Normand Trahan est le propriétaire du Zoo de Saint-Édouard.

Des corrections d’ici novembre 2020 au Zoo de Saint-Édouard

TROIS-RIVIÈRES — S’il est vrai que Normand Trahan profite d’un délai de deux ans pour se conformer à certains aspects de la nouvelle réglementation en matière de garde d’animaux en captivité, le propriétaire du Zoo de Saint-Édouard devait respecter sur-le-champ les exigences reliées à l’alimentation des animaux, à leurs soins de santé et à l’entretien des installations de garde soumises l’automne dernier.

Lorsqu’il a plaidé la nécessité de débattre rapidement des requêtes en restitution de biens déposées par son client, Me Michel Lebrun a fait état au juge Rosaire Larouche de ce délai accordé par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Ce délai est associé aux travaux à faire pour modifier la dimension des cages et des enclos et au respect des conditions propres aux installations de garde des animaux à risque élevé, comme le stipule une lettre datée du 6 novembre 2018 envoyée par la Faune au propriétaire du Zoo de Saint-Édouard. Cette lettre contient des recommandations émises par le gouvernement à la suite d’une visite du zoo effectuée le 11 septembre 2018.

La Faune a aussi ses exigences à propos des soins à apporter aux animaux et celles-ci devaient être respectées dès la réception de la lettre datée du 6 novembre 2018. Le propriétaire du Zoo de Saint-Édouard devait se conformer immédiatement au règlement qui stipule que tout animal doit recevoir les soins de santé requis. Selon le ministère, plusieurs lacunes ont été constatées «relativement au manque de suivi vétérinaire pour des animaux qui présentaient des signes évidents de problèmes de santé chronique». Voilà pourquoi M. Trahan devait profiter de sa demande de renouvellement de permis pour déposer, au plus tard le 1er mars 2019, une copie d’un contrat de service d’un médecin vétérinaire.

À propos de l’alimentation, le document de la Faune mentionne que l’eau devrait être servie dans des bols, des auges ou des buvettes régulièrement entretenus et capables de résister à la corrosion, «ce qui n’était pas le cas dans plusieurs enclos visités», écrit le gouvernement. Le règlement précise que chaque animal doit manger une nourriture convenant à son espèce, tant en qualité qu’en quantité. Lors de la visite de la Faune, les spécialistes ont noté que la nourriture fournie aux léopards semblait insuffisante pour combler les besoins en nutriments. Cette question devait être réglée dès la réception de la lettre par M. Trahan.

La Faune demandait aussi d’agir sans délai pour maintenir les installations de garde des animaux dans un bon état de salubrité. L’objectif est notamment d’éviter l’accumulation de restes de nourriture, d’excréments et d’urine en grande quantité.

Animaux à risque

Le délai accordé par la Faune pour le respect des conditions propres aux mammifères à risque élevé est de deux ans. Dans le cas du Zoo de Saint-Édouard, celui-ci doit entre autres s’assurer de verrouiller en tout temps les portes d’accès aux enclos des carnivores, ajouter des cages de transfert ou des enclos de transfert au nouvel enclos devant recevoir les loups et réparer ou modifier le mécanisme de fermeture des cages de transfert pour les ours et le cougar.

Le propriétaire du Zoo de Saint-Édouard avait indiqué il y a quelques semaines au Nouvelliste avoir investi près de 100 000 $ afin notamment d’agrandir les enclos. Les travaux avaient semble-t-il été entrepris, mais interrompus par la perquisition de la SPCA de Montréal du 21 mai.

Le juge Rosaire Larouche annoncera mercredi s’il accepte la demande de la poursuite de surseoir aux requêtes en restitution de biens de la défense.