Toujours l’âme d’un coureur

Sainte-Anne-de-la-Pérade — Même s’il a pris sa retraite de la compétition il y a quelques années déjà, Jacques Villeneuve demeure associé au monde de la motoneige. Ce passionné de course, de mécanique et d’hiver était l’invité d’honneur samedi de la 5e édition de la Randonnée du pêcheur de Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Plusieurs personnes sont allées à la rencontre de Jacques Villeneuve avec l’espoir d’obtenir un autographe et de discuter avec le vétéran du sport motorisé. Malgré sa retraite de la course en 2016, l’esprit de compétition est toujours bien présent chez lui. Pour lui, une motoneige c’est pour faire de la course, pas pour se promener doucement et admirer le paysage. «Je ne suis pas tellement un touriste, je suis un coureur», lance-t-il avec le sourire lors d’une courte entrevue. «Je pensais bien en faire jusqu’à 85 ans de la course. Je ne voyais pas de raison pourquoi j’arrêterais d’en faire.»

Qu’est-ce qui a fait que Jacques Villeneuve a finalement accepté de prendre sa retraite de la compétition? Le principal intéressé, qui s’est fracturé des os à plusieurs reprises, avoue qu’il a commencé à réaliser qu’il y avait un risque à la compétition.

«J’ai été chanceux à ce jour, j’ai des amis qui sont morts ou paralysés. Et là, si j’ai un bon accident et que je paralyse, je deviens un problème pour mon épouse qui s’occupe de moi pour le restant de mes jours», précise le frère du défunt Gilles Villeneuve.

«La crainte s’installe et tu n’es plus capable de courir de la même manière. Tu as à combattre ta motoneige, les autres compétiteurs et la crainte en toi.»

On peut sortir un fier compétiteur comme Jacques Villeneuve de la course, mais il est impossible de le sortir entièrement de ce milieu qu’il aime tant. Il confie aimer assister à des courses et faire de la mécanique, mais il précise qu’il n’a plus envie comme autrefois de mettre son casque et de sauter dans l’arène.

Jacques Villeneuve mène depuis 2015 un des plus importants combats de sa vie. Atteint d’un cancer de l’intestin, il affirme toutefois que sa santé s’améliore et que les dernières nouvelles des médecins sont encourageantes.

«Le cancer attend son tour. Chaque fois qu’on le vérifie, il diminue», soutient M. Villeneuve qui doit subir un scanneur dans quelques semaines pour voir l’évolution de son cancer.

Une centaine de motoneiges d’une autre époque
Il n’y avait donc pas que des pêcheurs de petits poissons des chenaux sur la rivière Sainte-Anne samedi. Une centaine de motoneigistes amateurs d’anciennes motoneiges s’y étaient donné rendez-vous pour terminer leur randonnée comme dans «le bon vieux temps».

Les amateurs ont pu voir des vieux modèles de Bombardier, de Sno Jet ou de fabricants aujourd’hui disparus. Plusieurs personnes, cannettes de Laurentide à la main comme à l’époque, poussaient même l’expérience encore plus loin en portant des habits de motoneiges et des casques directement sortis des années 70.

Parmi les participants à cette randonnée, il y avait Pierre Pellerin de Yamachiche. Ce passionné et expert de motoneiges anciennes possède près de 130 modèles construits entre 1927 et 1972.

Samedi, il a fait tourner bien des têtes avec son modèle de motoneige Hus Ski de 1966, une ancienne compagnie montréalaise achetée par l’Américaine Bolens. On est loin de la forme actuelle de motoneige. Le véhicule est composé d’un moteur muni de deux chenilles parallèles ainsi que d’un traîneau fixé comme une remorque sur le moteur qui fait office de banc. Les concepteurs de cet engin n’avaient pas du tout en tête le confort de l’utilisateur.

«Ça sort de l’ordinaire. Mais disons que tu es à l’arrière de la gang dans une randonnée», explique M. Pellerin. «Il ne faut pas être pressé. Il n’y a pas de suspension. Et tu dois faire attention à tes genoux en montant une côte, parce que le guidon peut faire mal.»

En route vers une saison exceptionnelle
Avec un début de saison sur les chapeaux de roues, les pourvoyeurs de Sainte-Anne-de-la-Pérade connaissent un très bel hiver. Les clients sont nombreux à se rendre sur la rivière glacée et les carnets de réservations se remplissent à un très bon rythme.

Samedi, près de 5000 personnes se trouvaient sur la rivière. Les quelque 500 chalets étaient bondés de visiteurs. «Ça va super bien», résume Steve Massicotte, le président de l’Association des pourvoyeurs de pêche aux petits poissons des chenaux.

Les clients étaient si nombreux ce week-end à se présenter à Sainte-Anne que des pourvoyeurs ont dû en refuser. D’ailleurs, certains d’entre eux ont déjà rempli le calendrier de réservation pour les prochaines semaines.

«On invite les gens à réserver, tellement les réservations vont bien», précise le président de l’Association des pourvoyeurs.

Il y a encore beaucoup d’action à prévoir dans les prochaines semaines à Sainte-Anne-de-la-Pérade avec le début le 27 janvier du Festival de la pêche aux petits poissons des chenaux. «Les gens peuvent venir durant le festival pour simplement marcher sur la rivière et profiter des activités», ajoute Steve Massicotte.