Sonya Auclair, ex-mairesse de Batiscan.

L’ancienne mairesse et les élues répliquent

Batiscan — L’ancienne mairesse de Batiscan, Sonya Auclair, songe sérieusement à porter plainte au ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT) à la suite de la publication d’un rapport rédigé par le commissaire aux plaintes, Richard Villeneuve, au sujet de la gestion de certaines dépenses du conseil municipal sous son mandat.

Rappelons en résumé que le MAMOT reproche à certains élus de l’ancienne administration de Batiscan d’avoir fait des dépenses dans le cadre d’un congrès de la FQM en ignorant les maximums autorisés par le conseil par résolution.

Le commissaire reproche aussi à l’administration d’avoir remboursé des dépenses non autorisées par résolution au préalable, comme l’exige la loi. Le commissaire signale notamment des dépenses encourues et remboursées par la municipalité pour des repas par deux conseillères, Monique Drouin et Henriette Rivard Desbiens, après le congrès de la FQM.

Le commissaire invite d’ailleurs le conseil à «revoir cette pratique si elle est toujours en cours» de même qu’à récupérer ces montants auprès des deux conseillères.

Sonya Auclair rappelle que les réunions du conseil ne se font qu’une fois par mois et que s’il fallait faire une réunion spéciale avec les conseillers chaque fois qu’une dépense inattendue survient juste pour l’autoriser à l’avance par résolution, comme le veut la loi, il en coûterait une fortune aux citoyens.

L’ancienne mairesse indique qu’au moment de faire certaines dépenses, les conseillers s’échangeaient des courriels pour s’assurer que tout le monde était d’accord et les dépenses étaient entérinées par résolution lors de la réunion mensuelle suivante. «Nous avons les courriels pour le prouver», indique Mme Auclair.

C’est justement à ce sujet que l’ex-mairesse de Batiscan songe à porter plainte et à remettre en question ces lois qu’elle juge presque impossibles à suivre.

Le commissaire signale que certaines dépenses exercées par les conseillères Drouin et Rivard Desbiens «paraissent discutables.» Il cite l’exemple d’un remboursement de kilométrage aller-retour pour covoiturage, lors du même congrès de la FQM, alors que le chauffeur était seul dans le véhicule.

Les deux conseillères plaident, à leur défense, qu’elles ont sauvé à la municipalité des frais de stationnement quotidiens de 20 $ à 25 $ par jour en demandant au mari de l’une d’elles de venir les reconduire au Centre des congrès, à Québec, d’où le kilométrage demandé.

Pour ce qui est des repas, les conseillères répliquent qu’à «la fin des ateliers du vendredi, vers 17 h 30, nous avons demandé à mon mari de venir nous chercher et comme il y avait beaucoup de circulation, nous avions décidé de souper en chemin, mais en cours de route, nous avons opté plutôt de souper à Cap-de-la-Madeleine avec nos maris.»

Les deux conseillères assurent qu’elles ont fait attention aux dépenses. Elles ont par exemple déjeuné sans frais au salon des exposants au lieu d’aller au restaurant. Elles ont aussi couché dans la même chambre afin de réduire les frais d’hôtel.

D’ailleurs, l’ancienne mairesse Auclair reproche vivement au commissaire du MAMOT de ne pas avoir questionné les membres du conseil avant d’émettre son rapport.

Le commissaire précise que son analyse fait suite à des plaintes et s’appuie «sur l’article 2 de la Loi sur le traitement des élus municipaux.»

Même si les élues ont fait des efforts pour réaliser des économies pour leur municipalité, cet avertissement du MAMOT rappelle que les dépenses des élus sont soumises à des lois qu’il faut respecter.

«Je ne me représenterai pas aux prochaines élections», assure l’ancienne mairesse, exaspérée par des plaintes qu’elle juge non fondées.