Des centaines d’étudiants ont défilé dans les rues de Trois-Rivières, vendredi après-midi, dans le cadre de la journée «La planète s’invite à l’université».

Des centaines d’étudiants dans les rues de Trois-Rivières pour «sonner l'alarme climatique»

TROIS-RIVIÈRES — Ils sont environ 500 étudiants à avoir respecté le vote de grève de leur association étudiante afin de «sonner l’alarme climatique», en marchant dans les rues de Trois-Rivières, vendredi après-midi.

C’est avec slogans et pancartes que la foule, largement composée d’étudiants de l’UQTR, mais aussi de quelques enfants et quelques professeurs, a exprimé son inquiétude et son désir de voir des gestes concrets être posés pour préserver l’environnement. «Nous allons prendre les choses en main», ou «UQTR, à quand un campus vert?», scandait-on.

La marche pour «sonner l’alarme climatique» a quitté l’UQTR pour culminer aux portes de l’hôtel de ville.

La manifestation de Trois-Rivières s’inscrivait dans le mouvement La Planète s’invite à l’université. Estimant que les institutions d’enseignement et les instances politiques n’en font pas assez pour assurer l’avenir de la planète, ce sont plus de 80 000 étudiants qui se mobilisaient vendredi dans l’ensemble du Québec, fait-on valoir.

De façon plus précise, le collectif de La Planète s’invite à l’Université — UQTR revendique un programme d’éducation écologique, faisant mention de la crise climatique, tout au long du primaire et du secondaire. Il demande également l’adoption d’une loi climatique respectant les recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Le collectif réclame aussi plus de transparence sur les investissements des fonds de retraite dans les énergies fossiles et que l’UQTR soit un campus vert.

La porte-parole du collectif et étudiante à la maîtrise en études québécoises, Valérie Deschamps, espère que les représentants politiques seront à l’écoute. Étudiante au baccalauréat en écologie-biologie, Marie Ladet indique que si le programme n’aborde pas la question des changements climatiques de manière explicite, au niveau où elle en est, l’enjeu est toujours dans le discours des professeurs en toile de fond. Marc-André Béland, au baccalauréat en sciences comptables, croit de son côté que le développement de l’économie sociale est porteur de solution. Au-delà des gestes individuels, l’aspirant comptable en appelle à des actions concertées. «Le fardeau ne revient pas juste à l’individu, il faut que les décideurs prennent des décisions et imposent des restrictions aux grosses entreprises», plaide-t-il.

La marche qui partait de l’UQTR, après quelques allocutions de la part des membres du collectif, culminait au parc Champlain, aux portes de l’hôtel de ville. Quelques manifestants ont profité du passage du cortège devant les bureaux du député de Trois-Rivières, Jean Boulet, pour y déposer des documents visant à le sensibiliser pour les enjeux.

Encadrée par les policiers, la manifestation s’est déroulée sans incident et dans la bonne humeur.


Des centaines d’étudiants ont fait la sourde oreille à la directive de maintien des cours par l’UQTR.

Une grève à moitié respectée

Par leur geste, les manifestants de Trois-Rivières choisissaient de rester sourds à la directive de l’UQTR, qui avait annoncé le maintien des cours, malgré la journée de grève votée par les étudiants plus tôt ce mois-ci. Une directive dont se désole par ailleurs l’association étudiante de l’Université. 

«On est très déçu de la chose, on a beaucoup travaillé pour qu’il y ait une levée de cours, on s’inquiétait entre autres de la sécurité, on s’inquiétait aussi de la reconnaissance du droit de grève des étudiants, cela dit, on espère vraiment que monsieur [le recteur] McMahon, à l’avenir, fera une levée de cours et respectera le droit de grève des étudiants lorsqu’ils la demandent», déclare Amélie Trottier-Lacombe, présidente de l’AGEUQTR.

Du côté de l’Université, on explique que la décision de maintenir les cours n’a rien à voir avec la cause, mais qu’il s’agit d’une question de logistique, que la limite de levées de cours avait été atteinte pour la présente session et qu’il devenait impossible de priver les étudiants de cours supplémentaires. D’autre part, on souligne que chaque professeur demeure libre de choisir de ne pas tenir ses cours, s’il le juge opportun.

Le Nouvelliste a d’ailleurs pu constater que tandis que la marche se mettait en branle, certains cours étaient bel et bien donnés. Quelques manifestants ont bien circulé dans les locaux en appelant à la solidarité de leurs pairs, mais sans grand succès. Il semblerait que ceux qui désiraient manifester avaient déjà fait leur choix. 

De son côté, le syndicat des professeurs avait mis ses membres en garde de poser des gestes pouvant être interprétés comme des moyens de pression illégaux, les invitant à communiquer avec leurs étudiants pour leur signifier qu’ils n’avaient aucun contrôle sur la situation. 


Valérie Deschamps, porte-parole du collectif La planète s’invite à l’université - UQTR et étudiante à la maîtrise en études québécoises.

Les candidats à la mairie

Les trois candidats annoncés à la mairie de Trois-Rivières étaient tous présents aux côtés des étudiants, désireux de leur signifier leur sensibilité aux questions environnementales.

Au-delà de l’enjeu des changements climatiques, qu’il trouve primordial d’aborder, Jean-François Aubin a tenu à souligner l’importance de l’implication des jeunes. «Il faut qu’on les écoute pas seulement quand il y a une marche, mais tout au long de l’année», plaide-t-il. Il aimerait voir un conseil de la jeunesse qui fait des recommandations au conseil municipal.

«C’est un cri du cœur qui vient des jeunes, je pense que c’était important d’être là», indique de son côté Éric Lord. Celui-ci affirme que la lutte aux changements climatiques est un des axes majeurs de sa campagne. «On peut faire des choix individuellement, on peut faire des choix collectivement. Avec la Ville de Trois-Rivières, on a des leviers pour faire la différence, donc c’est ce que je veux faire comme
maire de Trois-Rivières», explique-t-il.

Quant à Jean Lamarche, les préoccupations pour la préservation des boisés urbains et les questions liées à la mobilité durable, respectueuses de la fluidité, sont importantes. Il rappelle que les annonces qu’il a faites pour la réfection des installations d’aqueduc et d’égouts à l’île Saint-Quentin s’inscrivent dans une perspective environnementale. D’autres annonces sont encore à venir, indique-t-il.