Sept autobus scolaires électriques seront mis en circulation au courant de l’année scolaire sur le territoire de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. Sur la photo: Luc Galvani, directeur général de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Marc-André Blanchard, propriétaire des Autobus Denpell inc. et Claude Lessard, président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

Des autobus électriques pour la rentrée scolaire

Trois-Rivières — Dès vendredi, il se pourrait que vous croisiez des autobus scolaires aux pare-chocs bleus, particulièrement silencieux qui émettent des signaux sonores lorsqu’ils circulent à basse vitesse. Ces véhicules, ce sont des autobus scolaires électriques qui desservent le territoire de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy et qui seront en circulation au courant de l’année scolaire.

Les transporteurs qui détiennent huit contrats et plus avec la commission scolaire ont fait l’acquisition d’un autobus électrique dans le cadre d’un projet-pilote qui se déroulera jusqu’en 2022.

Parmi ces entreprises de transport, on retrouve Autobus Denpell inc., qui utilise un autobus scolaire électrique depuis février dernier. «C’est très silencieux comme véhicule [...] C’est apaisant, les conducteurs et les élèves apprécient beaucoup», affirme Marc-André Blanchard, propriétaire des Autobus Denpell inc., qui mentionne qu’en fin de journée, lorsque les jeunes sont plus agités, il n’a plus à lever le ton pour se faire entendre. «On n’a même pas besoin de systèmes de microphone pour parler aux élèves.»

Les autobus scolaires électriques en circulation dans la région, qui sont produits à 100% à Saint-Jérôme par l’entreprise Lion, ont une autonomie de 150 kilomètres. Durant l’hiver, cette autonomie diminue, mais «ce n’est pas significatif», selon M. Blanchard. Ce dernier, dont l’entreprise est située à Yamachiche, souligne que même en campagne, la plupart des autobus ne parcourent pas plus de 100 kilomètres par jour.

D’ailleurs, les sept autobus électriques effectueront différents trajets au courant de l’année, afin qu’une grande partie des élèves puisse bénéficier de ce service.

Lorsqu’ils circulent à une vitesse de moins de 30 km/h, les autobus scolaires électriques peuvent émettre des signaux sonores par mesure de sécurité. Ce sont les conducteurs qui établissent jusqu’à quelle vitesse ils souhaitent que les automobilistes soient avertis de leur présence par ce son, qui est d’ailleurs identique à celui que l’on entend lorsque les portes des wagons du métro de Montréal se referment.

Les conducteurs d’autobus qui auront à utiliser les véhicules électriques ont également dû suivre une formation afin d’apprivoiser la conduite écoénergétique ainsi que le système d’écran tactile qui agit comme tableau de bord.

Un geste pour l’environnement

Pour la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, la mise en circulation de ces autobus électriques constitue un geste concret pour réduire son impact environnemental, chose qui est encouragée par les élèves. «Ça se veut carrément une réponse directe aux élèves qui étaient venus nous interpeller pour l’urgence climatique, pour nous dire que la commission scolaire doit s’engager pour faire en sorte qu’on pollue moins», affirme Luc Galvani, directeur général de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

Même son de cloche du côté des entreprises de transport, qui acceptent de payer environ 30 000$ de plus pour des véhicules électriques dans le cadre de ce projet. Alors que les autobus à diesel coûtent environ 110 000$, le prix des autobus électriques à 150 kilomètres d’autonomie se situe à 140 000$. «Les transporteurs, on fait partie de la communauté, puis le phénomène de l’environnement est fort présent au Québec», affirme M. Blanchard.

Bientôt partout au Québec?

Même si le projet-pilote qui inclut l’achat d’un autobus électrique pour sept transporteurs ayant obtenu des contrats avec la commission scolaire se termine en 2022, M. Blanchard croit que d’ici là, on pourrait voir d’autres véhicules du genre s’ajouter sur les routes de la région. «Certains transporteurs, les plus gros de la région, commencent déjà à y penser», commente-t-il.

Ce dernier estime également que le phénomène pourrait se généraliser ailleurs au Québec au cours des prochaines années. «Je pense que les gens ont intérêt à embarquer, et les transporteurs, c’est ce qu’on a décidé de faire avec grand plaisir.»

Toutefois, Luc Lafrance, président-directeur général de la Fondation des transporteurs par autobus, souligne que les transporteurs demandent au gouvernement de mettre sur pied plus de mesures d’aide afin d’encourager l’acquisition de véhicules électriques, et ce, depuis quelques années. D’ailleurs, M. Blanchard affirme ne pas avoir reçu d’aide gouvernementale pour l’achat de l’autobus scolaire électrique, puisque les subventions du gouvernement provincial s’appliquent au fabricant des véhicules, et non au propriétaire. Marc-André Blanchard a cependant droit à des remboursements quant aux installations électriques nécessaires.

M. Lafrance mentionne tout de même que le secteur des autobus scolaires «se prête très bien à l’électrification», notamment en raison des trajets limités en termes de kilométrage. Selon lui, le manque de mesures incitatives explique, en partie, le fait que sur 8 000 autobus scolaires en circulation au Québec, seulement 50 d’entre eux sont électriques.