Une vidéo filmée dans un autobus scolaire assurant le transport d’élèves de l’école secondaire Chavigny semble montrer que le véhicule est bondé au-delà de sa capacité.

Des autobus scolaires trop bondés?

TROIS-RIVIÈRES — Une vidéo filmée dans un autobus scolaire transportant des élèves de l’école secondaire Chavigny vers le secteur Pointe-du-Lac, où l’on peut constater que le véhicule semble bondé au point où certains élèves sont contraints d’occuper l’allée centrale, en contravention avec les normes de sécurité en place, a été acheminée cette semaine à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

À la Commission scolaire, la chose a été prise au sérieux et des mesures correctives ont immédiatement été apportées, assure-t-on. On explique que l’autobus en question a une capacité de 72 élèves et qu’au plus fort de sa route, 69 élèves sont à son bord. La norme de sécurité est ainsi respectée, plaide Anne-Marie Bellerose, coordonnatrice aux communications de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. Elle convient toutefois qu’à l’adolescence, compte tenu de la taille des élèves, être trois par banc ne constitue pas le summum du confort. Par ailleurs, indique-t-elle, il est de la responsabilité du chauffeur de voir à ce que l’allée centrale de l’autobus soit libre en tout temps et que les effets personnels des élèves soient dans les porte-bagages situés au-dessus des bancs.

«C’est sûr qu’on a eu une communication immédiate avec le transporteur pour s’assurer que le chauffeur fait respecter le règlement», relate la coordonnatrice aux communications. Tout comme le parent qui avait envoyé la vidéo a obtenu un suivi de la part du service de transport de la Commission scolaire, ajoute-t-elle.

La situation a cependant poussé la Commission scolaire à se pencher sur le trajet qu’emprunte l’autobus pour évaluer la possibilité de déplacer certains élèves dans un autre véhicule moins occupé. Il semblerait que ce soit faisable, selon Mme Bellerose. Une certaine logistique entoure toutefois un tel changement et les parents des élèves concernés devront tous être avisés avant d’aller de l’avant.

«On a une très belle collaboration avec nos transporteurs. C’est sûr que c’est un travail de communication entre les parents ou les élèves qui nous avisent quand une situation problématique survient», note Anne-Marie Bellerose, en précisant que l’incident de cette semaine a fait l’objet d’une intervention rapide. «La sécurité, on y travaille tous les jours», maintient-elle.

La Commission scolaire du Chemin-du-Roy fait affaire avec une vingtaine de transporteurs, qui assurent les déplacements de plus de 13 000 élèves, selon les derniers chiffres disponibles. Les opérations mobilisent une flotte de 184 autobus et 43 minibus. L’autobus dans lequel la vidéo de cette semaine a été filmée, transporte des élèves sur une distance relativement courte, indique Mme Bellerose, qui insiste toutefois pour dire «que ça soit un trajet de 5 minutes, 10 minutes ou 15 minutes, les règles de sécurité doivent être respectées».

Des règles de sécurité ambiguës?

Si la Commission scolaire se veut rassurante, le son de cloche diverge du côté des élèves. Mathys, un élève de 5e secondaire que Le Nouvelliste a joint en soirée vendredi, rapporte ainsi que son autobus a fait l’objet d’un contrôle routier en fin de journée, à la sortie de l’école. «Le contrôleur est monté dans l’autobus et nous a demandé de nous asseoir comme du monde pour nous compter. Il a dit au chauffeur que ce n’était vraiment pas sécuritaire et qu’il y avait trop de monde dans l’autobus... et même à ça, il manquait du monde. D’habitude, il y a cinq ou six personnes assises dans l’allée par terre» soutient le garçon de 16 ans. La scène aurait donné lieu à une altercation verbale entre le chauffeur et le contrôleur, ce dernier affirmant que la prochaine fois, l’offense serait sanctionnée d’une contravention, au dire du garçon.

Mathys, qui utilise le transport scolaire depuis trois ans, indique par ailleurs que la situation est nouvelle de cette année. Le contrôle dont l’autobus a fait l’objet vendredi serait le deuxième auquel il assiste. La première fois, c’était dans le transport du matin, mais depuis, la situation s’est améliorée, relate-t-il. Le trajet du soir demeure toutefois problématique. «Ça devient vraiment insupportable, je trouve ça vraiment dangereux», laisse-t-il tomber. Selon lui, la stature des élèves plus âgés ne permet tout simplement pas à trois d’entre eux de prendre place sur la même banquette. La mère de Mathys, Marie-Elen Plante, dit avoir contacté le transporteur pour lui faire part de son mécontentement face à la situation. On lui aurait dit que l’on verrait à améliorer les conditions de transport, mais rien n’a été fait, se désole-t-elle.

L’article 46 du Règlement sur les véhicules routiers affectés au transport des élèves, de la Loi sur les transports, stipule que «le conducteur d’un autobus d’écoliers ne peut autoriser ni tolérer que plus de 3 élèves s’assoient sur une banquette d’un autobus d’écoliers». Or, l’article 47 précise qu’«outre l’article 46, le conducteur d’un autobus d’écoliers doit s’assurer, lors d’un transport, que les élèves soient assis de façon sécuritaire et que rien n’obstrue l’allée centrale».