Environ 150 syndiqués de la CSN ont manifesté à Trois-Rivières, samedi.
Environ 150 syndiqués de la CSN ont manifesté à Trois-Rivières, samedi.

Des employés du secteur public manifestent à Trois-Rivières

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Environ 150 employés du secteur public ont manifesté samedi après-midi, à Trois-Rivières, pour réclamer l'accélération des négociations pour le renouvellement de leur convention collective.

Des employés du réseau de la santé, du milieu scolaire et du Cégep de Trois-Rivières affiliés à la CSN s'étaient regroupés pour cette manifestation. D'autres syndiqués de la CSN ont manifesté avec eux, dont des syndiqués de l'usine d'Olymel de Princeville et de la Fédération du commerce.

Les manifestants ont marché du Stade Quillorama jusqu'au centre-ville de Trois-Rivières, s'arrêtant pour faire des allocutions devant le bureau du ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale et député de Trois-Rivières, Jean Boulet, et près du parc portuaire. Dans ces allocutions, des représentants syndicaux ont dénoncé la lenteur des négociations, alors que leur convention collective est échue depuis le 31 mars 2020.

«Quand le gouvernement a été élu, il avait dit qu'il ferait les choses différemment, qu'il nous ferait de belles conventions collectives. Il ne l'a pas fait, les choses n'ont pas changé», a critiqué Caroline Bellot, du Syndicat du soutien scolaire Chemin-du-Roy.

Les manifestants se sont arrêtés devant le bureau du ministre Jean Boulet.

La vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Marie-Line Séguin, s'est pour sa part attaquée à ce qu'elle qualifie de double discours du premier ministre François Legault en ce qui concerne les employés du réseau de la santé.

«Il nous appelle des anges gardiens à la télévision, mais nous impose ensuite des arrêtés ministériels. Et il nous dit ensuite que si on n'est pas assez fort pour faire notre travail, on n'a qu'à aller travailler ailleurs! Tout ce qu'on veut, c'est une convention collective digne de ce nom, avec des solutions pour attirer de nouveaux travailleurs, mais aussi pour les garder, et les garder en santé», a-t-elle lancé, en référence au grand nombre d'employés du réseau de la santé qui sont en arrêt maladie ou qui ont démissionné ces derniers mois.

Jean Fournier, président du Syndicat des professeurs et des professeures du Cégep de Trois-Rivières.

Le président du Syndicat des professeurs et des professeures du Cégep de Trois-Rivières, Jean Fournier, a également témoigné de la détresse que vivent de nombreux professeurs au niveau collégial. Selon un sondage mené par plusieurs syndicats affiliés à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), plus de 20 % des professeurs vivent un niveau élevé de détresse.

«C'est un contexte très difficile, on côtoie quotidiennement des gens en détresse, qui ont la langue à terre. On offre des services publics à bout de bras», a-t-il souligné.

Si la pandémie a un impact sur la charge de travail des employés du secteur public, ce n'est pas le seul facteur qui contribue à la détérioration de leurs conditions de travail, rappelle pour sa part Isabelle Gélinas, vice-présidente du Conseil central du Coeur-du-Québec de la CSN. Elle rappelle les nombreuses coupes budgétaires qui ont été imposées à ce secteur depuis des années, notamment avec la réforme de l'ancien ministre de la Santé Gaétan Barrette et le régime d'austérité de l'ancien gouvernement libéral de Philippe Couillard.

«La pandémie a mis en lumière de nombreux problèmes dans le réseau des services publics. Ce sont des décennies de coupures qui ont fragilisé ce réseau. Nous, on veut garder ce filet de sécurité», a-t-elle rappelé.

D'autres manifestations similaires avaient lieu dans d'autres villes du Québec, samedi.

Isabelle Gélinas, vice-présidente du Conseil central du Coeur-du-Québec de la CSN.