Des contribuables de Sainte-Anne-de-la-Pérade veulent que le conseil révise son budget. Sur notre photo, Yvan Rompré, André Grandbois, Yvan Ricard et Paul-André Auclair.

Des contribuables en colère

La colère gronde à Sainte-Anne-de-la-Pérade depuis l'arrivée du dernier comptes de taxes, au point qu'une pétition circule demandant au nouveau conseil et surtout à la nouvelle mairesse, Diane Aubut, de réviser le dernier budget et de résorber complètement l'augmentation de 42 % du rôle d'évaluation en baissant les taxes d'autant.
Actuellement, les taxes n'ont été pondérées que de 20 %, ce que les Péradiens jugent nettement insuffisant. Un petit groupe de contribuables a rencontré les médias, jeudi, pour faire part de leurs doléances. La réunion avait lieu chez un particulier, Yvan Ricard, et le principal porte-parole était Yvan Rompré. Ils étaient accompagnés de Jean-Marie Dupont, André Grandbois et de Paul-André Auclair, trois propriétaires riverains particulièrement touchés.
M. Rompré explique que, normalement, les prévisions budgétaires de la municipalité sont toujours communiquées aux contribuables par une feuille explicative avant l'adoption du budget mais que cette année, après l'élection municipale, ce ne fut pas le cas, ce qui explique que le budget a été adopté presque dans l'indifférence générale.
C'est à l'arrivée des comptes de taxes, en même temps que des prévisions budgétaires, vers le 10 février, que tout le monde a constaté l'importance de l'augmentation. Chez certains, ce fut presque la panique.
«On a vite fait de comparer avec le compte de taxes de l'année dernière et on a dit wow! Qu'est-ce qui se passe? relate M. Rompré. Dans la rue, les gens parlaient de leur compte de taxes: ils disaient qu'ils avaient des augmentations de 400 $, 600 $ et même plus. On s'est dit, voyons donc! Au conseil du mois de mars, on s'est retrouvés près de 200 personnes.»
M. Rompré déplore qu'à cette occasion, la mairesse ait refusé de prolonger la période de questions. «Il y a eu un peu de brouhaha dans la salle, mais comme c'est elle qui est présidente de l'assemblée, il a bien fallu se soumettre.»
Manifestement, ce soir-là, la mairesse n'a pas réussi à convaincre les contribuables lorsqu'elle a expliqué que l'évaluation municipale avait monté de 54 M$ soit de 130 M$ à 184 M$ et que c'était en partie la cause de l'augmentation de taxes.
M. Rompré admet qu'il est normal d'avoir une augmentation d'évaluation, mais que le conseil devait refaire ses devoirs au niveau de son budget et surtout de l'ajustement du taux de taxes, pour tenir compte de l'explosion de l'évaluation. Une approche plus graduelle, entre autres, aurait été appréciée.
«On a eu une augmentation de 42 % de notre évaluation municipale, alors pour payer le même taux de taxes que l'an passé, il aurait fallu qu'elle baisse son taux de taxation de 42 % aussi. Mais elle l'a baissé de 20 % seulement. Autrement dit, on a une augmentation de 22 % de taxes. C'est énorme! Ailleurs, c'est jamais plus que 2 %. Ça n'a aucun sens!»
André Grandbois doit pour sa part payer 1070 $ de plus cette année. Pour ce retraité, il n'y a pas d'autres choix que de vendre sa maison. Jean-Marie Dupont pourrait être confronté au même dilemme.
Les cinq contribuables sont d'autant plus choqués que le conseil a augmenté ses dépenses, entre autres en prévoyant une augmentation de salaire. Même si elle est modeste, ils jugent qu'elle est encore de trop.
La pétition qui réclame une révision du dernier budget circule à cinq endroits de la municipalité (au Métro, à la pharmacie et dans deux stations service). Elle compte actuellement 425 signatures. Elle sera remise au conseil lors de la séance du 7 avril. À ce propos, ces contribuables auraient apprécié que le conseil ne siège pas le soir des élections, afin de permettre à plus de gens d'être présents.