Des centaines de personnes, civils et militaires, ont assisté à la cérémonie du jour du Souvenir à Trois-Rivières, dimanche.

Des centaines de personnes se recueillent pour le jour du Souvenir

TROIS-RIVIÈRES — Des centaines de citoyens, militaires, vétérans et cadets se sont rassemblés dimanche dans plusieurs villes de la région pour honorer la mémoire de ceux tombés au combat lors d’un conflit armé depuis le siècle dernier.

Luc Neveu, vétéran de la Marine royale canadienne, vient d’une famille de militaires. Mais ce n’est pas seulement pour cette raison que le jour du Souvenir est une date importante dans son calendrier.

«Ça nous touche beaucoup, a-t-il expliqué en marge de la cérémonie, accompagné de son frère Michel. C’est pour nous rappeler pourquoi on est capable de parler et pourquoi on est capable de voter. C’est parce qu’il y a des gens qui ont donné leur vie pour qu’on soit libre.»

M. Neveu a participé à la guerre du Golfe de 1990-1991, en escortant les soldats devant débarquer en Irak. Il a également participé à ce que l’on surnomme la guerre du flétan, en 1995, provoquée par des différends commerciaux entre l’Espagne et le Canada sur la zone de pêche au large de Terre-Neuve. L’Espagne avait réagi à l’arraisonnement d’un navire de pêche espagnol par les autorités canadiennes, alors qu’il se trouvait en eaux internationales, en envoyant un navire de guerre pour escorter ses pêcheurs. «Heureusement, on n’a pas tiré, mais ça a passé proche», s’est remémoré le vétéran, qui a également pris part à de nombreux exercices militaires avec l’OTAN.

Les réservistes du 62e Régiment d'artillerie de campagne ont également rendu hommage à leurs compatriotes tombés au champ d'honneur, à Shawinigan, dimanche.

«On ne célèbre pas la guerre»

S’il se disait heureux du nombre de personnes venues se recueillir à la mémoire des soldats canadiens tombés au combat, M. Neveu a l’impression que la contribution de ceux-ci a tendance à tomber dans l’oubli. «On dirait que les gens aujourd’hui ne sont pas assez instruits [sur le rôle des vétérans], a-t-il déploré. Le monde dit que la guerre, c’est pas bien. On le sait! Mais si on lâche tout, on risque une invasion et là, on va tout perdre.»

«Le jour du Souvenir, ce n’est pas pour célébrer la guerre, mais pour se rappeler du monde qui ont perdu la vie pour que ces gens-là puissent avoir la liberté de dire: on n’en veut pas, de guerre», a-t-il ajouté.

Un anniversaire particulier

Le jour du Souvenir marque en 2018 un anniversaire particulier, celui de l’Armistice, signé le 11 novembre 1918, qui a mis fin à la Première Guerre mondiale. La cérémonie débute d’ailleurs chaque année à 11 h, l’heure où est entré en vigueur l’Armistice. À Trois-Rivières, plusieurs dignitaires ont déposé une couronne de fleurs devant le cénotaphe du Platon, au centre-ville. Parmi eux, Gaétan Boivin, président d’honneur de la Campagne du coquelicot de la Légion royale canadienne de Trois-Rivières, les députés Robert Aubin et Jean Boulet et la mairesse suppléante de Trois-Rivières, Ginette Bellemare. En tout, 24 couronnes sont ainsi venues orner le monument à la mémoire de soldats tombés au champ de bataille. Un défilé s’est ensuite rendu au Manège militaire de Trois-Rivières, sur la rue Saint-François-Xavier.

À Shawinigan, une messe à la mémoire des victimes militaires et civiles des conflits armés survenus depuis la Première Guerre mondiale avait lieu en matinée, suivie d’un défilé militaire sur l’avenue Broadway. Ces deux événements étaient orchestrés par le 62e Régiment d’artillerie de campagne de Shawinigan.

D’autres cérémonies du Souvenir avaient lieu également samedi à Nicolet, Shawinigan et La Tuque.
Par ailleurs, les cloches ont été sonnées 100 fois, pour marquer le centième anniversaire de la signature de l’Armistice, à la cathédrale de Nicolet et au cimetière St-Michel à Trois-Rivières.