Nicole Garceau est l’instigatrice de la pétition qui sera déposée à l’Assemblée nationale du Québec.

Des citoyens de Saint-Élie-de-Caxton demandent l'intervention des Affaires municipales

SAINT-ÉLIE-DE-CAXTON — «On demande de protéger notre Saint-Élie. On est un groupe de citoyens qui avons à cœur Saint-Élie. Depuis deux ans, avec tous les ratés de la Municipalité et du maire, les articles dans les journaux, on veut protéger notre coin et on ne veut pas juste être des figurants.»

Des citoyens de Saint-Élie-de-Caxton, comme Nicole Garceau, se disent préoccupés par la situation vécue à Saint-Élie-de-Caxton depuis plusieurs mois. Voilà pourquoi ils viennent de lancer une pétition demandant l’intervention de la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest. Ces citoyens soutiennent que le travail du maire, Robert Gauthier, doit être supervisé pour le reste de son mandat «s’il ne peut être relevé de ses fonctions».

Selon le libellé de la pétition mise en ligne lundi sur le site de l’Assemblée nationale du Québec, le capital humain est la richesse de Saint-Élie et «celui-ci est malmené depuis l’entrée en poste du maire actuel, comme en témoignent la démission de deux conseillers et de quatre employés municipaux, l’absence prolongée de sept de ceux-ci pour épuisement professionnel, soit près de la moitié des effectifs, et le désengagement de nombreux bénévoles».

La pétition mentionne que l’intervention des Affaires municipales est nécessaire, car «il en va de la bonne conduite des affaires publiques et de la sauvegarde des perspectives de développement de toute une communauté».

Selon Mme Garceau, de nombreux citoyens de Saint-Élie s’opposent au style de gestion de Robert Gauthier.

«On regarde la dégringolade des services. L’an passé en novembre, on était aux prises avec une tempête de verglas. Il n’a pas sorti le plan d’urgence. Le déneigement durant l’hiver passé, on se pensait dans un village reculé! Le maire ne tient pas compte des gens, de ce qu’on lui apporte. Il a une gestion unilatérale, il ne fait qu’à sa tête. Aux assemblées du conseil et dans les journaux, il a réponse à tout, il est parfait et selon lui, sa cote de gestion est excellente. M. Gauthier fait des comités consultatifs, mais il va chercher ce qu’il veut et ce qui lui donne raison. On n’accepte pas qu’une personne arrive en place et qu’il fasse à sa tête. Il y a des lois au-dessus des municipalités, on demande la supervision du ministère», lance Mme Garceau, en affirmant que plusieurs personnes constatent «une détresse de façon généralisée».

Ce style de gestion a aussi un effet démobilisateur sur l’engagement citoyen, soutient la porte-parole de ces citoyens. 

«Le marché public avait une quarantaine de bénévoles qui travaillent pour monter les chapiteaux. Ces gens réservaient 15 dimanches de leur été, il y avait plus de 1000 visiteurs par jour. Et là, il est question de sa survie. Ça n’a pas de bon sens. Les décisions au conseil se prennent derrière des portes fermées. On dirait qu’il n’y a pas beaucoup d’approches possibles auprès de ces gens-là.»

Membre de Développement Saint-Élie-de-Caxton, Nicole Garceau affirme n’entretenir aucune ambition politique. Elle souhaite seulement que Saint-Élie continue de se développer dans l’harmonie.

«En 2000, il restait à peu près 50 enfants à l’école et elle était menacée de fermer, l’église était pratiquement vide, le presbytère était ouvert une demi-journée par semaine, la salle des pèlerins, si belle aujourd’hui, était en dormance, on allait sur la montagne du calvaire et on ne rencontrait personne. Quand on se souvient ce qu’était Saint-Élie en 2000, on ne veut pas retourner là, c’est clair.»

Robert Gauthier, maire de Saint-Élie-de-Caxton.

Pas question de démissionner

Le Nouvelliste a contacté Robert Gauthier pour obtenir sa réaction à cette démarche. Le maire de Saint-Élie ne semble nullement ébranlé par cette nouvelle fronde à son égard.

«Je n’ai pas l’intention de démissionner. On est en mode positif et je suis fier de tout ce qu’on a fait.»

L’adoption d’une politique culturelle, la rénovation du garage de la culture et le réaménagement de la bibliothèque sont parmi les projets réalisés au cours de la première moitié de ce premier mandat marqué par un gel des taxes municipales et le maintien des salaires des élus. Comme il l’a déjà déclaré dans le passé, Robert Gauthier soutient qu’il a cessé de faire de la politique dès son élection à la mairie de Saint-Élie, le 5 novembre 2017.

«Je me suis mis au service de l’ensemble des citoyens et citoyennes de Saint-Élie-de-Caxton en tout respect de leur choix démocratique. Depuis, j’ai travaillé ardemment avec les autres membres du conseil municipal et le personnel de la Municipalité, en toute transparence», écrit M. Gauthier dans un courriel acheminé au Nouvelliste, en soulignant que les décisions du conseil sont publiques et transmises chaque mois par une infolettre créée par le conseil actuel.

Concernant les ressources humaines, il répète que les décisions prises en la matière «s’inscrivent dans les recommandations du rapport de la firme Concordia sur le climat de travail».

La date limite pour signer la pétition en ligne a été fixée au 20 octobre.