Serge Dubé, maire de Saint-Paulin.

Des municipalités se braquent

Le dossier de la tarification aux activités de Shawinigan pour les citoyens de l'extérieur est devenu un puits sans fond. Au cours des derniers jours, certains conseils des municipalités environnantes ont adopté une résolution pour réaffirmer qu'ils ne géreraient pas d'inscriptions pour la ville centre. De son côté, Michel Angers prévient que sans entente, les citoyens de l'extérieur ne pourront s'inscrire à Shawinigan.
Daniel Petit, maire de Grandes-Piles.
Les élus de Saint-Paulin, Saint-Étienne-des-Grès, Charette et Saint-Élie-de-Caxton ont adopté une résolution pour d'abord «saluer» la décision d'imposer le principe de l'utilisateur-payeur aux résidents des municipalités environnantes. Par contre, ils préviennent qu'ils ne sont pas intéressés à jouer le rôle de percepteur pour des activités qu'ils n'organisent pas.
Rappelons que le mois dernier, le maire de Shawinigan annonçait qu'il laissait tomber le principe des équipements supralocaux pour l'instant. Il se ralliait à la volonté des municipalités environnantes, en augmentant les tarifs de ses activités accessibles aux résidents de l'extérieur. Par exemple, au hockey mineur, ces frais supplémentaires passeront de 400 $ à 800 $ par joueur. Tous les autres tarifs seront dévoilés dans un règlement qui sera adopté en séance publique, mardi.
Le hic, c'est que la Ville de Shawinigan veut imposer un processus de facturation à ses voisines. Elle demande ainsi aux gens de l'extérieur de s'inscrire à l'activité choisie à l'association responsable ou à la municipalité concernée. La liste des citoyens inscrits serait envoyée à Shawinigan, qui facturerait ensuite les municipalités en conséquence. Ces administrations veilleraient ensuite à être remboursées par leurs citoyens.
Les maires s'insurgent contre cette procédure complexe. Ils souhaitent simplement que les citoyens qui s'inscrivent à Shawinigan payent directement les frais à la Ville, sans autre intermédiaire. D'où l'impasse actuelle.
«Je pense que nous avons assez de notre gestion sans devoir nous occuper de celle des autres», résume Serge Dubé, maire de Saint-Paulin. «De plus, apprendre par les journaux qu'on héritera de nouvelles tâches, ce n'est pas très élégant.»
Effectivement, la Ville de Shawinigan n'avait négocié aucune entente avec ses voisines lorsque le maire a annoncé sa solution au litige, le 17 mai dernier.
À Saint-Boniface, le conseil municipal n'a pas adopté de résolution lundi. Le maire, Claude Caron, confie toutefois qu'il aime bien la position adoptée par Saint-Paulin. À Grandes-Piles, Daniel Petit affirme avoir mentionné de vive voix à M. Angers qu'il ne facturera pas ses citoyens à sa place.
«Ce n'est pas à nous de gérer ses affaires», laisse-t-il tomber. «Il peut m'envoyer une caisse de factures, je n'en paierai pas une!»
Du côté de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, le conseil municipal ne s'est pas prononcé sur cette question par résolution cette semaine. Même chose à Saint-Tite, où le maire, André Léveillé, rappelle qu'il avait d'autres chats à fouetter, avec la controverse sur les rodéos. Sa volonté demeure toutefois intacte: pas question de percevoir les comptes de Shawinigan.
«Ils ont simplement à dire à nos citoyens qu'ils ne voudront pas les recevoir», suggère-t-il. 
À Saint-Mathieu-du-Parc, Claude McManus préfère attendre le dévoilement de la grille complète et de nouveaux échanges avec Shawinigan avant de réagir par résolution.
Une position qui s'approche de celle de Bernard Thompson, maire de Hérouxville.
«Pour l'instant, est-ce bien nécessaire d'adopter une résolution, au risque d'envenimer la situation?», se demande-t-il. «Je ne sais pas si Shawinigan va oser nous facturer, mais si elle le fait, on va répondre. J'ai vu la résolution de Saint-Paulin et ça a plein d'allure!»
 
Le maire de Saint-Tite, André Léveillé.
Angers de glace
Mis au courant du mouvement en cours, le maire de Shawinigan reste de glace. Si les municipalités ne font pas suivre les factures, les inscriptions des citoyens de l'extérieur ne seront tout simplement pas autorisées, prévient-il. 
«S'il y a des municipalités qui ne veulent pas s'occuper de leurs propres citoyens, je ne peux rien y faire», commente-t-il. «Je suis allé au bout. Ça nous soulagerait un peu, car sur le plan administratif, de s'occuper de tout le monde en plus de nos citoyens, ça commence à être lourd.»
«S'ils ne veulent pas collaborer, leurs propres citoyens seront pénalisés», enchaîne-t-il. 
«Ils veulent participer à des activités qui ne sont pas offertes dans leur municipalité. Tout ce qu'on demande, c'est un peu de collaboration: ramasser des noms et envoyer un chèque. S'ils ne veulent pas, leurs propres citoyens seront bloqués. J'espère que personne ne nous accusera de ne pas avoir fait tous les efforts nécessaires pour les desservir.»