Parcs Canada veut promouvoir des parcs «moins connus et moins visités» près de secteurs urbains, comme le Parc national de La Mauricie.

Des néo-Québécois découvrent la nature mauricienne

Dormir sous la tente est souvent pour bien des nouveaux arrivants synonyme de misère, de pauvreté ou même de conflit armé. L'idée même de dormir en pleine nature dans le royaume sauvage des animaux peut faire peur à ces néo-Québécois. C'est pour abattre cette barrière de la peur que les Services d'accueil des nouveaux arrivants (SANA) de la région et le parc national de la Mauricie ont initié ce week-end une centaine de personnes au camping ainsi qu'aux joies de se retrouver en pleine nature.
«Dans plusieurs pays, les gens campent pour survivre», lance d'emblée Martine Tousignant du parc national de la Mauricie. «Nous partageons avec eux ce week-end le plaisir du camping.»
Les participants ont donc été initiés au montage de leur bivouac au camping La Clairière, à l'utilisation du matériel de camping ainsi qu'au rabaska ou la randonnée pédestre. Encadrés par des scouts, du personnel de Parc Canada ainsi que de Mountain Equipement Coop (MEC), les participants ont pu pour plusieurs découvrir et apprivoiser la nature québécoise.
Le soir venu, les participants, jeunes et moins jeunes, se sont rassemblés autour du grand feu de camp où les légendes animaient les discussions.
Parc Canada et les SANA de Trois-Rivières, Shawinigan et Maskinongé souhaitent avec cette activité faire découvrir le parc de la Mauricie aux participants et leur donner les connaissances suffisantes pour qu'ils y reviennent pour d'autres activités.
Mise sur pied il y a trois ans, cette initiative commence à porter ses fruits. Le nombre de participants est à la hausse et certains y sont depuis le début, tant l'expérience les a marqués. Ces participants plus expérimentés aident les autres dans leur découverte de la forêt. Car la nuit venue, les campeurs réalisent vraiment que le parc est un territoire sauvage. La pollution lumineuse des villes y est inexistante, le noir peut être total et les bruits d'animaux, la plupart du temps petits, sont très perceptibles. Cela combiné aux consignes de sécurité à respecter pour éviter d'attirer les ours, certains nouveaux arrivants peuvent trouver l'expérience plus pénible.
«La plupart vivent ça très positivement. Les tentes sont très près l'une de l'autre ce qui leur donne un sentiment de sécurité», souligne Martine Tousignant. «Mais pour certains, le choc est plus grand», ajoute-t-elle en précisant que l'aide des autres leur permet de surmonter leurs craintes.