Des manifestants se sont rassemblés vendredi à Trois-Rivières, devant le bureau Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Des manifestants rencontrent Jean Boulet

Trois-Rivières — Quelques dizaines de manifestants ont réussi à rencontrer le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, vendredi matin, au centre-ville de Trois-Rivières, pour faire valoir leur impatience devant la lenteur du processus de promulgation du décret sur le personnel d’entretien d’édifices publics. La stagnation de ce dossier les prive d’augmentations salariales depuis plus d’un an.

Le décret dont il est question garantit des conditions de travail et fixe un plancher salarial pour les travailleurs de ce secteur. Adopté en 2017, le décret encadre déjà l’aspect normatif des opérations. Or, il doit maintenant être promulgué pour que sa portion financière soit appliquée.

Raymond Larcher, président de l’Union des employés et employées de service, section locale 800, syndicat derrière la manifestation de vendredi, soutient que sans le décret, l’industrie serait vouée à la sous-traitance et la plupart des travailleurs seraient contraints de travailler au salaire minimum. Le décret protège 15 000 travailleurs, dont seulement 6000 sont syndiqués, fait-il valoir.

M. Larcher se désole de la lenteur du processus qui prive les travailleurs d’augmentations salariales depuis 15 mois. «C’est 45 cents en moyenne, de l’heure, qui manquent aux travailleurs en ce moment. C’est beaucoup des travailleurs à temps partiel, qui travaillent entre 20 et 40 heures. Annuellement, ça représente en 500 $ et 900 $», fait-il valoir.

Le syndicat blâme l’ancien gouvernement libéral et l’accuse de s’être traîné les pieds dans le dossier. Pire, M. Larcher soutient que l’ancienne ministre du Travail, Dominique Vien, tentait d’abolir la Loi sur les décrets de convention collective. Or, maintenant que le nouveau gouvernement est en place et «qu’il a eu le temps de se revirer de bord», il est temps que les choses progressent, plaide le syndicaliste. D’où la présence des manifestants vendredi à Trois-Rivières.

Le président du syndicat se dit surpris et heureux d’avoir pu rencontrer le ministre Boulet. «On ne pensait pas le rencontrer. Il est venu nous rencontrer et il a même parlé avec les manifestants», se félicite Raymond Larcher.

Quant à la teneur des propos du ministre, M. Larcher indique que celui-ci a fait preuve d’ouverture et semble sensible aux revendications des travailleurs, ne comprenant pas pourquoi le dossier traîne. «Ça fait longtemps que je n’ai pas entendu un discours comme ça; un ministre du Travail qui dit ouvertement qu’il est en faveur de la Loi sur les décrets de convention collective, je n’ai pas entendu ça depuis un certain nombre d’années», se réjouit le syndicaliste.

M. Larcher souligne toutefois que des gestes concrets devront suivre les paroles et que son groupe continuera de maintenir la pression et de se faire entendre si le dossier ne progresse pas.

On notera que la Loi sur les décrets de convention collective donne au gouvernement du Québec le pouvoir de décréter une convention collective s’appliquant à un secteur d’activité, liant tous les salariés qui y travaillent, sur l’ensemble ou une partie du territoire.