Quelque 15 syndiqués ont pris le départ de Trois-Rivières vers Québec, avec leur véhicule, alors qu’une trentaine de syndiqués ont fait de même à partir du Centre-du-Québec. À l’avant-plan, on aperçoit le président syndical Pascal Bastarache.
Quelque 15 syndiqués ont pris le départ de Trois-Rivières vers Québec, avec leur véhicule, alors qu’une trentaine de syndiqués ont fait de même à partir du Centre-du-Québec. À l’avant-plan, on aperçoit le président syndical Pascal Bastarache.

Des négos à la table plutôt qu’en... conférences de presse

Trois-Rivières — Selon de nombreux travailleurs du réseau de la santé, le gouvernement Legault doit concentrer ses efforts à discuter autour d’une table de négociations pour fixer leurs conditions de travail au lieu de lancer des chiffres lors des conférences de presse portant sur la COVID-19.

Quelque 50 membres du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers (CSN) Mauricie et Centre-du-Québec ont rejoint 150 autres travailleurs d’autres régions pour manifester lundi en début d’après-midi devant le parlement de Québec afin de réclamer de meilleures conditions de travail dans leur prochaine convention collective. Ces préposés aux bénéficiaires et agents d’intervention dans les centres jeunesse visent une hausse de salaire de 3 $ l’heure dès la première année d’un contrat de trois ans.

Une certaine lassitude s’est emparée de ces travailleurs de la santé depuis que François Legault lance différentes offres lors de ses conférences de presse. Le mouvement syndical veut que ce sujet soit abordé en séances de négociations.

«Le gouvernement annonce qu’il offre 18 % aux préposés aux bénéficiaires. Mais cette offre est concrète pour les salariés à temps complet et pour ceux qui travaillent dans les CHSLD. Ce n’est pas la majorité des salariés. Et le 18 %, ce n’est pas une hausse salariale. On fait le cumul du 8 % de prime pour la COVID, du 100 $ de prime aussi. Il veut nous payer 26 $ l’heure. Mais l’entente (proposée) du gouvernement nous donne entre 21 cents et 87 cents l’heure pour l’ensemble des types d’emploi», mentionne M. Bastarache, quelques minutes avant le départ des syndiqués vers Québec.

En plus d’une hausse de 3 $ l’heure durant la première année d’un nouveau contrat de travail, les préposés aux bénéficiaires demandent une augmentation d’un dollar l’heure pour les années 2 et 3 de la convention collective.

Yanik Pinard, agent d’intervention au centre jeunesse de Trois-Rivières.

Selon M. Bastarache, le gouvernement réglerait une bonne partie de l’enjeu salarial s’il acceptait de régler certaines plaintes déposées par des syndiqués concernant l’équité salariale.

«En 2020, le gouvernement ne respecte pas sa loi sur l’équité salariale», avance M. Bastarache.

Cet aspect est aussi soulevé par Yanik Pinard, un agent d’intervention au centre jeunesse de Trois-Rivières.

«Des plaintes ont été déposées par des auxiliaires en santé et services sociaux en 2010 et par des préposées aux bénéficiaires en 2015. Si c’était réglé, on aurait aussi moins de problème de rétention.»

M. Pinard faisait partie des participants à cette manifestation afin de faire réaliser au gouvernement l’importance de régler la question salariale. Selon lui, le prochain contrat de travail doit permettre un rattrapage substantiel.

«Ça fait 15 ans qu’on a des hausses sous l’indice des prix à la consommation. On est à plus de 14 % de retard salarial. On nous offre 5 % sur trois ans. C’est insuffisant.»

Selon M. Pinard, les demandes des agents d’intervention en centres jeunesse sont de 3 $ pour la première année et de 3 % par année pour les deux dernières années du contrat.