La mairesse de Sainte-Anne-de-la-Pérade, Diane Aubut.

Quatre citoyens mis en demeure à Sainte-Anne-de-la-Pérade

Dans la foulée de la levée de boucliers visant à dénoncer la plus récente hausse de taxes, quatre citoyens ont récemment reçu des mises en demeure de la part de la Municipalité de Sainte-Anne-de-la-Pérade, les invitant à cesser de «colporter de fausses histoires» sur la place publique.
Depuis la réception des nouveaux comptes de taxes, un mouvement de contestation s'est déployé dans cette municipalité de la MRC des Chenaux. Ainsi, les séances du conseil municipal ont été bouleversées à quelques occasions - notamment lundi soir - par les opposants qui, à certaines occasions, ont dépassé les bornes aux yeux des élus en déclarant «des choses qui ne sont pas vraies».
C'est pour cette raison que la mairesse Diane Aubut et ses collègues du conseil municipal ont décidé d'entreprendre des moyens légaux pour que les citoyens visés fassent preuve de davantage de discernement dans leurs interventions publiques.
«On ne peut pas accepter ça. Quand on colporte ce type de rumeurs, ça amène un vent de suspicion malsain. Ça vient entacher la réputation de la Municipalité et des membres du conseil et ça laisse présumer qu'on n'a pas fait une bonne administration, ce qui n'est pas le cas», indique la mairesse.
Parmi les propos qui sont reprochés, on note cette allusion au fait que l'Unité permanente anticorruption (UPAC) serait venue enquêter à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Aussi, un autre citoyen a évoqué que le conseil municipal s'apprêtait à offrir un cadeau à l'ex-députée Noëlla Champagne.
De plus, lors d'une entrevue à la radio, un citoyen a comparé Mme Aubut à l'ex-lieutenante-gouverneure du Québec Lise Thibault qui subit présentement un procès pour fraude, abus de confiance et utilisation de faux documents. Enfin, sur le réseau social Facebook, quelqu'un a insinué que la mairesse «s'en mettait plein les poches» au conseil municipal.
Dans chaque cas, la mairesse martèle que ces insinuations sont complètement erronées. «Avant de faire un drame avec des informations qu'ils reçoivent, on les invite à venir nous parler personnellement et on va leur répondre», souligne Mme Aubut, qui a bien hâte de retrouver la sérénité au coeur de sa municipalité.
De son côté, le citoyen Yvan Rompré raconte avoir été plutôt surpris de trouver une lettre enregistrée à travers son courrier régulier. Néanmoins, il estime ne pas avoir exagéré en comparant la mairesse Aubut à l'ex-lieutenante-gouverneure. «Ce n'est pas si méchant, mais il semble qu'elle ait été très insultée par ça. Pensez-vous qu'on n'a pas été insultés, nous, quand on a reçu notre compte de taxes, augmenté de 22 %?», demande-t-il.
À l'intérieur de la mise en demeure, la Municipalité ne demande pas des excuses publiques aux citoyens mais elle souhaite plutôt que ces commérages cessent. En ce qui concerne les propos exprimés sur Facebook, ils ont depuis été retirés.
Malgré tout, Yvan Rompré rétorque que lui et ses concitoyens opposés à la hausse de taxes n'ont pas l'intention de baisser les bras, tant que la mairesse n'acceptera pas de réviser la nouvelle évaluation municipale qui entraîne une hausse de taxes moyenne de 22 %. En avril dernier, une pétition de 640 noms avait été déposée au conseil municipal. «On n'a pas confiance en elle. C'est notre droit de critiquer comme payeur de taxes. On ne lâche pas le morceau et on veut avoir des preuves concrètes que le compte de taxes va baisser à un taux raisonnable», mentionne-t-il.
La mairesse Aubut ajoute de son côté qu'il ne s'agit pas d'une façon de réduire au silence les citoyens mais plutôt une mesure visant à maintenir un niveau de respect dans les échanges. «On n'a jamais voulu les bâillonner et on ne les a jamais empêchés de s'exprimer publiquement. Par contre, on va se défendre quand ils portent des propos qui peuvent porter préjudice et nuire à la réputation de la Municipalité», note-t-elle.