Le rapport publié par la CDPDJ donne suite à une enquête qui avait débuté en 2017 à la suite d’une décision judiciaire laissant croire que la situation était problématique au sein des familles d’accueil de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Des lacunes «dénoncées depuis longtemps»

TROIS-RIVIÈRES — Le rapport accablant émis par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) n’a rien de surprenant pour le syndicat de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS). Les lacunes rapportées étaient, semble-t-il, «dénoncées depuis longtemps».

C’est du moins ce que soutient le psychoéducateur et représentant syndical de l’ATPS, Steve Garceau. «Ça fait plusieurs années que nous sommes conscients du problème faisant rage au sein de nos départements de protection de la jeunesse (DPJ). Nous sommes simplement condamnés à subir ces problèmes en raison d’un crucial manque de ressources», croit-il.

Il dit constater des problèmes critiques en ce qui a trait à la structure administrative des organismes, à la charge de travail imposée aux intervenants ainsi qu’aux ressources financières dont disposent ces derniers.

«C’est anormal pour un département de protection de la jeunesse de manquer de ressources matérielles pour accomplir une charge de travail déjà beaucoup trop élevée. Toutes ces problématiques nous empêchent de se concentrer sur notre mission principale qui est de travailler pour le bien-être des enfants», ajoute le représentant syndical de l’ATPS.

Des mesures seront d’ailleurs mises en place dès que possible par les DPJ pour régler la situation.

«La priorité sera d’éliminer les doublons administratifs et de stabiliser notre équipe de travail. Cependant, toutes ces actions ne régleront pas complètement la situation. Nous aurons inévitablement besoin de ressources financières supplémentaires pour espérer améliorer le service offert aux jeunes», explique M. Garceau. Il évalue les besoins financiers des organismes à plus de 270 millions de dollars. Jusqu’à maintenant, la création de 60 postes d’intervenants et de 15 postes de mentors a été annoncée pour amorcer le processus d’amélioration du système.

Par ailleurs, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a annoncé plus tôt vendredi qu’un accompagnateur externe aurait le mandat de s’assurer que les recommandations présentes dans le rapport sont appliquées dans les délais établis. Il soutient que des actions concrètes seront commises par le gouvernement avant longtemps et qu’une annonce en ce sens sera faite d’ici la fin de l’été.

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