Le Conseil en éducation des Premières Nations a lancé son programme de maternelle 4 ans. Sur la photo: Annie Gros-Louis, directrice des services éducatifs pour le CEPN, Denis Gros-Louis, directeur général du CEPN et Loretta Robinson, responsable du développement et de la direction des services éducatifs pour le CEPN.

Des maternelles quatre ans adaptées à la réalité autochtone

NICOLET — Alors que la création de 250 nouvelles classes de maternelle 4 ans par le gouvernement provincial fait couler beaucoup d’encre, le Conseil en éducation des Premières Nations (CEPN) a lancé son programme de maternelle 4 ans qui sera utilisé dans 15 écoles situées dans des communautés autochtones du Québec, mardi, à Nicolet.

Le programme a été mis sur pied par une équipe de 75 enseignants des communautés membres du conseil qui y travaillent depuis 2015 et profitera à plus de 350 élèves de 4 ans. «C’est un travail qui a été pensé par les gens de terrain», affirme Annie Gros-Louis, directrice des services éducatifs pour le Conseil en éducation des Premières Nations.

Même si 10 écoles sur les 15 touchées par ce projet offraient déjà au moins une classe de maternelle 4 ans, le nouveau programme du CEPN assurera une cohérence des compétences enseignées dans l’ensemble des groupes de 4 ans des établissements primaires participants. En Mauricie, les écoles primaires de Wemotaci, de Manawan et d’Opitciwan offrent la maternelle 4 ans, alors que les communautés d’Odanak et de Wôlinak ne comptent pas d’établissement scolaire primaire sur leur territoire.

Un programme adapté aux communautés

La différence entre ce programme et celui proposé par le gouvernement du Québec est que celui du CEPN est adapté aux communautés qui l’utiliseront. «Lorsqu’on dit que c’est un programme qui a été fait par et pour les Premières Nations, c’est vraiment venu des besoins de terrain», commente Mme Gros-Louis. C’est d’ailleurs à travers un désir de s’approprier le système d’éducation dans les communautés autochtones que le programme a été initié.

Les cinq familles de compétence établies pour le programme sont le langage oral et littératie, le social, le cognitif et numératie, l’affectif et le physique et moteur. Ces aspects du programme sont présentés sur un arbre et représentés par différentes couleurs. Ces compétences seront donc la base de l’enseignement dans les maternelles 4 ans dans des communautés qui ne partagent pas nécessairement la même culture ni la même langue. «C’est une opportunité qui a été saisie par les communautés d’aller chercher des éléments qui sont rassembleurs. On est allé chercher l’arbre, on est allé chercher des éléments qui sont connus des communautés», explique Denis Gros-Louis, directeur général du Conseil en éducation des Premières Nations. «C’est de faire un lien direct avec leur propre identité, le développement de la culture, des traditions et de la langue», ajoute Mme Gros-Louis.

Chaque feuille de l’arbre, qui est colorée selon son domaine de développement, représente une compétence qui devra être acquise par les élèves de maternelle 4 ans. Les enseignants pourront d’ailleurs bénéficier d’une plateforme virtuelle pour partager leurs réussites et leurs conseils quant au programme avec leurs collègues.

Pour une meilleure réussite des élèves

Le CEPN et le gouvernement du Québec ont toutefois un objectif commun quant aux maternelles 4 ans, soit celui de favoriser la réussite des élèves en les prenant en charge tôt dans leur développement. «Plus tôt on va travailler avec nos jeunes, mieux on va les encadrer et mieux on va les préparer pour leur futur, pour leur avenir», indique Mme Gros-Louis.

Le programme a d’ailleurs comme objectif de mieux répondre aux besoins des élèves des communautés membres du CEPN.