C’est en attendant les résultats du plan d’urgence mis en place par le CIUSSS-MCQ pour soutenir son équipe que ces mesures devront être appliquées par les intervenants.

Des directives pour désengorger les centres

TROIS-RIVIÈRES — Alors que l’affichage «spécial» d’une dizaine de postes pour les services jeunesse doit être fait dans les prochains jours, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS-MCQ) s’est vu dans l’obligation de donner des directives particulières à ses intervenants en raison du manque de personnel.

Dans une note interne, la direction du CIUSS-MCQ demande à ses différents intervenants d’adopter des mesures particulières pour pallier le manque crucial de personnel faisant rage en ce moment. «Il sera plus qu’important de nous aider en vous assurant que toutes les personnes autorisées s’assurent que tous les dossiers d’hébergement qui doivent être fermés soient agis en priorité. De plus, si dans vos charges de cas des jeunes sont sur le point de quitter une famille d’accueil, il sera important d’accélérer au maximum cette réalité sans compromettre la réinsertion. Le tout dans le respect de la loi bien sûr», écrit la direction à toute son équipe avant de souligner qu’elle s’excuse de devoir lui imposer cette pression.

Le CIUSSS aurait également interpellé des familles d’accueil de type banque mixte, qui ont pour objectif d’adopter des enfants, afin de voir si certaines d’entre elles étaient d’accord de donner un coup de pouce aux centres d’hébergement en accueillant temporairement des jeunes. De multiples déplacements seraient donc à prévoir pour ceux et celles qui profiteraient de cette aide offerte par les candidats banque mixte.

La direction du CIUSSS-MCQ assure que toutes les actions qui sont prises le sont pour leur permettre de répondre aux besoins du plus grand nombre de jeunes. «Nous sommes conscients de l’augmentation marquée de la demande d’hébergement par rapport à la capacité de nos centres. Cependant, nos intervenants et toute notre équipe travaillent dans l’intérêt des enfants. Pour ce faire, nous n’avons pas le choix de traiter de façon prioritaire les dossiers qui sont terminés afin de libérer les places requises dans les centres d’hébergement. Ces mesures ne feront que permettre à plus de jeunes d’avoir recours à nos services», précise l’agente d’information au CIUSSS-MCQ, Julie Michaud.

Pour des intervenants contactés par Le Nouvelliste, se faire donner de telles directives représente un poids supplémentaire faisant pression sur leurs épaules. Ils sont d’avis que cette volonté de placer moins de jeunes et d’en accueillir encore plus dans les familles en raison du manque de personnel ne pénalise que les jeunes, qui devraient être ceux qui profitent le plus des services offerts. Devoir trancher constamment entre les demandes administratives et les besoins cliniques des enfants serait également déplorable pour eux. Advenant le cas où le CIUSSS-MCQ ne pourrait plus répondre à la demande en raison d’une capacité trop restreinte au sein de ses différents centres d’hébergement jeunesse, le droit des jeunes d’avoir recours à plusieurs services de la part des DPJ pourrait être bafoué.

En contrepartie, la volonté de l’employeur de régler les différents problèmes est saluée par les employés qui gardent espoir en constatant cette ouverture d’esprit de la part des autorités gouvernementales. Ils se disent conscients des efforts qui sont déployés, mais le doute est toujours présent parmi eux puisqu’ils ne savent pas si les postes seront comblés et si tous les problèmes seront réglés par cet ajout de main-d’oeuvre.

Rappelons qu’un octroi de 47 M$ a été annoncé par le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, pour l’embauche de nouveaux intervenants à la protection de la jeunesse. Le CIUSSS-MCQ devrait procéder à un affichage des postes disponibles au cours des prochains jours.