Le projet de développement domiciliaire de Mario Gélinas, dans le secteur Grand-Mère, prendra véritablement son envol en 2018.

Des microhabitations à Shawinigan

Shawinigan — Le concept de microhabitations s’infiltrera cette année à Shawinigan, alors que l’homme d’affaires Mario Gélinas accueillera ce type de résidences dans son développement domiciliaire du Domaine le Campagnard, dans le secteur Grand-Mère.

Le promoteur a dû patienter environ cinq ans avant de voir son projet prendre son élan. Des échanges de terrains en milieu humide et l’obtention des certificats d’autorisation pour le passage des services publics ont aiguisé sa patience, mais le fruit semble enfin mûr.

Le projet comporte six phases et jusqu’à 200 terrains à développer avec des maisons unifamiliales et jumelées, des condominiums et des... microhabitations. Le tout sera agrémenté d’un parc, d’une piste multifonctionnelle et d’un sentier pédestre. Le promoteur prévoit compléter son projet domiciliaire sur une dizaine d’années.

L’attente a au moins permis à M. Gélinas de prendre connaissance de l’engouement envers un nouveau concept de résidences, les microhabitations. À la fin de 2017, il a décidé d’ajouter cette offre dans certaines phases de son développement.

La première comprend 35 lots et les acheteurs intéressés pourront y construire des microhabitations, dont la superficie variera entre 656 et 800 pieds carrés environ, ce qui représente entre 55 % et 65 % des dimensions d’une maison conventionnelle.

«Nous avons différents modèles», mentionne Normand Poupart, directeur du développement chez Maisons usinées Confort Design, qui se spécialise dans ce type de construction depuis trois ans. Cette entreprise a été retenue par M. Gélinas pour l’aménagement de microhabitations au Domaine le Campagnard.

«Ce sont de vraies maisons, sauf qu’elles sont plus petites», souligne M. Poupart. «Le principe des microhabitations, c’est qu’elles ont seize pieds de large. On peut les transporter sur la route. Elles sont faites d’un morceau; nous les livrons et quand nous les installons, tout est prêt.»

Si la demande le justifie, le secteur Grand-Mère offrira un premier quartier de microhabitations en Mauricie.

«Rien ne nous dit encore qu’on va en construire 75», mentionne M. Gélinas. «Le nombre reste à déterminer; ça va dépendre comment ça va se développer. On va y aller selon la demande.»

Clientèle visée
M. Poupart précise que jusqu’ici, la clientèle intéressée par ce concept a déjoué un peu les calculs de l’entreprise. Au départ, il croyait surtout attirer les premiers acheteurs.

«Quand nous avons démarré, on se demandait si les jeunes pouvaient acheter des maisons à 300 000 $ ou 400 000 $», raconte-t-il. «Aujourd’hui, ils représentent peut-être 10 % de notre clientèle. La masse des gens qui achètent des microhabitations, ce sont les personnes de 50 ans et plus. Ils vendent leur grosse maison, ils veulent voyager et n’avoir qu’un petit pied-à-terre, un petit entretien, de petites taxes.»

«La demande est excellente», observe-t-il, en précisant qu’en trois ans, Confort Design a construit environ 150 microhabitations au Québec. «Notre projet le plus avancé est à Sainte-Marguerite-du-lac-Masson, au Domaine Nature sur le lac. Nous avons un vrai petit village de microhabitations. Nous avons une quarantaine de maisons qui sont installées, où les gens vivent.»

Au Domaine le Campagnard, M. Poupart mentionne que les acheteurs de microhabitations devront s’attendre à payer environ 140 000 $ pour leur nouveau domicile, un prix qui inclura la livraison et l’installation, de même que l’aqueduc et l’égout, qui devraient être aménagés en 2018.

En juillet 2016, le conseil municipal de Shawinigan avait adopté un règlement d’emprunt de 2,3 millions $ pour le prolongement de ces services et les travaux de voirie.

Évidemment, les acheteurs doivent sacrifier de l’espace par rapport à une maison traditionnelle, mais M. Poupart laisse entendre que ce compromis ne saute pas aux yeux.

«C’est surprenant», indique-t-il. «Il n’y a pas de perte d’espace; les maisons sont bien pensées. Il y a un salon, une cuisine, deux chambres, une salle de bain... Avec un sous-sol, on peut ajouter deux autres chambres, une salle de bain, une salle de jeux.»

En fait, M. Poupart explique que la principale embûche pour le développement de ces habitations consiste à convaincre les municipalités de modifier leur règlement de zonage pour permettre leur établissement.

«Les Villes vont demander une largeur minimale de 21 ou 24 pieds, parce qu’elles ont peur des anciennes mentalités de parcs de maisons mobiles et ça, elles n’en veulent pas», observe-t-il.

À Shawinigan, la Ville ne permet pas l’aménagement des plus petites microhabitations disponibles sur le marché, celles qui possèdent une superficie entre 350 et 650 pieds carrés. Par contre, M. Gélinas souhaite en aménager quatre sur la rue des Asters, dans le quartier Sainte-Flore. Une assemblée publique de consultation dans le cadre d’un processus de changement du règlement de zonage est d’ailleurs prévue le 19 février à 16 h 30, à la salle du conseil de l’hôtel de ville.

Par ailleurs, le 3 mars, au restaurant Au coin du Rocher, M. Poupart se déplacera pour présenter le concept des microhabitations, de 10 h à 12 h.