Des travaux d’asphaltage pourraient être reportés en Mauricie, en raison de l’augmentation du prix du bitume.

Des chantiers retardés en Mauricie?

TROIS-RIVIÈRES — La pénurie de bitume en Amérique du Nord causant une hausse de prix du produit pourrait avoir des impacts sur des chantiers de la Mauricie. En effet, des travaux prévus pour cette année pourraient être reportés en raison de l’augmentation des coûts.

La Ville de Trois-Rivières affirme qu’un budget de 11 millions de dollars est accordé aux travaux d’asphaltage prévus pour 2018. Par contre, la Ville prévoyait payer environ 750 $ chaque tonne de bitume. En date du 1er août, le prix d’une tonne est plutôt de 1010$.

«On va continuer les travaux tant et aussi longtemps que le compte d’argent ne sera pas à sec», a indiqué Yvan Toutant, porte-parole pour la Ville de Trois-Rivières.

Les travaux d’asphaltage prioritaires sont entamés depuis le dégel. Par contre, si le prix du bitume ne diminue pas considérablement d’ici la fin de l’été, certains travaux devront être reportés à 2019.

«On va quand même dépenser 11 millions de dollars, mais on va faire un peu moins de kilomètres que ce qui était prévu initialement», a expliqué M. Toutant.

Même son de cloche à Shawinigan
De son côté, la Ville de Shawinigan a un budget de 780 000 $ pour les travaux d’asphaltage opérés par les travaux publics. De ce montant, environ 175 000 $ sont alloués pour l’achat de bitume par la Ville.

Tout comme à Trois-Rivières, des travaux auront lieu jusqu’à l’épuisement de ce budget. Pour l’instant, il n’y a pas de travaux reportés à Shawinigan.

«On va respecter notre budget et on verra à l’automne s’il y a des travaux qu’on doit reporter à l’année prochaine», a affirmé François St-Onge, directeur des communications à la Ville de Shawinigan.

Pour ce qui est des travaux accordés par contrat à des entrepreneurs privés, il se pourrait que la Ville doive absorber une partie de la hausse de prix du bitume, selon M. St-Onge.

«Il peut y avoir un ajustement dans la soumission du contracteur lorsqu’il y a une augmentation du prix du bitume», explique-t-il. Ces ajustements se font par contre selon plusieurs calculs et une augmentation du prix du bitume n’a pas nécessairement un effet direct sur le prix d’un contrat.

Le MTQ en analyse
«On effectue des analyses qui vont nous permettre d’évaluer l’impact réel de l’augmentation du prix du bitume sur les projets routiers à venir», a soutenu Alexandre Bougie, porte-parole du ministère des Transports.

Les chantiers routiers actuellement en réalisation ou pour lesquels les appels d’offres sont publiés vont se poursuivre tel que prévu. Or, certains travaux pourraient être reportés à une date ultérieure lorsque les prix auront diminué, tout en s’assurant que la sécurité des usagers n’est pas compromise.

Le ministère affirme porter une attention particulière à cette problématique.

En un an, le prix du bitume a augmenté de 40 % en raison d’une pénurie qui touche l’Amérique du Nord.