Un hommage a été rendu à Cédrika Provencher près de l'endroit où ses ossements ont été retrouvés.

Des funérailles dans l'intimité

Le Réseau Enfant Retour a dû jouer un rôle très important auprès de la famille de Cédrika Provencher cette année, celui de porte-parole afin de permettre aux proches de la petite de vivre dans l'intimité les funérailles et la mise en terre de l'enfant l'été dernier.
La directrice générale de l'organisme, Pina Arcamone, explique que même si la fillette a été retrouvée, il y a un an, le soutien apporté par son organisme ne s'arrête pas le jour où l'on trouve enfin réponses à nos questions, si dramatiques puissent-elles être. «À travers les années où des parents doivent chercher leur enfant disparu, il se vit des moments d'espoir, mais aussi de désespoir et de profond découragement. Nous nous devons de suivre les parents dans ces montagnes russes pour qu'ils ne soient jamais seuls. Mais même en se préparant à toute éventualité, on n'est jamais totalement prêt à faire face à la réponse qui nous arrive», remarque Pina Arcamone.
Au milieu du mois d'août dernier, l'organisme a fait parvenir un communiqué à l'ensemble des médias, annonçant que les restes de la petite avaient été remis à la famille et qu'elle pouvait maintenant célébrer ses funérailles et la porter en terre. Remerciant l'ensemble de la population pour l'aide et la solidarité, les parents de Cédrika ont indiqué vouloir vivre ce moment dans la plus stricte intimité. Une directive qui a été respectée de
tous. 
«Nous leur avons offert nos services afin d'alléger leurs souffrances. Ils ont manifesté un besoin à ce niveau alors nous avons agi comme porte-parole pour protéger la famille dans ces moments de recueillement», indique Pina Arcamone.
Bien qu'une année entière se soit écoulée depuis la découverte des ossements, Pina Arcamone reconnaît qu'un chapitre s'est effectivement terminé mais que le livre n'a pas encore pu se fermer complètement. «Une étape importante a été franchie, celle qui permet à la famille de débuter son processus de deuil. Mais l'autre étape, et on ne sait pas quand elle arrivera, sera de traduire le ou les responsables devant les tribunaux», mentionne Mme Arcamone, qui précise qu'en 2015, 6803 signalements de disparition d'enfant ont été enregistrés par les corps policiers au Québec, mais que les enlèvements criminels ne représentent qu'une très rare portion des enlèvements à chaque année.
«C'est très rare, mais ça demeure inquiétant. Ça vient bouleverser une famille, mais aussi toute une communauté. Les années vont passer, mais il sera impossible d'oublier Cédrika Provencher. Son héritage va marquer, et les gens seront forcément plus vigilants. Sans tomber dans la psychose ou la panique, ça nous rappelle que nos enfants sont vulnérables et que ça peut arriver à n'importe qui», souligne Pina Arcamone.
Sanctuaire: une cérémonie pour les enfants disparus
Le sanctuaire Notre-Dame-du-Cap tiendra de nouveau cette année une cérémonie spéciale à la mémoire de Cédrika Provencher et de tous les enfants disparus.
Dans la foulée de la découverte du corps de la jeune fille, le 11 décembre 2015, le sanctuaire avait tenu une activité de recueillement le 19 décembre. L'activité «Une bougie pour un ami» a été très populaire: plus de 700 bougies ont été allumées.
«Le concept était d'offrir un lieu de réflexion dans la basilique, indique Jonathan Houle, coordonnateur de Cap Jeunesse qui est à l'origine de cette initiative. Les lumières étaient tamisées et les gens étaient invités à allumer une bougie en l'honneur de Cédrika.»
L'événement avait été très couru en 2015, conséquence directe de la découverte récente des ossements de Cédrika. Cette année, la basilique souhaite accueillir autant de personnes à cette activité qui sera organisée en souvenir de tous les enfants disparus même si une photo de Cédrika sera affichée.
«À Trois-Rivières, c'est un événement qui nous touche plus particulièrement, admet volontiers M. Houle. Mais il y a d'autres victimes.»
«Une bougie pour un ami» sera présentée le samedi 17 décembre de 19 h à 21 h à la basilique. Un participant sera assurément sur place et c'est Henri Provencher, le grand-père de Cédrika.
«Mon épouse et moi, on s'est recueilli l'an passé à la cérémonie du sanctuaire. On avait adoré l'atmosphère. On apprécie ces temps de réflexion. L'an passé, on en avait eu besoin, on était entré dans un lieu de calme et de sérénité. Cette année, je vais en profiter», confirme M. Provencher, qui devrait de nouveau être accompagné de son épouse.
Avec Martin Lafrenière