Quelques centaines de personnes ont manifesté pour réclamer la fin de l'état d'urgence sanitaire, samedi après-midi, à Trois-Rivières.
Quelques centaines de personnes ont manifesté pour réclamer la fin de l'état d'urgence sanitaire, samedi après-midi, à Trois-Rivières.

Des centaines de personnes manifestent contre les mesures sanitaires à Trois-Rivières

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Quelques centaines de personnes se sont rassemblées pour manifester contre les mesures sanitaires de la santé publique et pour réclamer la fin de l'état d'urgence sanitaire, samedi après-midi, à Trois-Rivières.

Brandissant des drapeaux du Québec, des États-Unis, de Donald Trump ou encore des patriotes et des affiches dénonçant les mesures sanitaires comme le port du masque, les manifestants ont arpenté le secteur commercial près de l'intersection des boulevards des Forges et des Récollets, en début d'après-midi. Certains ont tenté de convaincre des résidents du secteur qui observaient la manifestation que la pandémie de COVID-19 est chose du passé. «Il n'y a plus de morts, il n'y a plus d'hospitalisations, c'est fini», a lancé l'un d'eux.

Après la marche, qui était organisée par le mouvement Action Coordination, les manifestants se sont rassemblés au parc du Centre de loisir Multi-Plus, où ils étaient invités à faire du réseautage et à écouter le discours de plusieurs têtes d'affiche du mouvement opposé au maintien des mesures sanitaires. Notamment celui d'Amélie Paul, l'une des invitées des organisateurs de la manifestation, dans lequel elle a accusé le gouvernement du Québec – et les gouvernements en général – d'avoir un «plan» auquel la pandémie sert de prétexte.

«Ils ont un plan bien orchestré, ça, on le sait tous. Mais ils n'avaient pas prévu cet éveil des consciences planétaires. Et là, ils ont peur parce qu'ils sont trop avancés dans leur plan, ils ne peuvent pas dire ''on va réessayer dans 10 ans''», a-t-elle lancé.

Il faut dire que différentes théories du complot étaient véhiculées lors de la manifestation, que ce soit entre les gens ou sur des pancartes. Celles d'un nouvel ordre mondial, de QAnon et d'un complot autour de la vaccination et de la téléphonie 5 G en faisaient partie.
Les médias ont également été la cible des slogans des manifestants, ceux-ci les accusant d'être «corrompus» et de mentir en diffusant les données du gouvernement, qu'ils jugent fausses. La foule a d'ailleurs hué en passant devant les locaux de TVA, à l'angle du boulevard du Chanoine-Moreau et de la rue Jacques de Labadie.

La manifestation s'est déroulée sans heurts, sous la surveillance des policiers. Ceux-ci n'ont pas eu à intervenir, sauf brièvement lorsqu'une bagarre a failli éclater entre un conducteur de camion et un manifestant. Ce dernier était monté sans son autorisation dans la cabine de son véhicule pour prendre des photos de la foule alors qu'elle passait devant le magasin Canadian Tire.

Au parc Champlain, dans le centre-ville de Trois-Rivières, quatre personnes se sont regroupées pour manifester en appui aux mesures sanitaires. L'organisateur de cette action, Jean-Sébastien Ménard, avait cependant indiqué au Nouvelliste vendredi qu'il ne souhaitait pas que les gens y soient nombreux, dans le souci de respecter la distanciation. Les quatre personnes portaient d'ailleurs un masque.

M. Ménard s'est par ailleurs rendu à la manifestation qu'il dénonçait et a confronté des manifestants. Il s'est ensuite plaint au Nouvelliste d'avoir été suivi par des personnes s'affichant comme responsables de la sécurité de la manifestation d'Action Coordination.

Des manifestations contre les mesures sanitaires étaient organisées dans plusieurs autres villes du Québec, samedi, notamment à Drummondville, Victoriaville et Montréal.