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Il est possible que des femmes de La Tuque doivent accoucher à Shawinigan en raison d’un manque d’infirmières.
Il est possible que des femmes de La Tuque doivent accoucher à Shawinigan en raison d’un manque d’infirmières.

Des Latuquoises devront-elles accoucher à Shawinigan?

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
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Shawinigan — Des citoyennes de La Tuque en fin de grossesse craignent de devoir accoucher à l’hôpital de Shawinigan et de devoir séjourner dans une chambre d’hôtel quelques jours d’avance, car le centre naissance famille de l’hôpital de La Tuque pourrait être en manque d’infirmières du 22 décembre au 31 janvier. Cela occasionnerait un bris de service, une situation qui s’est d’ailleurs produite dans la nuit de jeudi à vendredi et qui aurait amené une Latuquoise à accoucher à l’hôpital de Shawinigan.

Myriam Bérubé et Sandra Girard font partie d’une dizaine de femmes en fin de grossesse à La Tuque. Elles doivent accoucher le 8 et le 5 janvier. Elles n’en reviennent tout simplement pas de devoir penser à quitter leur famille durant le temps des Fêtes. Selon les informations qu’elles affirment avoir obtenues de la part d’une infirmière jeudi, le service de santé leur recommande fortement de louer une chambre d’hôtel à moins de 50 km de Shawinigan deux semaines avant la date prévue de l’accouchement.

«Le CIUSSS travaille à trouver du personnel pour mardi et les autres jours. Si la situation se règle, ils nous rappellent. Ma 38e semaine, c’est mardi. Je devrais passer Noël à l’hôtel, sans mes enfants. Je suis sous le choc», déclare Mme Girard, qui attend son troisième enfant.

La 38e semaine de grossesse de Mme Bérubé débute le 25 décembre. Elle ne peut considérer de vivre Noël sans sa famille, elle qui voit mal amener son fils de 18 mois dans une chambre d’hôtel sans pouvoir bouger en raison des contraintes imposées par la COVID-19.

«On me demande de me rendre dans un hôtel le 22 décembre, car à partir de cette date, le nombre d’infirmières est insuffisant. C’est un stress additionnel. Déjà qu’avec la COVID, on ne peut pas compter sur notre famille, je ne la trouve pas drôle.»

Les frais d’hébergement et de repas seront assumés par le CIUSSS par le biais d’un formulaire de remboursement. Les patientes devront donc payer pour ces services en attendant d’être remboursées, ce qui cause un stress de plus quand on pense qu’une future mère pourrait passer deux semaines dans un établissement hôtelier.

Contacté par Le Nouvelliste, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec affirme d’entrée de jeu qu’il n’y aura pas de bris de service à ce centre de naissance de l’hôpital de La Tuque, à condition de trouver des infirmières en nombre suffisant.

«Il y a des enjeux de main-d’œuvre, comme partout dans le réseau. La situation est évaluée de jour en jour. Il n’y a pas de rupture de service du 22 décembre au 31 janvier. L’appel a été fait de façon préventive auprès des mamans. À l’instant, le service est fonctionnel. Par contre, dans une situation où il y aurait un manque de personnel qui occasionne un bris de service, on a une alternative proposée qui est de se rapprocher de Shawinigan et on les héberge à nos frais. Il est possible que des femmes de La Tuque accouchent à Shawinigan si on manque de personnel», raconte Julie Michaud, agente d’information du CIUSSS régional.

Le CIUSSS fait le maximum, assure la porte-parole, pour maintenir l’offre de service. Une réorganisation des horaires et la mise en place d’heures supplémentaires sont parmi les options analysées par la direction du CIUSSS.

«Je comprends que ça cause des inquiétudes, témoigne Mme Michaud. Mais de mon côté, l’écho que j’ai est que le centre est ouvert, qu’on offre le service, mais que la situation est précaire. On fait tout pour que ces femmes accouchent à La Tuque, mais ce n’est pas impossible qu’elles accouchent à Shawinigan.»

Marie-Louise Tardif a été mise au courant de cette situation vendredi matin. D’abord informée par le CIUSSS que cette situation de bris de service se limitait à la nuit de jeudi à vendredi, la députée de Saint-Maurice affirmait vendredi en fin d’après-midi que des accouchements pourraient se dérouler à Shawinigan et que la démarche menée jeudi auprès des femmes en fin de grossesse a été faite de façon préventive et non alarmiste.

«Hier (jeudi), une dame de La Tuque a dû accoucher à Shawinigan. Deux infirmières sont parties de l’hôpital de La Tuque. À partir d’aujourd’hui (vendredi) jusqu’au 21 décembre, tout est beau, les horaires sont faits. On voit qu’on ne peut donner d’assurance passé le 21. Ce n’est pas une assurance que les accouchements vont se faire à Shawinigan, mais ça fait partie des possibilités.»

Selon la députée caquiste, quelque 100 accouchements se déroulent annuellement à l’hôpital de La Tuque. Le maintien de ce service est essentiel. Mais il faut aussi comprendre que le milieu de la santé doit composer avec une rareté de main-d’oeuvre.

«Ce n’est pas une situation qui est optimale, reconnaît la députée. Mais dans les circonstances actuelles, beaucoup d’infirmières sont en retrait pour maladie. Depuis mars, elles roulent sur les chapeaux de roue. En période des Fêtes, avec les vacances et les congés de maladie, avec les deux départs, ça crée une incertitude non souhaitable, mais avec laquelle il faut vivre.»