Diane Aubut, mairesse de Sainte-Anne-de-la-Pérade.

La mairesse de Sainte-Anne-de-la-Pérade n'a pas l'intention de réviser le budget

Si elle veut bien admettre que le rôle d'évaluation de Sainte-Anne-de-la-Pérade a fait un bond important, la mairesse Diane Aubut n'a pas l'intention de réviser le dernier budget pour autant.
Elle justifie le taux de taxes imposé par le fait que la Municipalité doit présenter un budget équilibré et qu'elle avait besoin d'aller chercher des sommes qui lui sont indispensables pour y arriver.
«Le problème, c'est que les maisons d'ici étaient sous-évaluées. Sont-elles maintenant surévaluées? En tout cas il y a une grande marge. Quand les maisons situées sur les bandes riveraines sont vendues, particulièrement celles dans les îles, elles sont vendues très cher. Alors on assiste à une montée en flèche des valeurs. Je comprends la colère des gens qui ont payé un petit chalet 30 000 $ qui a été transformé en maison. La valeur a augmenté. Quand les gens de la ville sont prêts à payer des prix exorbitants, tout le monde paie.»
La mairesse dit avoir tenté de donner de l'information lors de la dernière rencontre publique qui avait fait salle comble, mais elle a vite constaté que les gens en colère écoutent mal. «On fait tout notre possible au conseil pour atténuer cette colère-là. Mais il faut dire que l'année passée, le conseil (dont elle était membre) avait fait le choix d'aller chercher un montant dans le surplus budgétaire, 268 000 $ qui n'avaient donc pas été facturés sur le compte de taxes des citoyens. Aujourd'hui, ça nous rentre dedans. Il aurait fallu y aller progressivement. On ne l'a pas vu venir», assure-t-elle.
Mme Aubut ajoute qu'elle s'est engagée à réévaluer tous les programmes pour voir où des économies peuvent être faites. «On veut essayer dès la première année de notre mandat de trouver des solutions pour atténuer cette hausse de taxes.» Tâche difficile pour un nouveau conseil qui n'est pas encore familier avec les rouages d'une municipalité.
Jusqu'à maintenant, seulement deux personnes ont contesté leur compte de taxes suivant les règles habituelles. Plusieurs reculent devant les frais. Le conseil a fait une demande à la firme d'évaluation afin d'organiser une séance d'information avec les citoyens.
«Je peux comprendre l'émotion des gens, répète Mme Aubut. Il y en a qui vont payer 1000 $ de plus. Par contre, leur maison a doublé de valeur. Pour des gens à la retraite, c'est difficile d'ajouter ça à un budget. Il y a aussi ceux qui ont profité du programme de revitalisation, leur maison vaut plus cher maintenant. C'est un actif, mais les gens ne le voient pas comme ça. On est ouverts à tout, mais c'est impossible d'abolir notre budget pour en faire un autre, comme on nous le demande», a-t-elle conclu fermement.