Des jeunes ont recommencé à se réunir au Carrefour du Cap sur l’heure du midi, et certains ont un comportement turbulent qui irrite des commerçants et des clients.
Des jeunes ont recommencé à se réunir au Carrefour du Cap sur l’heure du midi, et certains ont un comportement turbulent qui irrite des commerçants et des clients.

Des mesures pour limiter les attroupements d’ados au Carrefour du Cap

Marie-Eve Lafontaine
Marie-Eve Lafontaine
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Des attroupements d’adolescents au Carrefour du Cap, sur le boulevard Sainte-Madeleine, à Trois-Rivières, ont suscité encore une fois l’exaspération de plusieurs commerçants et clients au cours des dernières semaines. Il a fallu un avis des écoles environnantes et l’intervention des policiers pour que la problématique se résorbe.

«Depuis deux ou trois semaines, ils sont une trentaine à venir ici. Ils bloquent les portes, ils insultent le monde. Ils font fuir le monde. Il y a une petite bataille de temps en temps. Il y a des personnes âgées qui ne viennent plus ici le midi à cause de ça», déplorait récemment l’employé d’un commerce. «Quand il y a des mouvements de jeunes dans le centre commercial, il y a des incivilités comme vider des bouteilles de liqueur à terre, jeter des canettes à terre, lancer des chips, lancer des nouilles ramen, mettre de la poutine sur les murs», énumère un autre commerçant.

Ce dernier a souvent été le témoin de rassemblements sur l’heure du midi. «J’ai vu des attroupements de 20 à 40 jeunes. S’ils se mettent à crier et à s’insulter, ça vient pas mal cacophonique. Ils crient comme des perdus et ils utilisent un vocabulaire inapproprié. Ils se sacrent après et s’envoient promener», raconte-t-il. Comme son confrère, il a vu des personnes renoncer à entrer dans certains commerces devant lesquelles les jeunes s’agglutinent.

«C’est désagréable. J’ai vu des personnes âgées être intimidées par leur présence. J’en ai vu revirer de bord parce qu’elles constataient qu’il y en avait peut-être 40 devant l’entrée.»

Il raconte que l’an dernier, des jeunes se promenaient à vélo dans le centre commercial, une situation qui ne s’est pas reproduite cette fois-ci à sa connaissance. Des commerçants déplorent aussi que ces adolescents laissent leurs déchets par terre ou bloquent les toilettes en les remplissant de papier.

À la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, on explique que les directions du Collège de l’Horizon et de l’école Avenues-Nouvelles ont fait parvenir une lettre aux parents au début du mois de décembre pour les sensibiliser à la situation. «Nos écoles du secteur ont envoyé le 2 décembre dernier une lettre aux parents les avisant de cette problématique et leur rappelant les règlements que ces jeunes enfreignaient. Chaque année, les élèves sont avisés des comportements qu’on s’attend d’eux quand ils sont à l’extérieur de l’école», mentionne Anne-Marie Bellerose, porte-parole de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

La Direction de la police de Trois-Rivières (DPTR) a aussi été avisée. Des policiers se sont d’ailleurs rendus sur place plusieurs midis. «Il y a un an, on avait été saisi du problème. Des élèves de l’école Avenues-Nouvelles et du Collège de l’Horizon se rendaient à cet endroit sur l’heure du midi pour flâner, ce qui incommodait les commerçants. On a été recontacté parce que, sensiblement, les mêmes problèmes étaient réapparus. On a exercé de la présence policière. On a fait un blitz dans le but de rencontrer ces gens-là et leur dire quelles étaient les attentes des commerçants et les informer de la réglementation municipale», explique le sergent Luc Mongrain, porte-parole de la DPTR.

Le service de police a été informé que certains jeunes se comportaient mal que ce soit en jetant leur lunch par terre ou en utilisant des pétards à l’intérieur. «Ce type de présence ne sera plus tolérée. Leur présence sera tolérée s’ils agissent de façon décente», précise le sergent Mongrain.

Le Carrefour aurait engagé un gardien de sécurité. Selon la Commission scolaire, la situation s’est résorbée. «Il y a une grande amélioration. Il y a eu d’énormes changements au niveau des agissements et des comportements des élèves. C’est un dossier qui est suivi, les directions ont avisé les parents et les interventions auprès des élèves ont été faites. On voit que les actions ont porté leurs fruits», assure Mme Bellerose. La DPTR invite les commerçants à la contacter si ces problèmes reprennent.

Rappelons que ce n’est pas la première fois que de tels problèmes surviennent à cet endroit. Au printemps 2018, la situation avait pris une telle ampleur que le Groupe Shapiro, qui est propriétaire du Carrefour, avait carrément interdit l’accès aux jeunes âgés de moins de 18 ans qui n’étaient pas accompagnés d’un adulte. Cette décision avait été prise en raison d’une problématique récurrente de flânage, de vols à l’étalage et de méfaits. Cette mesure avait soulevé plusieurs réactions et des experts avaient affirmé que cette interdiction contrevenait à la Charte des droits et libertés, car elle représentait un geste discriminatoire. Le Carrefour avait finalement renoncé à cette mesure laissant savoir qu’elle n’était que temporaire.