Trois-Rivières Centre et certains commerçants émettent quelques réserves au sujet de l’augmentation du nombre d’heures d’application des parcomètres du centre-ville.

Des commerçants se disent préoccupés

TROIS-RIVIÈRES — Le scénario étudié par le conseil municipal de Trois-Rivières qui consiste à augmenter les heures d’application et les tarifs des parcomètres du centre-ville soulèvent de l’inquiétude chez des commerçants. Une rencontre spéciale des membres du conseil d’administration de Trois-Rivières Centre a d’ailleurs eu lieu mardi.

L’organisme qui représente les commerces et entreprises du centre-ville, anciennement la Société de développement commercial du centre-ville, n’est pas d’emblée opposé à ce scénario étudié dans le cadre des travaux entourant le budget 2019 de la Ville de Trois-Rivières.

«Nous ne sommes pas contre la hausse des tarifs des parcomètres. Tout augmente dans la vie», lance le président de Trois-Rivières Centre, Patrick Dupuis. «Augmenter ça à 2 $ de l’heure, ça ne changera pas grand-chose pour la population.»

Rappelons que le conseil municipal étudie la possibilité d’augmenter les tarifs des parcomètres et des horodateurs de 1,50 $ de l’heure à 2 $ de l’heure sur la rue et de 2 $ à 2,50 de l’heure au stationnement étagé Badeaux. Les vignettes mensuelles et le tarif journalier seraient aussi majorés. De plus, les heures d’application des horodateurs et des parcomètres seraient élargies. Cela signifie qu’ils seraient en fonction les jeudis et vendredis jusqu’à 21h ainsi que le samedi toute la journée également jusqu’à 21h. Ces modifications seraient applicables huit mois par année durant la haute saison.

Le président de Trois-Rivières Centre, qui est également le propriétaire du salon de coiffure La Boîte à coupe, émet toutefois des réserves quant à l’imposition de tarifs de parcomètres les jeudis et vendredis soirs ainsi que le samedi. «Ce n’est forcément pas la meilleure solution, ni l’unique solution. Il y en a d’autres solutions», affirme-t-il. «Il faut désengorger les espaces de stationnements utilisés par les employés des commerces. C’est ça le problème.»

Des incitatifs financiers pourraient être mis en place pour libérer des places de stationnement sur la rue, estime Patrick Dupuis. Le président de Trois-Rivières Centre croit que des vignettes pour le stationnement Badeaux pourraient être vendues à prix réduit aux travailleurs du centre-ville pour qu’ils puissent éviter d’utiliser les places dans les rues.

«Le conseil municipal doit entamer une discussion à ce sujet», mentionne Patrick Dupuis.

La totalité du conseil d’administration de Trois-Rivières Centre doit se réunir prochainement afin d’approfondir cette question. De plus, l’organisme qui représente les entreprises du centre-ville souhaite rencontrer les élus du conseil municipal ainsi que les responsables d’Innovation et développement Trois-Rivières pour discuter du stationnement au centre-ville.

Des commerçants préoccupés

Le scénario envisagé par le conseil municipal ne passerait visiblement pas comme une lettre à la poste. Le propriétaire du restaurant Le Moose, Michel Pellerin, estime que les consommateurs vont difficilement accepter une hausse des tarifs. «Les gens ne veulent pas payer 5 $ ou 10 $ pour aller manger deux heures», croit-il. «Nous ne sommes pas à Montréal. Quand les gens viennent dîner pour 12 $, je ne suis pas convaincu qu’ils veulent payer 10 $ de stationnement. Et autour de la rue des Forges, il n’y a pas de stationnements gratuits.»

Même son de cloche du côté du salon Propagande coiffure située sur la rue Royale. La possible augmentation des tarifs et des heures d’application des parcomètres étaient sur toutes les lèvres mardi. «Tous les clients nous ont parlé de ça», assure Sabrina Cayer, la propriétaire de commerce.

«On charge pour un service dans notre commerce. Le stationnement s’ajoute au prix que les clients ont déjà à payer. Et les clientes peuvent passer trois ou quatre heures ici. Il n’est pas rare que certaines aient des contraventions.»

L’absence de tarification les jeudis et vendredis soirs ainsi que le samedi devrait demeurer, croit Mme Cayer. «Ce n’est déjà pas facile avoir un commerce au centre-ville. Au moins, on a la paix des parcomètres les jeudis et vendredis soirs de même que le samedi», ajoute la commerçante.