Le directeur général du Centre Roland-Bertrand de Shawinigan, Frédéric Trudelle.
Le directeur général du Centre Roland-Bertrand de Shawinigan, Frédéric Trudelle.

Des bacs à légumes au Centre Roland-Bertrand 

Shawinigan — Dans une volonté d’aider les personnes démunies à atteindre un certain niveau d’autonomie alimentaire, le Centre Roland-Bertrand de Shawinigan amorce un projet qui permettra à ces personnes de faire pousser légumes et fines herbes sur leur balcon.

Lancé en début de semaine, le projet prévoit la fourniture de 50 bacs et de terre vers le début du mois de juin afin de cultiver entre autres des tomates et de la laitue. Un guide élaboré par l’organisme La Brouette sera remis aux participants afin de les aider dans leur démarche.

Le projet a la cote: quelque 90 personnes se sont inscrites à ce programme.

«On se doutait que ça allait fonctionner. On offre le tout gratuitement. Mais de là à doubler nos prévisions, c’est une belle surprise. Les gens sont prêts à cultiver sur leur balcon. C’est plaisant de voir que l’initiative répond à un besoin», déclare Frédéric Trudelle, le directeur général du Centre Roland-Bertrand.

Le projet estimé à près de 4000 $ est réalisé grâce à la participation de Shawi en forme qui ramasse la totalité de la facture. Devant le succès des inscriptions, le Centre Roland-Bertrand tente d’augmenter le nombre de bacs à 75. M. Trudelle se désole d’être incapable de fournir des bacs à toutes les personnes qui se sont inscrites, mais encourage les nouvelles inscriptions afin de motiver toute l’équipe à ramener le projet en 2021 en trouvant d’autres partenaires financiers.

Si le projet de bacs a été lancé, c’est que le Centre Roland-Bertrand ignorait ce qu’il adviendrait du jardin collectif qu’il reprend cette année. L’organisme a toutefois appris mercredi qu’il avait l’autorisation d’ouvrir ce jardin collectif dès le 1er mai avec l’obligation de respecter diverses mesures sanitaires en cette période de pandémie de coronavirus.

«Il faudra respecter la règle des deux mètres de distanciation, il faut des alternatives pour nettoyer les outils de jardinage, on aura moins de jardiniers et moins de participants à notre programme de réinsertion sociale. Et le jardin sera plus petit cet été, car on a moins de jardiniers», précise M. Trudelle.

Une partie de la récolte de ce jardin est remise aux jardiniers, mais la plus grande part est donnée aux organismes en sécurité alimentaire de Shawinigan qui aident les personnes démunies par l’entreprise de leur comptoir alimentaire. D’habitude, entre 150 et 160 distributions d’aide alimentaire sont effectuées chaque semaine. Mais depuis environ cinq semaines, ce nombre a grimpé à 200 distributions, ce qui rejoint environ 350 personnes.

«Les gens sont victimes de la crise, constate M. Trudelle. On a eu 60 nouvelles demandes reliées à la COVID-19: des gens qui sont au chômage, des gens qui ont perdu leur emploi et attendent la prestation canadienne d’urgence. Habituellement, on a de trois à quatre nouvelles demandes par semaine. Le jardin collectif donne des tonnes de légumes. Ça va aider un paquet de monde à mieux se nourrir. Les comptoirs alimentaires vont avoir plus de légumes.»

Selon Frédéric Trudelle, les comptoirs alimentaires n’ont pour l’instant aucun manque de nourriture.