Le village de Sainte-Anne-de-la-Pérade.

La mairesse de Sainte-Anne-de-la-Pérade veut un hôtel de ville

Il est temps pour Sainte-Anne-de-la-Pérade d'avoir un hôtel de ville digne de ce nom. C'est l'avis de la nouvelle mairesse Diane Aubut qui reprend ainsi au vol une idée lancée par son prédécesseur et qui a cheminé depuis.
<p>Diane Aubut, mairesse de Sainte-Anne-de-la-Pérade.</p>
Et pour cause. Pour recevoir Le Nouvelliste en entrevue, Mme Aubut, a choisi une salle de conférence du 2e étage du centre communautaire Charles-Henri-Lapointe, une ancienne école qui loge plusieurs organismes communautaires dont une garderie et une popote volante. C'est donc aux cris joyeux des enfants et d'une bonne odeur de soupe en préparation que s'est déroulé l'entretien.
C'est aussi dans la grande salle du rez-de-chaussée de l'immeuble que se rassemble le conseil municipal pour sa réunion mensuelle, le petit édifice municipal actuel ne se prêtant pas à cette activité publique. Les employés y sont si à l'étroit que la mairesse estime que leurs conditions de travail doivent être améliorées afin de conserver le moral des troupes.
«Nous allons bientôt recevoir des comptables, je ne sais même pas où on va les installer!», illustre-t-elle. Elle-même n'a pas vraiment de bureau, sinon un espace dans le centre communautaire. Un des principaux dossiers du conseil sera donc l'hôtel de ville. Déjà on s'est informé de la marche à suivre auprès du ministère, afin de pouvoir se qualifier pour une aide gouvernementale. Le site retenu sera vraisemblablement le terrain où se trouve l'actuel garage municipal. Les autres scénarios ont été abandonnés.
On pense que le nouvel immeuble pourra être adjacent au garage. Ce choix d'emplacement offre aussi l'avantage d'éviter d'acheter un terrain puisque la Municipalité est chez elle. Diane Aubut ne pouvait encore avancer de montant pour la réalisation du projet, mais prévient déjà que tout se fera dans la plus grande transparence.
D'ailleurs, s'il n'en tient qu'à elle, ce mot teintera tout son mandat. La nouvelle mairesse compte entamer sa première année à la tête de la Municipalité en revoyant tous les services municipaux. «Je veux aussi doter la Municipalité d'un plan directeur de quatre ans afin qu'on sache où nous nous en allons, La population sera consultée», promet-elle.
C'est que les Péradiens n'ont pas la langue dans leur poche. Les maires précédents ont pu s'en rendre compte à quelques reprises lors d'assemblées houleuses.
«Mais en même temps, Yvon Lafond, leur a fait réaliser bien des choses», se souvient celle qui fut conseillère municipale dans le dernier mandat.
Si le dernier budget adopté quelques semaines à peine après les élections municipales portait forcément l'empreinte de l'administration précédente, Diane Aubut entend maintenant prendre les rênes de sa municipalité en main. Pas de révolution en vue, (elle aime fonctionner en collégialité et en riant si possible) mais elle veut de l'efficacité.
Le programme de revitalisation du coeur commercial de Sainte-Anne-de-la-Pérade sera maintenu même si les commerçants se montrent frileux, et elle compte elle aussi s'attaquer à l'amélioration du carrefour à la sortie du pont, de biais avec l'église. Un endroit qu'on souhaite sécuriser une fois pour toutes. Le ministère des Transports vient d'ailleurs de donner son accord pour l'installation d'un feu de circulation. Elle maintiendra la vision de développement économique de l'administration précédente et conservera le nouvel agent de développement à qui elle a aussi confié la responsabilité du développement résidentiel de Sainte-Anne.
Si on a assisté en 2013 à un nombre record de mutations dans cette localité, les transactions immobilières ont surtout concerné les maisons anciennes de Sainte-Anne-de-la-Pérade. Des maisons toute neuves cherchent toujours preneur et les terrains d'un secteur que l'on souhaitait développer sont retournés à leur propriétaire, faute d'acheteurs.
La mairesse aimerait bien aussi pouvoir libérer des terrains le long de l'autoroute, pour y attirer des PME. «Créer de la richesse, on est rendus là si on ne veut pas toujours augmenter les taxes», souligne Mme Aubut, reprenant ainsi un discours très populaire chez les maires.
Toujours dans cette optique, la mairesse aimerait bien que le ministère des Transports accepte d'aménager une autre sortie d'autoroute en direction de Sainte-Anne-de-la-Pérade, à la hauteur de la Montée d'Enseigne, ce qui offrirait plusieurs possibilités de développement. «C'est faisable», soutient-elle, il y a déjà eu un chemin temporaire aménagé par le ministère à cet endroit.»
Enfin, il faut rappeler que la Municipalité célébrera en 2017 son 350e anniversaire de fondation. Ce n'est pas rien, surtout si on se souvient qu'au départ, Sainte-Anne-de-la-Pérade devait être ce qu'est Trois-Rivières aujourd'hui, la capitale de la Mauricie. Le village fut un chef-lieu important, autant au niveau administratif que religieux, ce qui explique l'importance de son église et le fait qu'on y retrouve de grandes maisons bourgeoises et une crypte pleine de gens importants sous son église.
«350 ans, c'est important comme anniversaire», souligne Mme Aubut. Un comité devrait être formé pour élaborer un calendrier des festivités. Un des projets qui font déjà l'objet de discussion est l'agrandissement du Manoir Madeleine-de-Verchères dont les plans sont déjà prêts. Mais d'ici là, le conseil devra songer à trouver un remplaçant à l'actuel directeur général de la municipalité qui doit prendre sa retraite en 2014.
En résumé, la mairesse confie qu'elle ne veut pas créer des attentes dans la population mais s'assurer qu'elle sera toujours bien informée des projets du conseil. «On va garder contact», promet-elle.