La mairesse de Sainte-Julie et présidente de l’UMQ, Suzanne Roy, était à Trois-Rivières vendredi et en a profité pour discuter relance économique avec le maire Jean Lamarche.
La mairesse de Sainte-Julie et présidente de l’UMQ, Suzanne Roy, était à Trois-Rivières vendredi et en a profité pour discuter relance économique avec le maire Jean Lamarche.

«Des intervenantes de premier ordre»: Suzanne Roy place les villes et municipalités au cœur de la relance économique

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — «C’est impossible de penser une relance économique au Québec si on ne pense pas que les municipalités vont être des intervenantes de premier ordre».

C’est en ces termes que la mairesse de Sainte-Julie et présidente de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Suzanne Roy, a voulu décrire le rôle que doivent jouer les municipalités du Québec dans une relance économique viable et efficace en cette ère de pandémie.

De passage à Trois-Rivières vendredi dans le cadre d’une tournée régionale qu’elle amorce pour discuter d’enjeux de relance économique, Suzanne Roy n’a pas manqué de souligner le leadership dont Trois-Rivières et la région ont fait preuve depuis quelques mois.

On n’a qu’à penser aux démarches entreprises en collaboration avec la Ville de Shawinigan et les gens d’affaires pour initier l’occupation des espaces publics durant l’été, notamment pour les terrasses, en plus des ententes récemment négociées avec Hydro-Québec et permettant la construction d’un nouveau parc linéaire, dont la première pelletée de terre a été faite vendredi, en présence de Mme Roy.

«Dans le cadre de la pandémie, les gens de la région ont joué un rôle particulier pour les espaces publics, où les démarches et les ententes auront servi à tout le Québec. L’exemple de Trois-Rivières va inspirer les autres villes», croit-elle.

L’UMQ négocie actuellement avec le gouvernement du Québec dans l’espoir de pouvoir obtenir une compensation COVID, alors que le virus entraînera, seulement pour 2020, un déficit estimé à 1,5 milliard de dollars pour les villes et municipalités québécoises. Seulement pour l’organisation des camps de jour, les nouvelles mesures en place auront causé un manque à gagner de 39 M$, rappelle Suzanne Roy.

«L’enjeu, c’est de balancer nos livres. Faire des déficits dans nos villes, ça va être de pelleter le problème en avant. Si j’emprunte 300 M$ pour payer le déficit, je vais augmenter dans les cinq prochains budgets la charge fiscale. Ce n’est pas la solution», convient-elle.

Outre ces négociations, l’UMQ souhaite pouvoir trouver des solutions avec les villes et municipalités pour aider les commerces et entreprises qui pourraient davantage souffrir d’une possible deuxième vague mais aussi d’un ralentissement des ardeurs des consommateurs lorsqu’arriveront les mois d’hiver.

Mais surtout, il faut s’assurer de donner les moyens aux municipalités de prendre une part importante et active dans la relance économique, ce qui passe aussi par un certain allègement réglementaire.

«C’est possible d’être rigoureux tout en réussissant à faire des projets. C’est important qu’il y ait un miroir municipal, et qu’on donne aux municipalités les outils», signale Suzanne Roy, réclamant du même coup une plus grande autonomie municipale dans l’utilisation des argents gouvernementaux pour la réalisation de projets locaux, inscrits aux plans triennaux d’immobilisations (PTI) des municipalités, et dont les gouvernements locaux sont les mieux placés pour en juger la pertinence afin de mieux servir le citoyen.

«Il ne faut pas que le gouvernement fasse juste des grands chantiers. Il faut qu’il y ait des projets dans toutes les municipalités du Québec. Nos PTI sont pleins de beaux projets. Ces projets-là, on doit les voir se réaliser ici. On doit avoir la capacité de le faire et les programmes pour le faire», insiste Suzanne Roy, rappelant que pour chaque dollar investi dans la relance économique, on générera 1,64 $.

L’UMQ aura donc du pain sur la planche au cours des prochains mois, en gardant un œil avisé sur un rendez-vous qui arrivera plus vite qu’on le pense: les élections municipales de novembre 2021. Une élection qui pourrait bien être teintée de la réalité COVID, elle aussi.

«Il faudra peut-être penser à des modes de votation différents, qui permettront à tout le monde d’exprimer leur voix. On va se réinventer», clame-t-elle.

Pour le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, l’une de ces solutions passe par l’installation de bureaux de vote dans les résidences pour personnes âgées. «Il ne faut même plus que ce soit un choix, c’est incontournable. Ce n’est plus une question de démocratie, mais bien de santé publique», croit-il.