Une pancarte qui interdit le camping a été ajoutée par la Municipalité.

Des citoyens en colère à La Tuque

La Tuque — Les citoyens du secteur Carignan et du secteur La Croche sont en colère, d’un côté on a demandé à la Ville de conserver un parc et une patinoire, de l’autre on critique la fermeture du camping. Ils se sont déplacés nombreux lors de la dernière assemblée du Conseil municipal pour se faire entendre.

«Oui, il y aura des parcs qui seront fermés, il y en a qui seront relocalisés, il y en a qui seront bonifiés. […] Je n’ai pas de réponse à donner ce soir. Sensibilisez votre représentante, démontrez-nous qu’il y a de l’achalandage et on verra. On espère être capable de prendre une décision qui sera favorable», a lancé le maire Pierre-David Tremblay en assemblée du conseil, mardi soir.

«On analyse le dossier, alors que vous soyez 15 ou 250 ici, la décision n’est pas prise. Qu’est-ce que je peux dire de plus ? […] Je ne peux pas vous dire que vous allez avoir une patinoire à l’automne, on n’a pas pris de décision. Laissez le conseil prendre des décisions», a-t-il ajouté.

Les modules de jeux du parc ont dû être retirés dans le secteur Carignan, qui se trouve à plus d’une dizaine de kilomètres du centre-ville de La Tuque, en raison de la vente d’un bâtiment.

«On avait demandé d’avoir une réunion avant une décision. J’arrive avec mes enfants au parc et il n’y a plus rien. Vous avez tout enlevé hypocritement. Ça fait mal au cœur et ça me coupe la confiance envers vous. Je suis très déçue», a lancé une citoyenne qui affirme fréquenter le parc régulièrement.

Le maire a répliqué qu’il n’y avait pas «de coup bas ou d’hypocrisie», que la vente avait été faite correctement.

«On a vendu le terrain et on devait déplacer les modules qui étaient là. Reconstruire un parc à l’heure actuelle, ça coûte 40 000 $. Vous avez vu la marge monétaire que j’ai, des miracles, je n’en fais pas», affirme le maire.

«Je ne me lève pas le matin pour crosser du monde. Je travaille fort, je suis pour la population, pour les citoyens, pour les enfants», a-t-il souligné.

Il faut savoir que le conseil de ville a demandé aux fonctionnaires de faire une étude sur l’utilisation des parcs dans un objectif de centralisation qui permettra «de faire des économies».

«Ils nous ont fait une présentation et le projet qu’ils nous ont amené a été refusé à l’unanimité par les membres du conseil parce que le travail était inadéquat. On a demandé à ces gens-là de refaire une étude», a indiqué Roger Mantha.

«On est conscient que ça dérange, qu’il y a des heureux et des malheureux. […] Il va falloir réduire les parcs et ça va se traduire par des espaces verts», a ajouté le maire.

Line Côté, une citoyenne qui fréquentait le parc régulièrement avec ses enfants, veut un parc dans le secteur Carignan. La citoyenne est en colère que les modules aient été retirés à cet endroit.

Ce dernier a également demandé aux gens de s’adresser à leur conseillère municipale pour se faire entendre.

«Vous avez une représentante, assurez-vous qu’elle possède bien le dossier, qu’elle va faire le tour et enfin on va être capable de savoir qui utilise ça», a-t-il lancé.

La conseillère municipale, Manon Côté, n’était pas présente lors de l’assemblée publique. En entrevue avec Le Nouvelliste, elle a affirmé qu’on avait déjà regardé certaines solutions.

«Ce n’est pas si facile que ça. Actuellement, l’équipe des parcs travaille là-dessus et quand il y aura des solutions, on les présentera aux citoyens», souligne-t-elle.

Camping de La Croche

La fermeture du camping du secteur de La Croche a également soulevé la colère de citoyens dans la salle.

«Les gens allaient là avec une tente, et ça n’a jamais dérangé. Ç’a toujours été comme ça», a lancé une citoyenne.

La Ville assure que l’accès à la plage et aux sentiers va rester, mais demeure catégorique sur la question du camping: c’est non.

«Ce qu’on ne veut pas, c’est de repartir le camping en tant que tel ou d’avoir des gens qui vont squatter l’endroit. Ça doit rester propre parce qu’on en fait un espace vert. L’accès à la plage est permis et gratuit. […] À l’heure actuelle, le camping est interdit tout simplement. Il y a peut-être des tolérances qui se sont faites, mais à notre niveau, il n’y en aura pas. On a été clair. Les gens ne sont pas autorisés à faire du camping. C’est une décision du conseil. C’est la réglementation et il faut la respecter», a indiqué le maire.

Ce dernier a insisté sur le fait que c’était un règlement et qu’il fallait le respecter. Pour sa part , la conseillère municipale du district n’était pas tout à fait en accord avec le conseil municipal quant à la décision de fermer le camping.

«J’aurais aimé qu’on le garde ouvert encore un petit bout en attendant de trouver un promoteur, mais on y va avec la famille. […] C’est beau de dire qu’il est fermé, mais est-ce que quelqu’un veut l’opérer? Les citoyens avaient déjà été consultés. Ils savaient que si les promoteurs abandonnaient le projet, le camping allait être abandonné», insiste Manon Côté.

«C’est une chose de sensibiliser la ville, mais les citoyens sont prêts à faire quoi pour dynamiser leur secteur?», ajoute-t-elle.

La conseillère municipale assure qu’il va y avoir des consultations. Une rencontre a déjà eu lieu avec des citoyens pour le rang des Hamelin, et on promet une consultation citoyenne dans les prochaines semaines dans le secteur Carignan.