La question des bouées qui guidaient les plaisanciers à l’embouchure de la rivière du Loup soulève les passions.

Des bouées qui soulèvent les passions

LOUISEVILLE — Les bouées lumineuses installées à l’embouchure de la rivière du Loup à Louiseville soulèvent les passions. Retirées de l’eau après les gestes de vandalismes, ces bouées avaient été installées pour guider les plaisanciers dans ces eaux qui peuvent s’avérer peu profondes.

La Ville estime toutefois que les gestes de vandalisme ont rendu la signalisation inadéquate, ce qui risquait davantage de confondre les plaisanciers. Le conseil municipal a d’ailleurs résilié lundi soir le contrat accordé à Claude Desaulniers, la personne qui avait été mandatée pour aménager la signalisation. Cette fin de contrat avait d’ailleurs été demandée par ce dernier.

Le conseil municipal a confirmé lundi que les bouées n’en seront pas réinstallées cet été. Il est de plus possible que la Municipalité demande à la Garde côtière canadienne de reprendre l’entretien de ce secteur du lac St-Pierre où la navigation de plaisance serait en augmentation depuis l’ouverture du restaurant Le Bayou du Domaine du lac St-Pierre.

«Le tourisme se développe dans ce secteur. On va s’en occuper. On va faire ce qui est possible pour la signalisation», a assuré le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, avant que le débat s’envenime.

Vif débat au conseil
La question des bouées vandalisées puis retirées est très sensible. Des citoyens concernés par cette signalisation ont discuté avec virulence lundi soir durant la deuxième période de questions de l’assemblée publique du conseil municipal.

Le gérant du Domaine du lac St-Pierre, Steve Blanchette, a affirmé lors de la séance publique du conseil municipal qu’il avait l’intention d’installer des perches de bois à l’embouchure de la rivière du Loup «pour orienter les plaisanciers».

L’ancien responsable de l’installation des bouées lumineuses vandalisées, Claude Desaulniers.

«C’est effectivement très problématique comme endroit. Les gens de la place savent comment passer, mais ceux de l’extérieur qui n’ont pas l’habitude de naviguer à cet endroit à la noirceur, ça devient problématique. On va juste installer des perches pour la fin de la saison», a-t-il souligné devant les élus. «Si la garde côtière prend le relais, ça serait une très bonne chose.»

L’ancien responsable de la signalisation à cet endroit, Claude Desaulniers, n’a pas du tout apprécié cette suggestion. Échaudé par les gestes de vandalisme qui touchait son travail, il a alors pris la parole pour affirmer «que c’est sûr et certain qu’il n’y aura pas de perche à l’entrée de la rivière».

«Il y a eu des plaintes pour dire que la signalisation n’était pas correcte et là il va mettre des perches? C’est moi qui vais les enlever les perches. Il n’y en aura pas. La Ville est responsable si ce n’est pas conforme», a-t-il dénoncé. «Ils ont voulu faire de la merde, ils l’ont fait, mais je peux vous dire qu’il n’y aura pas de perches.»

Pour régler ce conflit, le maire Deshaies, visiblement irrité par la tournure du débat, a même convoqué les deux parties à son bureau pour prendre un café. «On va se rencontrer et on va parler. Je veux que le tourisme marche à Louiseville. M. Desaulniers et M. Blanchette, j’ai confiance en vous. Le lac St-Pierre, on veut le développer. Et c’est ensemble qu’on va le faire. Si on se chicane, ça ne marchera pas», a tonné le maire.

«Ce qui m’importe, c’est la sécurité des plaisanciers», a-t-il ajouté.

Une question de sécurité
Une citoyenne et navigatrice de Louiseville est d’ailleurs venue faire un plaidoyer en faveur de la sécurité à l’embouchure de la rivière du Loup. Marie-Claude Noël a soutenu devant les élus qu’elle avait même échoué son bateau à cet endroit plus tôt cette saison. Et elle a été témoin d’autres incidents du genre.

Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, a tenté de calmer les tensions concernant les bouées à l’embouchure de la rivière du Loup.

«Je trouve déplorable qu’on ait vandalisé les bouées», a-t-elle dénoncé.

«C’est impensable de ne pas avoir une signalisation adéquate. Il s’agit d’une question de sécurité. La nuit, on ne voit pas. Ça prend des bouées éclairées.»