Des étudiants peuvent suivre leurs cours à distance... au Cégep de Trois-Rivières.
Des étudiants peuvent suivre leurs cours à distance... au Cégep de Trois-Rivières.

Des cours à distance suivis... au Cégep

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Des étudiants du Cégep de Trois-Rivières et du Cégep de Shawinigan suivent des cours à distance, alors qu’ils sont bien installés... dans un local de leur école.

L’horaire des cours au niveau collégial laisse souvent peu de temps aux étudiants pour changer de cours et de local. En cette année de pandémie, des cours sont offerts à distance, alors que d’autres cours se passent en présence physique des élèves et du professeur. Sauf que si un étudiant a un cours en présentiel qui se termine 10 minutes avant le début d’un cours offert de façon virtuelle, il doit se transformer en sprinter olympique pour réussir à atteindre son domicile à temps et se connecter, une situation qui apparaît un brin illogique.

Des étudiants ont demandé à la direction du collège trifluvien d’avoir accès à des locaux, car le fait de devoir suivre un cours à distance quand on est plusieurs colocataires dans le même logement n’offre pas l’environnement idéal, raconte Isabelle Bourque, coordonnatrice des communications.

«On le fait dans le but d’accommoder les étudiants. On a mis à la disposition des étudiants des locaux qui respectent le protocole sanitaire. Je peux comprendre que des gens trouvent ça curieux. Mais des étudiants en ont fait la demande et le service est utilisé jusqu’à maintenant», commente Mme Bourque.

Les locaux attribués à la tenue d’un cours maintenant suivi à distance sont offerts aux étudiants pour s’y installer. Ceux-ci peuvent aussi suivre leurs cours à partir de la cafétéria, de la bibliothèque ou des laboratoires informatiques.

Le but de suivre des cours à distance est de réduire le nombre d’étudiants dans une même pièce afin de diminuer le risque de propagation du coronavirus. Il peut paraître paradoxal de permettre à ces mêmes étudiants d’entrer dans le cégep pour suivre virtuellement un cours qui peut être donné à quelques locaux de distance.

«Il y a moins d’étudiants dans le cégep, précise Mme Bourque. Si, dans une classe, on a habituellement 30 élèves, et que cinq viennent au cégep, c’est 25 personnes de moins.»

Jean Fournier convient que la situation est pour le moins particulière. Le président du Syndicat des professeurs du Cégep de Trois-Rivières n’accuse personne dans cette histoire, mais croit que la situation actuelle devra servir de guide lorsque viendra le temps d’établir le mode de fonctionnement pour la session d’hiver.

«On était au courant de cette mesure. Ce qui est clair, c’est ce que c’est un peu curieux, que c’est préoccupant. On est dans une situation surréaliste. Des écueils, on va en rencontrer comme au printemps dernier. On a moins d’écueils techniques, on peut faire du présentiel, mais ça va ouvrir à d’autres problématiques. Il faut tirer des leçons collectivement en regard du prochain horaire pour l’hiver. On sera peut-être encore en contexte de COVID. Le problème devra être pris en compte, car au final, ce qui est important, c’est qu’on forme des hommes et des femmes et il faut le faire dans les meilleures conditions», avance M. Fournier, en rappelant que le changement de pavillon entre deux cours représente souvent un défi si un étudiant veut respecter son horaire à la lettre.

À Shawinigan, la direction était confrontée à une réalité particulière pour une vingtaine de ses 1000 élèves: ceux-ci n’ont pas accès à une bande passante suffisante pour suivre des cours à distance. La direction prend aussi en considération le fait que des étudiants ont parfois peu de temps entre un cours en présentiel et un cours virtuel. C’est la raison pour laquelle quelques locaux sont réservés aux étudiants qui veulent s’y installer pour suivre leurs cours à distance.

«La situation peut apparaître bizarre, reconnaît Éric Milette, le directeur général du Cégep de Shawinigan. On a confectionné les horaires pendant l’été pour que les laboratoires soient offerts en présence et que les cours théoriques soient à distance. On a reçu une consigne du ministère de l’Enseignement supérieur selon laquelle on doit favoriser la présence sur les campus. Ça paraît un peu étrange de suivre, au cégep, un cours à distance. Mais on a bonifié l’enseignement en présence et on ne pouvait pas mettre 100 % de nos cours en présence, ce qui explique la situation.»

Selon Isabelle Bourque, il est difficile de connaître le nombre exact d’étudiants se prévalant de ce service, étant donné que la session a commencé mercredi. Elle précise que la mesure va être maintenue lors de la session d’hiver si des cours continuent d’être offerts à distance et si ladite mesure répond aux besoins des étudiants.

Un bilan de ce service sera offert cet automne, selon Éric Milette. L’évolution de la situation de la pandémie dictera le retour ou non de ce service pour la session d’hiver au Cégep de Shawinigan.