Michèle Brûlé et Frank Natarelli Jr de Hantise Québec ont réalisé à ce jour cinq enquêtes sur les phénomènes paranormaux.

Des chasseurs de fantômes dans la région

N'en déplaise aux sceptiques de ce monde, il existe dans la région une entreprise spécialisée dans les phénomènes paranormaux dont le rôle est de recueillir des preuves matérielles de la présence d'entités dans les maisons privées, commerces et sites historiques.
Hantise Québec a en effet vu le jour il y a un an à Shawinigan. Son fondateur, Frank Natarelli Jr, ne se décrit pas comme un chasseur de fantômes mais plutôt comme un extra-sensoriel qui a un intérêt marqué pour le paranormal.
Après avoir été témoin il y a une dizaine d'années de phénomènes étranges dans une maison par le biais de caméras de surveillance qu'il opérait, il a décidé de faire le grand saut et de se spécialiser dans le surnaturel en procédant à l'acquisition de 15 000 $ en équipements. On parle entre autres ici de caméras infrarouges de surveillance, d'un détecteur de champs électromagnétiques et d'enregistreur audio de sons à moins de 15 décibels entre autres.
«Contrairement à certains médiums qui prétendent être capables d'entrer en contact avec les esprits, moi, j'apporte des preuves matérielles de leur présence grâce à ces équipements. La mission de Hantise Québec est d'ailleurs de créer un documentaire sur les phénomènes paranormaux afin d'avoir notre propre émission de télévision», explique M. Natarelli.
De prime abord, l'argent n'est pas son premier leitmotiv puisqu'il ne réclame rien pour ses services, hormis les frais de déplacement. Qui plus est, il prend soin de trier ses clients.
«Nous recevons beaucoup d'appels: plus d'une vingtaine au cours de la dernière année mais j'ai dû refuser la plupart. Premièrement, ça doit être concret. On ne fera pas une enquête parce qu'une personne entend des craquements dans les murs l'hiver. Ce qu'on veut, c'est connaître l'histoire de la maison, des gens qui y habitent. Deuxièmement, une enquête n'est pas un party. Ça doit être silencieux sur place. Il n'est pas question qu'il y ait plein de monde dans la maison», indique-t-il.
Selon son expérience, il existe en effet beaucoup de maisons hantées au Québec. Il estime qu'une maison centenaire sur cinq serait hantée. «On y retrouve des entités. Ce sont surtout des personnes décédées violemment ou accidentellement. Ce sont aussi des enfants partis trop tôt, des personnes qui se sont suicidées. Ils sont attachés à un objet ou à un lieu. Ils refusent de passer dans la lumière. Ils vont se manifester par des bruits, des murmures, des cris. Il y a aussi des entités néfastes, une sur trois peut-être. Ce sont des poltergeists; ils peuvent aller jusqu'à déplacer des objets de façon violente», raconte M. Natarelli.
Les gens qui demeurent dans ces maisons vont donc contacter des entreprises comme Hantise Québec pour obtenir de l'aide. «Ils veulent avoir des preuves, des confirmations. Dans certains cas, il faut même purifier leur maison, car ils ont très peur. Pour ce faire, nous utilisons un rituel romain qui peut se comparer à un exorcisme», précise M. Natarelli.
Depuis sa création en 2011, Hantise Québec a procédé à quatre enquêtes. L'une d'elles a eu lieu à l'ancien palais de justice de L'Assomption, un site aujourd'hui converti en gîte. Une autre a eu lieu au cimetière Saint-Michel à Trois-Rivières. Les deux autres se sont déroulées dans des résidences privées des régions de Québec et Nicolet. L'entreprise a publié sur son site Internet les photos et vidéos captées lors des visites des lieux. On y voit notamment des silhouettes et des orbes, ces sphères lumineuses considérées par certains comme des fantômes.
«Je sais que ça peut paraître gros mais nous avons des preuves vidéo. Je n'ai d'ailleurs aucun problème avec l'idée de les faire analyser par des spécialistes. Beaucoup de gens y croient et d'autres sont sceptiques. Étrangement, il y a parmi ces mêmes sceptiques des gens qui croient encore à Jojo Savard. Cherchez l'erreur!», ajoute M. Natarelli.
Michèle Brûlé était elle aussi méfiante lorsqu'elle a décidé de s'impliquer dans l'entreprise à titre de recherchiste. «J'ai essayé de tout démystifier, de vérifier s'il n'y avait pas d'illusions optiques possibles dans les photos mais j'ai dû me rendre à l'évidence, ayant moi-même été témoin de phénomènes. Nos preuves sont solides. C'est la science au service du paranormal», mentionne-t-elle.
Au début de septembre, l'équipe de Hantise Québec a entrepris une cinquième enquête dans un site désaffecté de la région des Bois-Francs, plus précisément à Saint-Clothilde-de-Horton, où un incendie avait fait de nombreuses victimes il y a plusieurs années. Les analyses sont toujours en cours. On prévoit également faire des vérifications dans des endroits supposément hantés de Nicolet et Bécancour.
Une victime raconte son histoire
Comme bien d'autres personnes, Sonia (nom fictif) avait fermé la porte au paranormal. Sans renierson existence totalement, elle n'avait jamais osé s'aventurer dans ces jeux qu'elle considérait comme dangereux jusqu'au jour où...
«Nous avons acheté une maison construite il y a 80 ans dans la grande région de Nicolet. Elle avait déjà été habitée par des Amérindiens et un homme y était décédé. Évidemment, les anciens propriétaires avaient omis de nous dire qu'il s'y passait des choses étranges. Je n'y avais personnellement jamais porté attention jusqu'au moment où ils (les entités) ont commencé à s'en prendre à mes enfants», raconte-t-elle.
En effet, sa fille de 7 ans, qui souffre de somnambulisme, descendait toujours au sous-sol lors de ses crises. Lorsqu'elle était éveillée, elle disait à ses parents qu'elle voyait des choses en bas. Elle en avait tellement peur qu'elle refusait d'y aller le jour. Elle a même dessiné les entités qu'elle voyait sous la forme de papillons noirs. Inquiète, Sonia a demandé à des amis qui ressentaient la présence de ces esprits de venir «nettoyer la place».
Or, les entités seraient non seulement demeurées sur les lieux mais auraient entrepris de se venger. «Je me souviens que les supports tombaient sur le sol sans raison et que la clé du poêle à bois se fermait toute seule. Et ça c'est sans compter une présence oppressante et des bruits bizarres», a-t-elle indiqué.
Les problèmes n'ont alors cessé de s'accumuler pour la petite famille. Chicanes, problèmes de santé, difficultés financières, le négatif a pris le dessus. La problématique a duré des mois. «On se sentait tellement impuissant. Comment pouvait-on se battre contre quelque chose qu'on ne voyait pas et qui s'attaquait aux enfants? Nous ne dormions plus. J'ai commencé à prendre des antidépresseurs. Mon chum n'était jamais à la maison, car il travaillait toujours donc j'étais souvent seule à vivre ça avec les enfants. Tout ce que je voulais était de vendre cette maison. Et un jour, les entités ont commencé à suivre mon chum au boulot», se rappelle-t-elle.
Une amie lui a alors parlé de Hantise Québec. «Les gens de l'équipe ont été très professionnels. Nous avons entre autres signé un contrat qui garantissait la confidentialité de notre famille. Ils ont passé une soirée chez nous à filmer ce qui se passait et à purifier les lieux. Les entités ne sont pas parties sur le champ. Cela a pris trois jours mais leur visite a valu la peine», précise-t-elle.
En fait, elle soutient qu'elle a dû elle aussi prendre le contrôle des lieux et imposer son autorité.
«À peine Hantise Québec avait-elle quitté la maison que les entités ont tout viré à l'envers. J'avais été prévenue. Elles cognaient le plancher sous mes pieds. Les supports sont encore une fois tombés sur le sol. Les portes se fermaient. Elles ont même défoncé une boite de tôle pour les gâteaux mais elles ne me faisaient plus peur. Je leur ai dit que c'était assez, que c'était ma maison et qu'elles avaient intérêt à "crisser" leur camp. Ensemble (moi et Hantise Québec), nous avons eu raison de ces esprits. Nous avons été libérés et leur départ a créé un vent de changements positifs», a-t-elle conclu.