De gauche à droite : Gabriel Dubois, Jonathan Joly et Samuel Richard, cofondateurs de l’entreprise Insectivores.

Des insectes pour l’alimentation des humains

Trois-Rivières — Étudiants au baccalauréat en biologie à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Samuel Richard, Jonathan Joly et Gabriel Dubois ont décidé de s’unir afin de créer l’entreprise Insectivores. Leur projet consiste maintenant à faire la production industrielle d’insectes, et ce, à des fins de consommation animale et humaine.

Situés dans un local loué par la MRC de Maskinongé, les trois amis font présentement l’élevage de vers de farine. Jusqu’à présent, ils en comptent entre 30 000 et 40 000 et ils estiment être en mesure d’atteindre leur objectif de 2,5 millions d’ici la fin de l’année.

«L’objectif que nous nous sommes fixé lorsque nous avons lancé la compagnie c’est d’atteindre une production de 2,5 millions de vers par mois. La reproduction des insectes est exponentielle et avec le nombre que nous avons déjà, nous sommes très confiants de l’atteindre en 2018. Avec une production de 2,5 millions de vers mensuellement, nous allons pouvoir vendre en grande quantité, car présentement nous la laissons se reproduire», explique Samuel Richard, cofondateur d’Insectivores.

Plusieurs possibilités
Une fois l’objectif atteint, plusieurs possibilités s’offriront aux trois hommes.

«Ce qui est intéressant, c’est que nous pouvons vendre les insectes en entier à des animaleries. Nous pouvons aussi les vendre sécher ou bien les transformer sous forme de farine. Celle-ci pourrait donc servir à faire différents aliments comme du pain, des barres tendres, des pâtes et de la sauce à spaghetti. L’autre marché que nous aimerions développer, c’est celui de la nutrition reliée à l’entraînement physique, car la farine d’insectes est forte en protéine, faible en gras et possède de bonnes vitamines et de bons minéraux», soutient M. Richard.

Éventuellement, ils n’écartent pas la possibilité de faire l’élevage de criquets également.

Une mentalité à changer
D’ici là, les entrepreneurs souhaitent maintenant s’attaquer à la mentalité des gens.

«Nous voulons vraiment nous implanter dans l’alimentation humaine. Ce qui sera le plus difficile pour nous, c’est de changer la mentalité des gens. Ailleurs dans le monde, c’est quelque chose qu’ils font quotidiennement, mais au Canada et plus spécifiquement au Québec les gens ont une plus grande crainte des insectes. Pour ce faire, nous allons tenter de passer par la jeunesse. Nous voulons donc aller dans les écoles primaires et secondaires afin de présenter différents insectes et démontrer qu’ils ne sont pas nocifs et méchants», ajoute-t-il.

Les étudiants ont déjà reçu l’appui du maire de Louiseville, Yvon Deshaies.

«Nous faisons l’élevage de plein d’autres choses et je crois que nous sommes rendus là. Je suis ouvert à ça et je suis très content que de jeunes entrepreneurs s’intéressent à Louiseville et à la MRC de Maskinongé. Je pense que ce projet pourrait même générer de l’emploi ici dans les années à venir», conclut M. Deshaies.