Alexandre Lacombe est furieux de la décision de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy qui demande que son fils reste à la maison un jour sur deux dans les prochains jours.

Des élèves suspendus un jour sur deux

Saint-Narcisse — Alexandre Lacombe est consterné. Mercredi, l’école que fréquente son fils de 10 ans lui a annoncé qu’il devra garder son enfant à la maison un jour sur deux. Cette mesure qualifiée d’exceptionnelle par la Commission scolaire du Chemin-du-Roy touche les six élèves du point de service La Traversée de Saint-Narcisse.

«Une situation exceptionnelle a nécessité une mesure exceptionnelle pour stabiliser ce groupe d’élèves là», explique la responsable des communications à la Commission scolaire, Anne-Marie Bellerose.

Cette mesure, qui devrait durer environ deux semaines, a été appliquée peu après un changement au niveau du personnel qui travaillait dans cette classe réservée à des élèves ayant des troubles de comportement, précise-t-elle.

C’est la première fois qu’une telle mesure est prise par la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, assure Mme Bellerose.

Alexandre Lacombe est furieux parce qu’il n’est pas possible pour lui de garder son enfant à la maison le jour. «Je suis à l’éducation aux adultes», précise-t-il. «Je n’ai pas le droit de m’absenter.»

«Je considère que je suis pris en otage», raconte-t-il, visiblement désemparé par la situation.

M. Lacombe croit que la Commission scolaire n’a aucun droit de n’enseigner à son enfant qu’un jour sur deux d’après la loi sur l’instruction publique du Québec.

Mme Bellerose indique toutefois que la Commission scolaire va offrir la scolarisation à domicile au cours de cette période pour les jeunes qui seront à la maison.

«Il y a eu des changements dans la classe. Avec l’aide de professionnels, à l’école, il y a eu une décision qui a été prise, pour stabiliser une situation dans le groupe, de diviser la classe en deux», dit-elle en précisant qu’elle «ne peut pas entrer dans le fin détail des événements.» Cette classe, précise-t-elle, est «un service très spécialisé».

«Dans la situation où on a été, c’est ce qu’on a trouvé qui était le mieux avec nos directions. Il y a eu des contacts avec les parents pour leur parler de la situation», ajoute-t-elle.

«Des psychologues et psychoéducateurs ont analysé les choses et en sont venus à cette décision-là et c’était la meilleure chose à faire dans la situation actuelle», assure Mme Bellerose. «On n’a jamais fait ça. C’est exceptionnel.»

La décision de renvoyer trois élèves sur six à la maison une journée sur deux «s’est prise avec l’école en collaboration avec notre direction de services éducatifs et l’équipe qui était sur place pour analyser la situation», précise Mme Bellerose.

«On est conscient que ça amène un contretemps pour les parents, mais quand on prend cette décision-là, c’est qu’on croit que ça va amener moins de contretemps que si l’on prenait une autre décision», fait valoir la porte-parole.

Alexandre Lacombe, lui, croit que la Commission scolaire aurait dû engager d’autres enseignants. «Il y a des locaux qui sont libres à l’école. Ils auraient pu séparer les élèves et continuer à leur enseigner», fait-il valoir.

La conjointe de M. Lacombe, Annie Cossette, assure que son beau-fils «fonctionne très bien à l’école. La vraie raison, ils ne nous l’ont pas précisée. On pense que c’est une mauvaise décision administrative», estime-t-elle.

La porte-parole de la Commission solaire n’a pas voulu indiquer ce qui avait vraiment motivé cette décision, si ce n’est le fait qu’il fallait redonner de la stabilité à ce groupe de six élèves.

«La semaine passée, ils ont mis Charlie dehors parce que Charlie avait parlé fort dans la classe et il avait lancé ses livres d’école par terre. Ils l’ont mis en retrait dans un local», raconte-t-elle.

«Ils disaient qu’ils perdaient le contrôle du groupe, mais ce n’est pas Charlie, l’élément perturbateur, parce qu’il a tout le temps de bonnes notes», plaide-t-elle. «La perte de contrôle vient de la Commission scolaire. Ils ne savent plus comment gérer le groupe», croit-elle.