Joannie Hudon et William Charbonneau participent au mouvement des Incroyables Comestibles de Trois-Rivières.

Des jardins libres-services

Avez-vous remarqué ces jardins inusités qui prennent d'assaut les espaces urbains? L'idée est simple: le mouvement des Incroyables Comestibles veut faire de la ville un immense potager partagé, auquel tout le monde peut contribuer. Dans la région depuis 2013, une dizaine de nouveaux emplacements de ces jardins libres-services sont apparus cet été à Trois-Rivières.
S'inspirant d'un concept lancé en 2008 dans un quartier d'Angleterre, chacun est ainsi appelé à devenir un apprenti jardinier-citoyen, en plantant, cultivant et récoltant à sa guise les fruits du potager.
«Ce qui est intéressant, c'est le soulèvement qu'il y a eu cette année à Trois-Rivières. Les gens de la communauté, autant les citoyens que les institutions, ont voulu participer, entretenir les jardins ou encore nous faire des dons de plans ou d'argent», raconte Joannie Hudon, membre du mouvement. Selon elle, l'initiative a pris de l'ampleur en partie grâce aux médias sociaux.
En participant au mouvement, William Charbonneau et Joannie Hudon encouragent l'autosuffisance alimentaire des territoires par les coopérations solidaires. Ceux-ci espèrent changer le mode de consommation de la population. «Tout le monde peut faire un jardin, la nourriture ça peut être accessible gratuitement, il suffit juste qu'on prenne le temps de faire un jardin et qu'on coopère ensemble. Pourquoi va-t-on à l'épicerie? Il y a plein d'espace de gazon qui ne sert à rien», fait valoir Joannie.
C'est un projet qui vise à rassembler les gens, de façon entièrement bénévole. «J'aime surtout l'esprit de partage et de coopération», raconte Joannie. «Nous avons aussi remarqué que ça brisait l'isolement social en créant des discussions entre les voisins», ajoute William, qui était l'un des premiers l'an passé à joindre le mouvement en faisant un jardin devant sa résidence. Pour lui, c'est l'aspect environnemental qui est le plus important. «Personne ne va dire comment interpréter les Incroyables Comestibles. L'important c'est de prendre des initiatives», conclut-il.
On retrouve ces jardins un peu partout, entre autres au centre-ville, sur les rues du Haut-Boc, Sainte-Cécile, Notre-Dame et Laviolette, à l'église Sainte-Cécile, à la Maison Carpe Diem ou encore à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Ces derniers offrent à quiconque des produits aussi variés que de la laitue, des cerises de terre, des haricots, des radis, du chou-fleur, des aubergines ou des cantaloups.