Le NPD et l'Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec pressent le gouvernement Harper d'imposer un cadre réglementaire afin de réduire les frais d'utilisation des cartes de crédit pour les commerçants. On voit ici le député Robert Aubin en compagnie de Charles Lemoyne, secrétaire de l'Association, Carl Caron, propriétaire de dépanneurs et François Lapointe, député néo-démocrate de Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup.

Des frais de cartes de crédit trop élevés pour les commerçants

Le Nouveau Parti démocratique et l'Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec pressent le gouvernement Harper d'imposer rapidement un cadre réglementaire afin de diminuer les frais d'utilisation des cartes de crédit qu'ils estiment excessifs.
Selon le NPD, les frais d'utilisation exigés aux commerçants canadiens peuvent varier de 2 % à 4 % du montant de la transaction. Les néo-démocrates et les marchands dénoncent cette situation qui joue énormément sur le niveau de rentabilité des commerces.
«Ça fait des années qu'il existe un cadre de conduite volontaire pour que les frais soient contrôlés. Mais actuellement, les frais sont les plus élevés au monde pour les commerçants», raconte François Lapointe, député néo-démocrate de la circonscription de Montmagny-L'Islet-Kanouraska-Rivière-du-Loup, en tournée hier à Trois-Rivières en compagnie de son collègue Robert Aubin.
Ce cadre de conduite volontaire ne donne tout simplement pas les résultats escomptés, étant donné qu'il est sur une base volontaire. Depuis quelques années, les frais d'utilisation grimpent en flèche pour les commerçants, car les consommateurs sont de plus en plus incités à utiliser leur carte de crédit qui est souvent associée à différents privilèges.
«En six ans, les frais ont monté. Pour payer l'essence, entre 50 % et 60 % des clients utilisent la carte de crédit. Souvent, un client va acheter aussi de la loterie, une carte d'appel. Les marges de profit sont très basses pour ces produits. S'il paie avec une carte de crédit, le profit diminue et on ne peut pas refuser les transactions par carte de crédit», raconte Charles Lemoyne, copropriétaire d'Alimentation Lemoyne et Angers de Saint-Boniface et secrétaire de l'AMDEQ.
«Ici, les frais d'utilisation des cartes de crédit, c'est 25 000 $ par année», confie Carl Caron, propriétaire de dépanneurs à Trois-Rivières, en parlant du dépanneur Harnois du boulevard Parent.
Lors du dernier budget conservateur, les néo-démocrates souhaitaient obtenir une bonne nouvelle concernant cette situation, d'autant plus que le Tribunal de la concurrence déclarait il y a peu de temps que la meilleure solution serait l'arrivée d'un cadre réglementaire plus strict. Rien n'est survenu, sauf le recours à une autre consultation autour du cadre volontaire, dénonce le NPD.
«Notre économie est dirigée par les PME. Le jour où on remet de l'argent dans les poches des entrepreneurs, ils risquent de le réinvestir dans leur entreprise, créer de l'emploi. On décrie la situation, car le gouvernement se traîne les pieds et ne la règle pas», raconte M. Aubin, député néo-démocrate de Trois-Rivières.
Le NPD croit que le Canada devrait s'inspirer de l'Australie et de certains pays européens qui ont statué sur les frais des cartes de crédit par l'entremise notamment d'une consultation entre les représentants du milieu des banques et des commerçants.
«En Australie, le plafond a été fixé à 0,5 %. Les frais ont baissé de 50 % l'an dernier. Des pays européens ont nommé un ombudsman. Là aussi, on a une baisse de 50 % des frais. Au Canada, il n'y a aucun de ces leviers-là. Le cadre de conduite volontaire ne marche pas», insiste M. Lapointe, qui croit qu'un taux inférieur à 2 % serait raisonnable pour tout le monde.
Le NPD fait circuler une pétition pour demander à la population d'appuyer sa position. La pétition est notamment disponible en ligne.