Le président et directeur général de Nemaska Lithium, Guy Bourassa, croit que sans les installations de l’ancienne papeterie Laurentide, son projet n’aurait pas pu séduire aussi efficacement les investisseurs.

Des dollars déterminants

SHAWINIGAN — Guy Bourassa s’anime lorsqu’il parle de la contribution du groupe japonais Softbank dans le projet Nemaska Lithium, un partenaire d’affaires qui est venu ajouter beaucoup de crédibilité au projet, selon lui.

«Personne ne pensait que ce groupe aurait de l’intérêt dans les matières premières», souligne-t-il. «Nous représentons leur premier investissement à vie dans ce domaine.»

En avril, Nemaska Lithium a annoncé un placement privé de 99 millions $ de Softbank Group.

«Nous leur avons aussi donné un droit annuel sur 20 % de notre capacité de production», précise M. Bourassa. «La semaine suivant l’annonce, ils ont reçu neuf compagnies pour savoir s’ils pouvaient acheter ce 20 % ou des produits venant de cette portion. Ça donne une idée de l’intérêt!»

Autre retombée, une firme de courtage est rapidement entrée en contact avec M. Bourassa pour se rendre à Taipei et à Tokyo afin de rencontrer des responsables d’importants fonds institutionnels.

«Ils étaient intéressés parce que nous avions réussi à intéresser Softbank», se réjouit-il. «Pendant une semaine, je me suis fait demander comment je les avais trouvés. C’est eux qui nous ont choisis; on ne les connaissait même pas!»

Ironie du sort, Sean Miwa, directeur général de Softbank Group, était de passage aux installations de Nemaska Lithium, à Shawinigan, lors du passage du Nouvelliste. Il explique pourquoi cet important groupe financier a été séduit par cette entreprise.

«C’est une bonne mine, avec de bonnes réserves, une bonne qualité», encense-t-il. «C’est ma deuxième visite, après celle dans le cadre de la vérification diligente il y a deux mois. À Shawinigan, on prévoit le démarrage de l’usine à la fin 2020. Je dirais que les progrès sont lents, mais réguliers. Je suis très satisfait de ma visite.»

M. Miwa ajoute qu’en plus du potentiel du projet, la stabilité politique a joué un rôle dans cet investissement.

«Il ne faut pas regarder ce genre de projet sur un an ou deux, mais à long terme. Le Canada est un pays stable, c’est important. De plus, le Québec est près des États-Unis et pas très loin de l’Europe.»

Autre contribution remarquée, celle d’un placement public de 280 millions de détenteurs d’actions ordinaires à 1 $ chacune, au printemps également.

«Il n’y a pas d’émission semblable dans les compagnies minières qui s’est faite au Canada dans les cinq dernières années», croit M. Bourassa.

Impossible ailleurs
Rappelons qu’à l’origine, le projet Nemaska Lithium était destiné à Salaberry-de-Valleyfield, avant de bifurquer vers Shawinigan en 2015.

M. Bourassa glisse que la direction avait également regardé du côté de Saint-Augustin-de-Desmaures, un choix naturel pour une équipe basée à Québec. La disponibilité des infrastructures de l’ancienne papeterie Laurentide a fait toute la différence.

«Ça a fonctionné parce qu’on est venu à Shawinigan», laisse-t-il tomber. «C’est clair dans ma tête. À Salaberry-de-Valleyfield, nous n’avions pas de bâtiment; on partait à zéro. Nous n’avions pas la place pour installer, sur le même site, l’usine de phase 1 et l’usine commerciale. Nos partenaires n’auraient pas vu l’immensité des bâtiments que ça représentait. Ici, ils voyaient que nous étions sérieux.»


« Personne ne pensait que ce groupe aurait de l’intérêt dans les matières premières. Nous représentons leur premier investissement à vie dans ce domaine.  »
Guy Bourassa

«À Saint-Augustin, nous avions identifié un ou deux bâtiments de 20 000 pieds carrés», ajoute M. Bourassa. «À Shawinigan, on se retrouve dans des bâtiments beaucoup plus grands - environ 50 000 pieds carrés - et on s’est rendu compte que si nous avions loué un bâtiment de 20 000 p2, nous n’aurions pas réussi à faire l’usine (de phase 1). On s’est permis de petits extras parce que nous avions de l’espace, mais on réalise qu’en bas de cette superficie, ça n’aurait pas été une bonne décision.»