1 à l’aide de son téléphone cellulaire. La conversation s’est poursuivie jusqu’à ce que le pilote d’un des hélicoptères impliqués dans l’opération aperçoive les trois hommes.

Les deux pêcheurs qui se sont retrouvés à l’eau ont été traités pour des symptômes d’hypothermie. Heureusement, ils ne devraient pas garder de séquelles de cette mésaventure. L’un d’eux a rapidement obtenu son congé de l’hôpital tandis que le second était toujours hospitalisé en fin de journée mardi. Il devait subir des examens plus approfondis. M. Mailhot lui a d’ailleurs rendu visite à l’hôpital au lendemain des événements. Il était alors entouré de ses proches. «Il me disait que je lui avais sauvé la vie et qu’il ne me remercierait jamais assez. Il était très émotif. Ce fut une rencontre très émotive», poursuit-il.

Rappelons que les pompiers de Sainte-Anne-de-la-Pérade et leurs confrères de Portneuf ont participé à cet impressionnant déploiement. Quatre hélicoptères, dont un de l’Aviation royale canadienne, un de la Sûreté du Québec et les deux autres de la Garde côtière, ont également été mis à contribution. Les trois pêcheurs ont finalement été secourus lorsque des représentants de la Garde côtière ont réussi à se rendre jusqu’à eux grâce à l’aéroglisseur. À ce moment, les trois hommes avaient déjà parcouru plusieurs centaines de mètres sur le fleuve.