Un projet de changement de zonage sur le site d’Horizon Environnement à Grandes-Piles amène quelques interrogations de la part des citoyens du secteur.
Un projet de changement de zonage sur le site d’Horizon Environnement à Grandes-Piles amène quelques interrogations de la part des citoyens du secteur.

Des citoyens de Grandes-Piles craignent l’implantation d’un héliport

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
GRANDES-PILES — Des citoyens de Grandes-Piles se mobilisent actuellement afin de s’opposer à un projet de changement de zonage qui pourrait permettre l’implantation d’un héliport sur le site de l’entreprise Horizon Environnement. Craignant notamment pour la quiétude du secteur, ces citoyens déplorent ne pas avoir été consultés concernant ce changement, ce que nuance la Municipalité qui, par ailleurs, confirme qu’aucun projet d’héliport n’est sur la table à l’heure actuelle.

On sait que le site d’Horizon Environnement arrivera à la fin de sa vie utile dans les prochains jours. Devant l’ouverture de l’entreprise à louer ou vendre ce terrain si quelqu’un devait se montrer intéressé à y développer un projet, la Municipalité de Grandes-Piles a récemment procédé à des démarches pour changer les usages d’une partie de ce terrain, lui donnant les usages «commercial et de services», «entreposage et services d’entreposage» de même qu’«utilité publique». C’est cet usage précis qui pourrait permettre l’aménagement d’un héliport.

Or, le changement de zonage ayant été intégré dans un règlement global, qui englobait d’autres changements, le processus a été rejeté par la MRC, qui a demandé à ce que le processus soit repris depuis le début, en scindant les différents règlements. Le changement, qui avait fait l’objet d’une consultation publique le 16 décembre et réputé approuvé, devait donc être repris de zéro.

C’est lors du dépôt du premier avis de motion pour ce nouveau processus, le 3 février dernier, que des citoyens ont commencé à questionner la Municipalité. Pour Michel Paquin, il est clair que la Municipalité n’a pas été transparente et a tenté de faire ce changement de zonage à l’insu des citoyens. Ce dernier s’inquiète du coup de voir un héliport être aménagé à environ 1,5 kilomètre du secteur résidentiel où il demeure.

«On ne veut pas d’un héliport près de chez nous et c’est inadmissible de voir comment les choses ont été faites. Il a fallu que la MRC refuse le règlement pour qu’on réalise ce qu’il contenait», déplore le citoyen, qui fait actuellement circuler une pétition afin de s’opposer à ce changement de zonage. À ce jour, une vingtaine de citoyens de son quartier y ont apposé leur signature.

Michel Paquin, qui est également membre du Comité consultatif d’urbanisme de la municipalité, s’inquiète d’autant plus lorsqu’il considère les problèmes qui ont été vécus par les citoyens du secteur Lac-à-la-Tortue en raison des hydravions, et ne souhaite pas que de pareilles problématiques surviennent dans son secteur.

À la Municipalité, on indique avoir été transparent tout au long du processus et que le changement de zonage est planifié dans une optique de pouvoir développer des projets sur ce terrain, mais pas forcément un héliport.

«Il n’y a aucun projet d’héliport sur la table à l’heure actuelle. Par le passé, nous avons des citoyens riverains de la rivière Saint-Maurice qui nous ont demandé si c’était possible d’accéder au secteur par hélicoptère. C’est pour cette raison que nous avons pensé ajouter un usage de la sorte, parmi tous les autres usages. Mais il n’y a ni projet ni promoteur présentement», explique le directeur général Pierre Beauséjour.

«S’il n’y a pas de projet d’héliport, alors pourquoi effectuer ce changement de zonage? C’est complètement illogique», considère Michel Paquin.

Pierre Beauséjour précise que la Municipalité a toujours été transparente, étant donné que le premier projet, qui a non seulement été déposé en avis de motion, a fait l’objet d’un premier et d’un second projet de règlement et a même été présenté en consultation publique le 16 décembre dernier, avant de devoir reprendre à zéro pour des raisons administratives. Il souligne par ailleurs que ce nouveau projet de changement de zonage devra lui aussi faire l’objet d’une consultation publique avant de pouvoir entrer en vigueur.

Le conseil devrait revenir sur le sujet lors de la séance du conseil du mois de mars, au stade d’un premier projet de règlement. Il appartiendra alors aux élus de voir si, devant l’opposition de ces citoyens, ils souhaitent toujours aller de l’avant avec cette modification, note le directeur général.