Mireille Laroche n’a connu que quatre inondations en près de 60 ans à sa résidence de Trois-Rivières, dont celles de 2017 et de 2019.

Des inondations très rapides

TROIS-RIVIÈRES — La montée rapide du niveau du fleuve Saint-Laurent et du lac Saint-Pierre ce week-end a entraîné des inondations dans plusieurs secteurs, tant en Mauricie qu’au Centre-du-Québec.

Mireille Laroche habite la rue du Pont de Trois-Rivières depuis près de 60 ans. Il s’agit seulement de la quatrième fois que la dame subit des inondations depuis la construction de sa résidence. Mireille Laroche a cette fois été très surprise de la rapidité à laquelle l’eau est montée. La dame d’un certain âge craint toutefois l’arrivée prochaine «d’un autre coup d’eau».

La rapidité d’intervention des autorités et des concitoyens a toutefois permis de protéger ses biens. «Dimanche matin, il y avait une vingtaine de bénévoles qui sont venus avec la conseillère du district Maryse Bellemare installer des digues autour de la maison et du garage», a souligné Mireille Laroche, très reconnaissante. «Je n’en revenais pas de voir autant de bénévoles le matin de Pâques. Et ils m’ont dit qu’ils allaient revenir les enlever dans deux semaines.»

Les mauvais souvenirs des interminables inondations de 2017 sont encore frais à la mémoire de Claude Gélinas du chemin Louis-Gatineau à Yamachiche. L’homme avoue que le niveau du fleuve Saint-Laurent a monté très rapidement ce week-end. «Samedi, il n’y avait pas du tout d’eau ici», a-t-il mentionné lundi en montrant le secteur désormais entièrement inondé.

Sans la chaloupe d’un ami, M. Gélinas aurait eu du mal à quitter son domicile. Un militaire l’a même aidé à accoster et sortir de l’embarcation. La présence de ces soldats est d’ailleurs très appréciée. Ceux-ci ont grandement aidé à remplir des sacs de sable pour confectionner des digues.

Un militaire a aidé Claude Gélinas, un sinistré de Yamachiche.

Le niveau d’eau est monté très rapidement au cours de la nuit de samedi à dimanche, rapporte également un résident du rang de la Rivière Sud-Ouest, à Maskinongé. À tel point que le hangar dans lequel il range son avion a été inondé au cours de la nuit, de même que la piste d’atterrissage dont il se sert.

«J’ai sorti mon avion du hangar samedi soir, au cas où, explique Éric Provost. Une chance, parce que le lendemain, il y avait un pied et demi d’eau à l’intérieur.»

Le Maskinongeois a finalement pu mettre son aéronef à l’abri de l’eau. Une fois son appareil mis à l’abri, M. Provost a pu concentrer ses efforts à protéger sa maison.

«Ma maison est plus en hauteur, mais il ne reste pas grand-chose avant que l’eau arrive. J’ai une pompe qui marche, mais il ne faudrait pas qu’on me coupe le courant, ce serait problématique. J’ai des voisins qui n’ont plus d’électricité, parce que l’eau est rendue à la hauteur de leur compteur électrique.»

Un résident de Maskinongé a pu sortir in extremis son avion de son hangar avant les inondations.

Sur son site internet, Hydro-Québec recommande d’ailleurs aux gens dont le sous-sol commence à être inondé de la contacter sans délai pour que la société d’État coupe l’électricité au compteur ou au poteau. Les résidents dont le sous-sol n’est pas encore inondé, mais qui s’attendent à ce qu’il le devienne, peuvent couper le courant eux-mêmes, en prenant des précautions.

Avec la collaboration de Matthieu Max-Gessler