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Les petits actionnaires de Nemaska, parmi lesquels figurent des milliers de Québécois, vont perdre leur mise dans la relance de l’entreprise.
Les petits actionnaires de Nemaska, parmi lesquels figurent des milliers de Québécois, vont perdre leur mise dans la relance de l’entreprise.

Des nouvelles économiques qui ont marqué l’année

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
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Plan de relance pour Nemaska Lithium

En octobre, près de deux mois après sa présentation, la Cour supérieure du Québec a approuvé le plan de relance de l’entreprise Nemaska Lithium porté par Investissement Québec, la société Orion et la firme londonienne Groupe Pallinghurst.

On se rappellera qu’à la fin de 2019, la compagnie avait dû se protéger de ses créanciers. L’ensemble du projet à la mine Whabouchi et à l’usine commerciale de Shawinigan était initialement estimé à 1,3 milliard $, dont 821 millions $ sur les terrains de l’ex-papeterie Laurentide. Or, en date du 31 août 2019, seulement 130 millions $ avaient été engagés à cet endroit. Et la mise en exploitation de cette usine avait déjà été repoussée en novembre 2021.

Le promoteur avait été incapable d’en venir à une entente avec le fiduciaire d’obligations de 350 millions $ sur de nouvelles modalités liées aux échéanciers du projet. Parmi les mesures mises de l’avant dans la restructuration, Nemaska Lithium avait suspendu l’exploitation de l’usine phase 1 de Shawinigan, qui avait démarré en février 2017 après des investissements de sept millions de dollars l’an dernier.

Au terme d’un processus qui s’est amorcé à la fin janvier, c’est la proposition de la société Orion, de la firme londonienne Groupe Pallinghurst et d’Investissement Québec qui fut retenue. Dans cette foulée, le président et chef de la direction de l’entreprise depuis ses débuts, Guy Bourassa, a quitté ses fonctions.

Dans sa nouvelle mouture, la compagnie ne sera plus cotée en Bourse, une structure qui avait été critiquée à plus d’une reprise par le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon. Pour lui, le projet demeurait pertinent pour rencontrer la croissance mondiale pour la demande de véhicules électriques, mais il devait passer par une douloureuse restructuration pour assainir son plan d’affaires.

L’État québécois et Pallinghurst détiendront Nemaska Lithium à parts égales et Orion demeurera le principal créancier garanti, à hauteur d’environ 135 millions $.

La reprise de l’entreprise par l’État québécois et deux autres partenaires signifie que les petits actionnaires de l’entreprise, parmi lesquels figurent des milliers de Québécois, vont complètement perdre leur mise.

Une économie sur pause

Lors de la première vague en mars dernier, le gouvernement Legault ordonnait de fermer toutes les entreprises et tous les commerces, sauf pour les services essentiels, jusqu’au 13 avril. Évidemment, le tissu économique de la région n’a pas été épargné par cette mesure qui s’est prolongée plus longtemps, entre autres, pour le secteur de la restauration, du tourisme et de la culture. Et après un répit estival, ces mêmes secteurs ont subi les effets de la zone rouge à l’automne. Et il y a eu ce nouveau confinement décrété jusqu’au 11 janvier 2021.

Selon le sondage publié en mai par l’Institut de recherche sur les PME, en collaboration avec la Fédération des chambres de commerce du Québec, la Mauricie faisait partie des régions qui semblaient moins ressentir les effets économiques de la COVID-19 en plus de faire partie des régions où les transformations et adaptations d’entreprises étaient les plus fortes.

Selon une étude divulguée par l’économiste de l’UQTR, Frédéric Laurin, on a pu apprendre que 54 % des entreprises au Centre-du-Québec avaient des baisses de plus de 50 % du niveau de leurs activités. Et 38 % des entreprises auront subi une baisse de revenus de plus de 50 %, contre 44 % au Québec.

Au total, le pourcentage d’entreprises qui ont mis à pied plus de 75 % de leurs employés était de 31,5 % dans la région contre 33,6 % au Québec.

Et au Centre-du-Québec, seulement 9,7 % des entreprises avaient licencié tous leurs employés alors que cette proportion montait à 19,2 % dans l’ensemble de l’échantillon québécois.

Frédéric Laurin

Les entreprises les moins impactées étaient surtout les services qui ont pu maintenir des activités économiques en télétravail, telles que la finance et l’assurance, mais aussi les services et administrations publics (des secteurs essentiels), ainsi que des secteurs qui peuvent plus facilement opérer dans des conditions de distanciation physique, tels que l’agriculture ou encore le transport.

Selon M. Laurin, pour la plupart des impacts spécifiques liés à la crise, les répondants du Centre-du-Québec semblaient moins affectés relativement à l’ensemble de l’échantillon québécois.

Programmes d’aide et plans de relance

Frappées par les impacts de la pandémie, les entreprises de la région et leurs employés ont évidemment eu droit aux nombreux programmes d’aide mis de l’avant par les gouvernements fédéral et provincial.

Par exemple, le gouvernement fédéral a mis en place la Subvention d’urgence du Canada pour le loyer. Celle-ci est destinée aux locataires commerciaux et aux propriétaires d’immeubles commerciaux et couvre une partie de leur loyer commercial ou de leurs dépenses immobilières. Et Ottawa a aussi instauré la Subvention salariale d’urgence du Canada qui permet aux employeurs de couvrir une partie du salaire de leurs employés.

Des organisations comme Innovation et développement économique Trois-Rivières ont mis de l’avant un plan de relance de l’ordre de 11,6 millions de dollars, dans lequel on retrouve la gestion du programme Aide d’urgence aux petites et moyennes entreprises (PAUPME), avec une enveloppe de 8,1 millions de dollars.

Ce programme vise à soutenir, par le biais de prêts d’un montant de moins de 50 000 $, le fonds de roulement des PME afin qu’elles soient en mesure de maintenir, de consolider ou de relancer leurs activités. Le financement devra permettre de pallier le manque de liquidités causé par une impossibilité ou une réduction substantielle de la capacité de livrer des produits (biens ou services) ou des marchandises, ou un problème d’approvisionnement en matières premières ou en produits (biens ou services).

Si IDE Trois-Rivières a répertorié 145 demandes d’aide pour le PAUPME, l’organisme a rapporté 94 requêtes pour le volet Aide aux entreprises en régions en alerte maximale (AERAM).

Le bras économique de la Ville de Trois-Rivières a disposé de différents fonds pour aider plusieurs entreprises, dont des fonds de relance pour projets innovants. À cela s’ajoutent un programme de diagnostics, un soutien au virage numérique, une escouade économique, et des services-conseils de première ligne à une centaine d’entreprises.

Depuis le début de la pandémie, IDE Trois-Rivières aura donc accordé quelque cinq millions de dollars en aide financière sur son territoire et s’attend à ce que cette somme atteigne huit millions de dollars d’ici la fin de l’hiver.

L’achat local à l’avant-plan

La pandémie aura fait naître de nombreuses initiatives pour favoriser l’achat local. Sur la rive sud, c’est le cas de Panierlocal.ca. Cette plateforme d’achat en ligne et de livraison réunit en une seule boutique les produits des transformateurs et producteurs des MRC de Bécancour et Nicolet-Yamaska.

Et grâce à l’initiative du Comité consultatif en développement économique de la Ville, Nicolet a lancé la campagne L’achat local, c’est Nicolet d’abord.Du côté des restaurateurs trifluviens, la mise en place de sites web incitant les gens à continuer de les soutenir aura donné lieu à un élan de solidarité. Et Trois-Rivières Centre a mis de l’avant des projets comme Noël au centre-ville.

Au cours de l’année, les membres du Regroupement des Chambres de commerce de la Mauricie ont développé plusieurs initiatives.

Par exemple, Mékinac j’achète se veut une plateforme de promotion des offres et entreprises du territoire. La Chambre de commerce de Mékinac offre aussi la possibilité d’acheter des cartes-cadeaux échangeables dans les commerces de la MRC, en plus de créer diverses campagnes de promotion dans les médias locaux.

À Shawinigan, en plus de l’initiative Mon Shawi local qui fait la promotion des commerces de la ville, des portraits d’entreprises sont proposés par la Chambre de commerce et d’industries de Shawinigan.

En plus de la création de paniers locaux pour les Fêtes, la Chambre de commerce et d’industries de la MRC de Maskinongé a mis en vente des chèques-cadeaux valides dans plus de 35 commerces de la MRC. La Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières a créé la page La force de l’ensemble qui met de l’avant toutes les actions des entreprises de la ville.

À La Tuque, la Chambre de commerce et d’industrie du Haut-St-Maurice a mis sur pied, entre autres, l’application Locali-T pour trouver facilement les commerces locaux, une campagne d’achat local qui a permis de vendre pour 70 000 $ de chèques-cadeaux et de bénéficier d’un service de livraison locale offert gratuitement sur tout le territoire.

Finalement, à la Jeune Chambre de la Mauricie, des paniers-surprises de produits locaux ont été développés comme alternative aux partys de Noël des entreprises.

Transformer une menace en opportunité

La crise de la COVID-19 aura permis à certaines entreprises de se réinventer pour répondre aux nouveaux besoins sanitaires. Même que certains entrepreneurs ont uni leurs efforts pour faire face à une demande exponentielle dans le domaine des équipements médicaux. Ce fut le cas de Textiles Patlin, de Saint-Paulin, et Chemise Empire, de Louiseville, pour fournir, entre autres, des jaquettes de contagion et des blouses médicales.

Et plusieurs commerces ont pu dire merci à des entreprises de la région qui ont converti leur production régulière pour leur fabriquer des panneaux protecteurs.

Ce fut le cas de l’entreprise Duo à Bécancour qui, pour composer avec cette nouvelle crise économique, s’est lancée tête première dans la production de plexiglas protecteurs anti-coronavirus.

Implantée depuis moins d’un an à Trois-Rivières, l’entreprise CubikFab Technologie a offert ses services pour fournir des protecteurs faciaux et des panneaux de plexiglas.

Mais quand on parle de transformer une menace en opportunité, l’exemple de l’année en région est sans contredit Entreprise Prémont de Louiseville.

Venant à peine de démarrer la production de masques chirurgicaux, au début de la pandémie, elle envisageait déjà de devenir un joueur majeur dans la fourniture de ce produit.

Et peu après le lancement officiel de son Humask-Pro Vision, un masque muni d’une fenêtre pour faciliter la vie des personnes malentendantes, l’entreprise louisevilloise a vu son carnet de commandes se remplir à une vitesse phénoménale. Et la demande est forte non seulement en provenance de partout au Canada, mais aussi des États-Unis et de l’Europe.

En quelques semaines, Entreprise Prémont avait produit déjà quelques milliers de masques, dont quelques centaines pour des citoyens qui en ont fait la commande par le site internet d’Audition Québec, un organisme avec lequel l’entreprise s’est associée pour le développement du masque.

Des brevets ont été déposés pour les deux masques que fabrique Entreprise Prémont, soit le Humask-Pro et le Humask-Pro Vision, et pour lesquels l’entreprise a développé sa propre membrane de filtration.

Quand on parle de transformer une menace en opportunité, l’exemple de l’année en région est sans contredit Entreprise Prémont. Peu après le lancement officiel de son Humask-Pro Vision, un masque muni d’une fenêtre pour faciliter la vie des personnes malentendantes, l’entreprise louisevilloise a vu son carnet de commandes se remplir à une vitesse phénoménale.

Après le succès de son masque à fenêtre, Entreprise Prémont ne compte pas se reposer sur ses lauriers. L’entreprise veut en effet travailler sur le développement d’une version biodégradable de ses masques.